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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPER S T I T í O N $.

quels rems & à quels Religieux il doit faire des Con-feliions génerales.

Les Supérieurs des Maisons Professes, selon les Ré-gies qui leur font prescrites (a) , doivent aussi avoirfoin de faire faire des Confessions génerales à ceuxqui leur font soumis : la même chose est prescrite enmêmes termes aux Recteurs des Collèges (b). Enfinle Pape Clément huitième par un Décret publié en160;. & inféré parmi les Décrets de la Congrégation'du Concile de Trente fous Urbain huitième, du aï.jour de Septembre 1624. pour la réformation de tousles Religieux , tant Mendians, que non Mendians,& pour la réception des Novices , ordonne aux No-vices , sitôt qu’ils seront reçus à l’habit Religieux,L qu’ils seront entrés dans le Noviciat , (c) de faireune Confession génerale de tous leurs péchés , & detoute leur vie passée. Ces Décrets font rapportés dansle quatrième tome du grand Bullaire, parmi les Bul-les (d) d’Urbain VIII. & ils regardent également lesReligieux & les Religieuses de tous les Ordres , &de toutes les Congrégations. Voilà des preuves plusque suffisantes pour justifier les Confessons génerales,& faire voir q u’elles ne font point superstitieuses enelles-mêmes. Èlles le pourroient néanmoins être encertains cas, comme

Si ceux qui les font s’imaginoient qu’ils font indif-penfablement obligés de les faire , & que fans cela iln’y auroit ni pardon , ni salut pour eux.

S’ils étoient assez scrupuleux pour croire que lespéchés qu’ils ont déja confessés , & dont ils ont déjareçu l’abfolution, ne leur feroient pas remis, à moinsqu’ils ne les confessassent plusieurs' fois.

S’ils étoient dans la pensée que leurs Confessonsparticulières ne feroient pas bonnes, à moins qu’ilsn’yfissent entrer les péchés de leur vie passée.

S’ils les accompagnoient de quelques circonstancesvicieuses, par exemple, s’ils fe figuraient qu’elles fe-roient nulles, les faisant plutôt en un tems qu’en l’au-tre , plutôt à un Prêtre, qu’à l’autre, plutôt en unlieu , qu’en l’autre , plutôt à jeun, qu’après avoirmangé.

S’ils les faifoient trop fréquemment , abusant & dela sainteté du tribunal de la Pénitence, & du tems deleurs Confesseurs , & de la patience des autres Péni-tens qui voudraient le confesser aux mêmes Confes-seurs qu’eux , & qu’ís fatigueraient par une longueénumération des péchés de toute leur vie.

En un mot, si elles avoient quelqu’un des défautsque nous avons marqués ci-devant , & que nous spé-cifierons encore dans la fuite de ce livre. Car en cesrencontres il y auroit de la superstition , ou du fauxculte, ou du culte superflu, ou de la vaine observan-ce, ou de l’observance des jours, des mois & des an-nées.

Il y a pourtant deux choses extrêmement à consi-dérer'dans la pratique des Confessions génerales.

La première , qu’il faut garder beaucoup de pru-dence & de discrétion dans ces fortes de Confessons, ‘particulièrement en ce qui concerne les sautes légeres,

Collegio su* Provinci* , absoluta rerum domefticarum visitatio-ne , aut in ipso visitationis decursu , rationem conscienti* abomnibus accipiat ab ultima quam reddiderunt. Quod si visita-tio circa renovationem votorum inciderit , ipse ad excipiendasConfessiones generales nostrorum , aliquos Pâtres probatos , Scnaaturiores designabit , eosque qui sibi confiteri volent, benignèaudiet.

(a) C. n. r;. Efficiat ut sibi, vel alils ab ipso deputatis, sta-tìs temporibus ratio conscienti* reddatur , juxta modum qui inOfsicio Provinciale pr*scribitur 8c instructionem ad reddendamconscienti* rationem , à Profeffis quidem 8c Coadjutoribus for-matis scmel in anno, ab aliis veto bis : 8c alios pr*terea maturio-res Pâtres asiignet, qui eorum Confeflìones generales excipiant,nisi Provincialis tune adsit.

