D E S S U P E U S T I'T I O N S, 197
géneíal de Florence approuvant cette forme , Ego t eubsolvo é'c. ne condamne point les Oraisons dépreca-toires.
A la seconde , Que les mêmes Prêtres feraient ex-emts de toute superstition , s’ils donnoient l’absolutionen disant, Ego te absolvo, &c. tant parce qu’ils ne fe-raient que ce que fait l’Eglise Latine, & que l’Egîi-se Latine souhaite qu'ils fassent , qu’à cause qu’ilsmarqueraient par là la soumission qu’ils auraient pource que le Concile général de Florence a décidé tou-chant la forme du Sacrement de Pénitence.
A la troisième , Que les Prêtres Latins feraient ex-trêmement blâmables & se rendraient coupables de lasuperstition du faux culte , & de celle de la vaine ob-servance , s’ils donnoient l’absolution comme la don-nent les Prêtres Grecs , ou comme on la donnoit enOccident trente ans avant saint Thomas , tant parcequ’ils iraient contre la pratique universelle de leur E-glise , qu’à cause qu’ils contreviendraient à la déci-lìon formelle du Concile général de Florence, & à ceque dit le Concile de Trente {a) , que l’absolutionest comme un acte, ou une Sentence judiciaire , Ad-inflar aíìtes judicialis , par laquelle expression cettesainte Assemblée marque assez clairement ces parolesde la forme de l’absolution Sacramentelle Ego te absol-vo, &c.
VIII. Le P. Morin (b) croit qu’autrefois les Prê-tres Grecs donnoient deux absolutions aux Pénitens,la premiere immédiatement après qu’ils s’étoient con-fessés , la seconde , après qu’ils avoient achevé leurpénitence ; 8c que la premiere étoit des péchés , àpeccatis, 8c la seconde des peines’Canoniques, à panisCanonìcis. Cette seconde absolution paraît assez inu-tile. Aussi n’est-elle plus d’obligation dans l’Eglised’Orient, mais seulement de bienséance; & le P. Mo-rin (c) témoigne qu’ayant consulté là-dessus Alla-tio , il lui répondit , que les Grecs ne donnoientpoint d’autre absolution que celle des péchés après l’ac-complissement de la pénitence. On peut (d) infé-rer de cette réponse, ou que cette seconde absolutionn’est plus maintenant en usage , ou qu’elle n’est plusnécessaire , & qu’on est persuadé que la premieresuffit.
II dit aussi qu’ayant consulté sur la même questionl’Archevêque de Trébizonde , que nous avons vu àParis assez long-tems , il lui répondit, que le Con-fesseur donnoit l’absolution, mais que le Pénitent, a-près avoir achevé fa pénitence, n’avoit nul besoin d'uneseconde absolution , parce que la premiere suffisoit;quoique quelquefois le Pénitent ayant accompli la pé-nitence qui lui avoit été imposée , s’en allât trouverle Confesseur pour lui demander une seconde absolu-tion , ou bénédiction ; (e) ce qui néanmoins n’étoitque de bienséance , 8c nullement d’obligation 8c deprécepte.
IX. En s’en tenant au Décret de Clement VIII.qu’on a rapporté tout au long dans le Chapitre précé-dent , il n’est permis ni de donner, ni de recevoirl’absolution par Lettres ; 8c il semble que ce soit unfaux culte & une vaine observance de la donner, oude la recevoir de cette maniéré. Voilà le sentimentcommun des Théologiens, au moins depuis l’an i6or.qui est la date de ce Décret. II y auroit de la témé-rité à le Contredire. On ne peut pas douter cepen-dant qu’avant ce tems-là on ne donnât , & ne re-Çut l’absolution par Lettres, puisqueHincmar la don-na à Hildébode, Evêque de Soissons ; que les E vê-la) Lods siipr. cit.
(^) L. 6. de Pœnit. c. zf.
(Ô In Annotatis in Absolut, formulas , ad calcem Tract, de^cenit. Pœnitentiâ completâ nullam aliam absolutionem pratere am qux primo data est à peccatis, requiri.
.U) Ex Allatii responso colligitur, nuncapud Grsecos secundse‘mus absolutionis usum aut deiìisse, aut non este amplius neceflà-riu m, praximque este ut pnmam sufficere sibi períuadeant.
(e) Sed hoc fieri secundum laudabilem consuetudinem, non exP r *cepto.
