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4. L’Indulgence pléniere pour les défunts qu’on sup-pose avoir été donnée par Clement VIII. & impriméeà Madrid le 20. de Juillet 1606. s. Celles qui fontfondées fur une révélation de la B. Jeanne de 1 a Croix,& qui ont été accordées à un grain béni qui a touchéun des trois grains, dont l’un est entre les mains du Pape,l’autre entre les mains du Roi d’Espagne , & le troi-sième entre les mains du Général des Cordeliers del’Etroite Observance. 6. Celle qu’on dit avoir étédonnée par Jean XXII. à ceux qui baisent la plantedu pié de la sainte Vierge , imprimée sur une estam-pe. 7. Celles qu’on dit avoir été données par le PapeAdrien VI. à certains grains bénis à la prière du Car-dinal Lanchinavés, & qui font imprimées à Palerme,en 1611.
Sous le Pontificat de Grégoire IX. il y avoit desscélérats dans la Province de Lyon » qui, fous prétextede quêter pour l’Eglise de saint Antoine de Vien-nois , falsifioient des Bulles des Papes , par lesquellesils se vantoient d’avoir le pouvoir de donner des In-dulgences. Mais ce Pape manda à tous les Evêquesde cette Province de les poursuivre & de les traitercomme des faussaires. Le P. Òderic Raynauld , dela Congrégation de l’Oratoire de Rome , le raconteainsi dans ses Annales Ecclésiastiques (a) : „ Certai-„ nés gens perdus Sc abandonnés se trouvoient alors,, infectés dans la Province de Lyon d’une erreur„ qui n’est pas moins pernicieuse. Car étant pleins„ d’avarice, & voyant qu’il se saisoit de grands pré-„ sens par les Fidelles à l’Egiise de saint Antoine,,, bâtie à Vienne , par ceux qui avoient été délivrés„ du feu sacré par son intercession ; sous prétexte de„ dévotion envers ce Saint , ils parcouraient les Vil-,, les Sc les Provinces ; ils amassoient de tous côtés„ des sommes d’argent ; ils traversoient des passages„ très-dangereux & pleins de voleurs, pour tirer des„ aumônes ; & enfin ils contrefaisoient des Bulles des,, Papes, par lesquelles ils faisoient entendre qu’ils a-„ voient le pouvoir d’accorder la rémission des pé-„ chés. Mais ce qu’il y avoit de plus criminel,„ c’est qu'ayant tiré d’un Cimétiere incertain des,, ossemens, ils les faisoient passer pour des Reliques
de saint Antoine , Sc les exposoient & donnoient à,, baiser avec gravité & dévotion , à tous ceux qui,, étoient atteints de ce mal. Or le Pape Grégoire,, IX. ne voulant pas souffrir un si grand désordre,,, fît expédier contre toute cette canaille des Censures„ Ecclésiastiques , qu’il adressa à tous les Evêques,, de cette Province en ces termes : Nous vous en-,, joignons très-étroitement à tous , de faire publier,, chaque année dans vos Diocèses & vos Paroisses,,, qu’il est défendu de donner aucunes aumônes à„ quelques Quêteurs que ce soit, qui les demandent„ sous le nom de saint Antoine ; & Nous vous or-„ donnons de traiter comme des faussaires ceux qui3, disent qu’ils ont sur ce sujet des Bulles de notre,, part pour la rémission des péchés.
Du tems d'Etienne Poncher, qui de Conseiller auParlement de Paris , fut fait Garde des Sceaux deFrance sous Louis XII. Chancelier de l’Université del'Ordre de saint Michel , & du Duché de Milan,sous François I. Evêque de Paris , en 1503. & enfinArchevêque de Sens, en 1519. le peuple de Paris fai-soit des pèlerinages à saint Denys en France , le jourde saint Matthias , & le jour de sainte Anne, & àsaint Maur des Fossés; le jour de saint Babolin, pre-mier Abbé de ce Monastère, sous prétexte de gagnerles Indulgences qu’on disoit qu’il y avoit en ceslieux-là , Sc qui n’étant approuvées ni de lui, ni duSaint Siège, étoient ou fausses, ou supposées. Maisce Prélat défendit absolument ces pèlerinages, à causedes abus & des erreurs intolérables dont ils étoient ac-compagnés , & il ordonna (b) qu’on punit ceux qui
(a) Tom. IZ. ad An. 1140.