(b) Reg. Rect. c. J. n. 2,r.

(c) Statim atque Novitii ad habitum recepti, 8c in locum No-vitiatus introducti fuerint , per generalem omnium peccatorumConfessionem totius anteactx vit* conscientiam discutant 8í ex-purgent.

(d) Conflit. î8.

de crainte que , comme il arrive à quantité dV/pritsfoibles & scrupuleux, en répétant si souvent les mêmespéchés , & en s’imaginant ;qu’on n’en a pas assez décontrition, & qu’on ne s’en est pas bien confessé, onne s’embarasse la conscience , on ne fe brouille la cer-velle , on n’ait pas toute la considération & tout lerespect qu’on doit avoir pour le Sacrement de Péni-tence , on ne fe fasse de la peine à soi-même, & à sonConfesseur; & enfin qu’on n’ait pas assez de confiancedans la bonté & la miséricorde de Dieu , qui ne de-mande jamais de nous l’impoffible, C’est Gerson qui(é) donne cet avis dans son Traité De remediis contrapufillammitatem.

La seconde chose qu’il y a à considérer dans lesConfessions générales , c’est qu’elles ne fe doivent pasfaire légèrement , par humeur , par caprice ni poufavoir lieu de s’entretenir plus long-tems avee son Con-fesseur , mais pour des causes importantes. Autre-ment il ferait à craindre qu’elles ne fussent abusives,& que l’abus qu’on ért féroit n’allât jusqu’à rendrenul le Sacrement de Pénitence , & à exposer la Reli-gion âu mépris & aux railleries des hérétiques & deslibertins.

CHAPITRE VIII.

Continuation du même sujet.

De plusieurs autres défauts qui peuvent r en*dre la Confession superstitieuse . La Con-session des péchés véniels n"est point abso-lument nécessaire , mais seulement de con-seil & de bienséance. Elle est louable &avantageuse en elle même pour plusieursraisons , pourvu qiCelle fe fasse bien. Éliepeut cependant être accompagnée de quel-ques superstitions. Défauts de la Confes-sion marqués par Tierre de Damien , parTìefre le Chantre , & par saint Bonaven-ture , ou saint Thomas. Ces défauts ren-ferment plusieurs superstitions dont on faitle dénombrement.

O Utre les défauts que nous avons spécifiés dansles Chapitres précedens , & qui rendent laConfession superstitieuse , il y en a encore plusieursautres qui lui peuvent causer la même flétrissure. LaConfession des péchés véniels considérée en elle-mê-me n’est pourtant pas de ce nombre, & le Concile deTrente (f) en dit deux choses qui le font voir.

La premiere, qu’on peut taire ces péchés & ne s’enpas accuser à confesse , fans crainte de commettre au-cune faute, & qu’on peut Ç£) les expier par quantité d’au-tres moyens, tels que font la prière, l’aumône, l’eau-bé-nite, le signe de la croix, le pardon des offenses., lavisite des malades & des prisonniers , la consolationdes affligés , & quelques autres semblables , fans la

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(e) En ces mots : De scrupulosornm numéro visientur esse i]l£qui cùm competenter, etsi non sufficienter , contrit, sunt átqueconfessi (quia impossibile quoad nos videtur ut sufsicenter cçntritisint de peccatis fuis) non sunt contenti : sed semper scrupuíumhabent se nondum debitè confessos esse : fatigant seipsos & Con-fessores suos cum reiterationibus confeffionum , pr*sértim de le-vibus peccatis modici ponderis. lllic , juxta Psalmist* yocem *trépidantes ubi non erat timor. Istis pariter consultum sit ut nonde sua justitia , sed de meta Dei confidant misericordia ' sicquepondèrent suam négligent,am , ut pr*ponderent Dei infinitamClementiam. Memmerint quoque illius communia dicti, ; quodUltra poffe ■viri non vult Deus ulla reauiri(f) Sess. 14. de Poenit. c. p. 1 •

(F) Vemalia (dit-il) quibus à gratia Dei non excludimur, & inqu* frequentius labimur, tacerì titra culpam, multisque aliis re-medus expian possunt,

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