Tome II.
ques qui étoient à la fuite de Charles le Chauve , ausiège d'Angers , la donnerent à Robert Evêque duMans; & que le Pape Grégoire VII. la donna à Ré-mi ( Remédias) Evêque de Lincolne (f ), à DietwinEvêque de Liège (g) , à O lacis, Roi de Norvège,au Duc Welfon (h) , aux Moines de Marseille (i) ,& à Alphonse Roi d’Espagne (k)' Qn dit deuxchoses à tous ces exemples , & c’est le P. Bagot (/)qui les dit dans fa seconde dissertation de la Pénitence *La première, Que ces absolutions n’étoient pas Sacra-mentelles , quant à la coulpe, mais quant à la peineseulement , & qu’ainsi elles ne regardoient que lesexcommunications 8c les autres censures Ecclésia-stiques que ceux à qui On les donnoit avoient en-courues. On peut appuyer cette réponse sur ceque Soto ( m) dit : Quói qu’un homme puisse parLettres demander au Pape, & recevoir de fa Saintetél’absolution de l’Excommunication 8c des autres Cen-sures , il ne peut néanmoins recevoir l’absolution sa-cramentelle de íes péchés par le moyen de la Con-fession , s’il ne la demande lui-même en personne auConfesseur ; parce que la Confession est un acte per-sonnel par lequel le pénitent parle au Confesseur, quiest présent; & que le Canon Quem^œmtet (n) porte,qu’il saut confesser en personne ses péchés au Prêtre ,non par des gens interposés, ni par écrit, ni par Let-tres , mais face à face.
La seconde - Que ces absolutions n’étoient que gé-nérales, telles que sont celles qu’on donne aux Péni-tens publics ; ou que des Indulgences en forme deJubilé, semblables à peu près aux Lettres ou Oraisonsde pardon ou d’absolution (o) , que les PatriarchesGrecs ont accoutumé d’accorder tant à ceux qui feconfessent à eux, s’ils en demandent, qu’à ceux qu’ilssupposent s’être déja confessés à d’autres. Mais cesdeux réponses ne paraissent pas fort solides, pour biendes raisons.
i. Hildébode, Evêque de Soissons, n’étoit ni ex-communié, ni lié d’aucune autre censure Ecclésiasti-que , lorsqu’il s’adressa à Hincmar pour avoir l’abso-lution des péchés dont il lui avoit envoyé la Con-fession ptrr écrit. L’Histoire Ecclésiastique n’en faitaucune mention ; & Hincmar n’en dit pas un seulmot dans la Lettre d’absolution qu’il lui envoye. IIn’est point parlé d’aucune censure Ecclésiastique, nidans la Lettre que Robert, Evêque du Mans, écri-vit aux Evêques, qui étoient à la fuite de Charles leChauve , pour leur demander l'absolution de ses pé-chés , ni dans celle que ces Evêques lui récrivirent,pour l’assurer qu’ils lui donnoient cette absolution.
Nous
(/) L. i. Epist. 34.
(g) L. z. Epist. 6 1.
(Q L. 6. Epist. 23.
\i) lbid. Epist. 14.
(k) lbid. Epist. 15.
(/) L. 9. Epist. 2.
(m) In 4. dist. 18. q. 1. art. 6. c. ii. n. 4.
(n) De Pœnit. dist. i. Licet ab excommunicatioiie 8t ab aliisCensoris possit homo per litteras absolutionem à Romano Ponti-fice petere 6c obtinere, tamen absolutionem Sacramentalem pec-catorum non nisi pratíèns per Confeffionem obtinere potest. Ratioquòdest Coníestìo est actus personalis quo homo praîsenti Sacer-doti loquitur. . . Sententia est Canonis Shtem pœnìtet, ubi do-ta , non cetur corporali prsfentia confitenda este Sacerdoti pecca-per nuntium, non per scriptum, aut Epistolam manifestanda ,íèd faciead faciem.
( 0) Arcudius est parle en cette maniéré : L. 4. de Concord. c.3. Soient Graci Patriarche ejusmodi diplomata indulgentiaruminstar, & cujusdam Jubilsei concedere , ob eamque caulàm ap-pellantea <royx a («y(a<pú », quasi dixeris, condonatitias literas. Con-cedunt autem tu m iis , qui apud eos confitentur , fi postulent"tum aliis , quos jam supponunt priùs confessos fuisse, cuius fa'né confessionis auricularis mentionem in litteris faciunt 11 enrapporte deux formules , l'une de Pachome, Patriarche de Conílanti-nople, /’autre de Michel, Patriarche d’Antioche, intitulée Absolu-toria deprecatio Patriarchae Antiocheni Michaëlis , quam récitâtsupra caput ejus qui ipsi confitetur, gestans Pontifictam stoîam.8t deprecans salutana , monens item declinare à maso & facerebonutn. Nous en avons trois autres dans l'Euchologe des Grecs : p.6Si.Sx.6az. la premiere a pour titre, Oratio condonatoria in om-nem neceflìtâtiseventum j la seconde fj? la troisième > Indulgentis,
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