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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

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•doze (s), par Paméiius (b ), par de i’Aubefpine (c),par Mr. ae Sainte-Beuve (dj, & par plusieurs autres,si les Diacres ont eu autrefois le pouvoir de réconcilierles Pénìtens ; cela n’a été fait qu’en l’absence des Prê-tres , & dans le cas d'une vraye & (e) urgente né-cessité. Au reste ce que l’Eglise de Carthage a pra-tiqué sous saint Cyprien n’est pas fans exemples à peuprès semblables dans l’Eglise d’Occident*

Les Conciles (/)* le Droit Canon, & les AuteursEcclésiastiques nous en fournissent des preuves positi-ves. Le Concile de Londres (g) en 1200. en parled’une maniéré très précise. Wautier de Kirkam, E-vêque deDurham (h), s’exprime de même dans ses Or-donnances d’environ l’an 12,5 y. qui ont été publiéesdans le x r. Tome des Conciles de k derniere édition.Eudes de Sulli (i) , Evêque de Paris, dit ce que jecite ci-dessous dans le même sens que le Conciled'Tore. Dans les Décretales le Chapitre Furet (kj)suppose que les voleurs , quand ils font dangereuse-ment blessés, peuvent se confesser aux Diacres.

Le faux Alcuin (l) veut qu’en cas de nécessité,& lorsqu’il n’y a point de Prêtres , les Diacres reçoi-vent la Confession & donnent la sainte Communion.Enfin Etienne Evêque d’Autun (m), expliquant lesfonctions de Diacres , marque qu’ils peuvent con-fesser.

On peut donc non seulement se confesser aux Dia-cres dans une extrême nécessité , mais on peut mêmele faire aux Laïques , La Glose du Chapitre Furesy est expresse. In necessitate (dit-elle) etìam Laïco.Saint Thomas est tout-à-fait de ce sentiment, lorsquecomparant la Confession qui se fait à un Diacre, aveccelle qui se sait à un Laïque , il dit (») cinq cho-ies. La première , Que la Pénitence est un Sacre-ment de nécessité , comme le Batême. La seconde,(0) Qu’en cas de nécessité un Laïque peut suppléerau défaut d’un Prêtre , & confesser. La troisième,Que quand il y a nécessité, (p) le Pénitent doit fairetout son possible, pour s’exciter a la contrition de ses 1péchés & pour se confesser à qui il peut. La qua-trième , (q) Qu’encore que cette Contrition & cetteConfession ne soient pas accompagnées de l’absolutionSacramentelle , puisque le Prêtre n’y est pas présent,

(a) L. a. de Concî]. Islerií. c. 6 f.

(b) Ad Epist. iî. S. Cypriani.

(c) L. Obier. obs. i 6 .

(d) Cas de conscience, T. %' cas 117.

(e) Ainfi que le témoignent ces paroles : Si Presbyte: repertusnon fuerit, 8t urgere exitus ccepc.it.

(f) C. 4. Decernimus (dit le Concile d’Torc en 1194.) ut nonîiiíi ílimma & gravi urgente necessitate Diaconas poenitentiamconfitenti imponat.

(i) O. 3. Adjicinms (dit-il) ut non Jìceat Diaconis baptiíà-re, vel pœnitentias dare, niíì duplici necessitate, videlicet, quiaSacerdos non potest , vel abser.s , vel stultè non vult, 8c morsìmminetpuero, vel sgvo.

(h) Et quia íòlis Sacerdotibus est potestas lígandi & solvendicommìssa , prohibemus ne Diaconi Confessioncs audîant , autadmittant > pœnitentias injungant , qusevis Sacramenta dispen-sent, quse à solis Sacerdotibus ministrantur, nifi nécessitas urgeat,aut compesiat,; ut in caíìi mortis per alsentiam Saccrdotis.

(i) Statut. Synodi posterioris. Pïo’iibetur districtè ut Diaconinullo niodq audiant Confessiones , nifi in arctissima necessitate;daves enirn non habent, ncc absolvere po/Tunt.

(k) L. y. Décrétai, tit. 18. de furtis. Pures & latrones , (si infurando ve! depratdando occiduntur , visum est p;o eis non esteorandum. Sed si comprehensi aut vulnerati Presbytero, vel Dia-cono confessi fuerint, communionem eis non negamus.

(l) L. de divin. Offic. in cap. jejunii. Si nécessitas evenerit 8cPresbytes non fuerit prxscns , Diaconus ííiscipiat poenitentiam,ae det sanctam Communionem. Ce qu’il a fris de l’Ordre Ro-main , au litre, Ordo in quarta séria Quadragesimse, &c.

(rn) L. de Saçram. Altaris , c. 7. In quibusdam Diaconi l;a-bent vicem Sacerdotis , ut in ministerio baptisandi, communi-candi, delicta confitentium miíéricorditcr suícipieridi.

(n) In suppl em . q_ g aTt _ 1. in c. 8c ad 1. Sicut Baptismus estSacramentum neceffitatis, ita 8c pœnitentia.

(0) l n necessitate etiam Laïcus vicem Saccrdotis simplet, Ut eiconfessa 6err possit.

(p) Quando nécessitas imminet , debet facere Pœnitens quodex parte sua est, icuicet conter i, & confiteri cui potest,

(q) Qui quamvis Sacramentum perficere non possit , ut faciatid quod ex parte Saceidotis estabíblutioncm icilicet j defectumtamen Sacerdotis fommus Sacerdos supplet, (

elle ne laissent pas néanmoins d’ayoir leur essek j pâfcéque Jesus-Christ , qui est le souverain Prêtre, sup-plée au défaut de celui qui n’est que son Vicaire. Lacinquième,.(r) Que quoiqu’il n’y ait point de Sacre-ment, parce qu’il n’y á point d’absolution Sacerdota-le , cette Confession néanmoins faite à un Laïque,avec un désir sincère dé la faire à tin Prêtre , si on lepouvoit, est en quelque façon Sacramentelle.

Mais soit qu’on fe confesse aux Diacres, soit qu’onse confesse aux Laïques, qui ont bien moins de pou-voir dans f Eglise que les Diacres , puisque selon lesConstitutions Apostoliques (s) , les Diacres peuventexcommunies les Sotidiacres, les Lecteurs, les Chan-tres , & les Diaconesses , & que selon Pamelius (t) »Mr. de l’Aubespine (v) , Mendoze (x), & le Cardi-nal Bellarmin (y) ,, ils peuvent absoudre de l’excom-munication en l’absence des Prêtres; soit, dis-je, quecela fe fasse, cette Confession n’est pas absolument Sa-cramentelle ; elle ne l’est qu’en quelque façon, quo-dam modo , comme saint Thomas vient de le dire: cequi n*empêche pas toutefois (comme dit l’Auteur de Uvraye & de lafaujse Pénitence (z.) ) q u’elle ne soit avan-tageuse pour le salut , quand elle fe fait avec une vé-ritable douleur de tous les péchés dont on fe croîtcoupable , & en vûe de témoigner par-là le désirqu’on auroit de les soumettre aux clefs de l’Eglise, sil’oecasion s’en présentoir.

On peut donc utilement fe confesser à des Laïques,faute de Prêtres, lorsque la nécessité le demande. Ger-son (a) le remarque dans les termes que je rapporte:Le Docteur Navarre (b) dit aussi qu’on le peut faire,pourvu qu’on croye simplement & de bonne foi quecela est permis ; & nous en avons quelques exemplesassez mémorables dans l’Histoire Ecclésiastique. JeanSire de Joinville, Sénéchal de Champagne, raconte (c)qu’il confessa Gui de Belun ou d’Ebelin , Connéta-ble de Chipre, qui s’imaginoit que les Sarazins lui al-loient couper la tête, & qu’il lui donna l’absolution *selon son pouvoir. Encontre-moi (dit-il) fe agenoilldAíeJJÎre Gui d’Ebelin Connétable de Chypre , gr fe confes-sa a moi gf je lui donnai telle absolution comme Diettm’en donnoit le pouvoir. Adais de chose qu’il m'eut dite ,quand je f u levé onques ne m en recordai de mot.

Les Pyrates , dont il est parlé dans la vie de Ber-nard , premier Abbé de Tiron (d ), se confessèrent#s’impofesent des Pénitences, & fe donnerent l’abfolu-tion les uns aux autres , fe voyant battus d’une fu-rieuse tempête, & fur le point de mourir.

L’événement fît voir que ces Confessions , quoi-que non Sacramentelles , ne surent pas inutiles à cesPyrates ; & je ne croirois pas qu’encore aujourd’huielles le fussent à ceux qui les séroient en pareil cas SCdans de semblables circonstances, & même à des fem-mes

(r) Nihilominus Confcssio Laïco ex desiderío Sacerdotis &£&Sacramentalis est quodammodo , quamvis non fit Sacramental* 1perfectum , quia deest ei id quod est ex parte Sacerdotis.

(r) L. 8. c. 34.

(t) Ad Epist. 13. S. Cyprtan.

(v) In Can. 31. Uliberit.

(x) Loc. cit.

jfi L. ì. de Cleri, c. 13. gc ]. de Sacrai». Ordin. c. 7.

(s) C. 10. inter opéra 8. Augustin,.

(a) In Compend. Theol. tit. de Sacrant. Pœnit. tit. Quid s‘ £Confessio in speciali. Poterit tamen Confessio in necessitate , utin periculo mortis, cotai» non Sacerdote fieri.

(b) In Mannual. c. 21. n. 41.

(c) Dans l’histoire de íàint Louis, de l’Edition de Cl. Menard,

p. tyo. .

(d) C. 1 6. Post haec vota (dit Géofroi 1e Gros dans cette Vie) n ]'hilominus tempestatis persévérante fevitia , timoris vehemen* 1 *exagitati , peccata sua , quse turpiter geiíérant, turpiùs in au-dientia cunctorum confitendo propalare incipiunt , Sacerdotalsibi officium usurpantes , dum pœnitentias alternatim & dant SCaccipiunt. Dehinc osculum pacis |invicem sibi confèrent , **quasi in pace fsederatos mors inventât , quos dislèntionis repertDiabolus, ut Christi fidelibus belium inferrent , jam dudumderaverat, atque comploíis manibus íeíb tenentes aírringunt* q uad pietatem illis videtur pertinerc ; si socialtter sub undts mttfl-rent , quos spirans ctedis 8c rapacitatis crudelttas aatea ioemverat.