(h) Voici les propres paroles de ses Statuts Synodaux , de la
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les siéraient en vue de gagner les Indulgences qui enétoient le principal motif.
Le Concile Provincial de Rouen (c) , en 1581.nous apprend qu’il s’étoit introduit un abus dans lesEglises Cathédrales de Normandie , où l’on propo-soit comme bonnes & valables des Indulgences quiavoient été autrefois accordées , mais qui ne sub-st stoient plus, & qui n’avoient plus de force , parcequ’elles avoient été révoquées ; Sc il ordonne ensuitequ’on demandera la confirmation de ces Indulgencesau Pape , parce qu’elles sont nécessaires pour entrete-nir & renouveler l’ancienne pratique des peuples devisiter les Eglises Cathédrales de leurs Diocèses lejour de Pâques Sc le jour de la Pentecôte , & de s’yassembler ces jours-là pour recevoir la bénédiction deleurs Evêques. Ainsi ce n’est pas d’aujourd’hui quel’on propose de fausses Indulgences , Sc si cela se pra-tiquoit autrefois dans les Eglises Cathédrales , que nefaisoit-on point dans celles des Moines?
Si le Pape Urbain VIII. eut accordé aussi volonstiers, qu’il les refusa, à certains Espagnols, les Indul-gences qu’ils lui demandoient pour honorer un pré-tendu S. Viar , ces indulgences auraient été fausses,parce que ce Souverain Pontife ayant fait examinerpar des Savans ce que c’étoit que S. Viar , ils trou-vèrent que toute son existence & toute ía sainteté n’é-toient sondées que fur un fragment d*une vieille in-scription en pierre , où ces lettres étoient écrites S.Viar qui étoient le reste de l’éloge de quelque Grand-Voyer ; appellé en Latin Prafettus Viarum : ensorteque l’S étoit la derniere lettre de Prafettus , & Viarles premieres lettres de Viarum. Le P. Mabillon rap-porte cet évenement (d) dans son voyage d'Italie.
Il n’y a pas long-tems que certains Réguliers duDiocèse de Reims ne faisoient pas scrupule de pu-blier de fausses Indulgences , en exposant dans leursEglises des inscriptions d’Autels privilégiés , dont letems étoit expiré, ou pour l’érection desquels ils n’a-voient obtenu aucun Bref en Cour de Rome , ainsique l’assure Mr. le Tellier Archevêque de Reimsdans son Mandement du dernier jourd’Octobre 1694.où il dit : ,, Sur la Requête qui nous fut présentée
par Nôtre Promoteur au mois de Juin de l’année» r 69 ). contenant qu’on exposoit dans plusieurs E-„ glises de Nôtre Diocèse des inscriptions d’Autels„ privilégiés , dont la permission ne subsistoit plus,„ parce que le tems pour lequel le Pape les avoit ac-„ cordés étoit écoulé : Nous ordonnâmes le r 6.,3 dudit mois , que tous les Curés & les Supérieurs„ & Superieures des Maisons Religieuses de Nôtre
„ Dio-
maniere qu’ils ont été imprimés en 1 yi f. Tit. de Sacram. Poenit.Item propter abusus 8t intolerabiles errores procedentes ex pere-grinationibus , quae fiunt apud lanctum Dionyíïum in Francia,dic S. Matthias Apostoli & S. Annse ; nec non apud S. Maururstde Fossatis , die S. Baboleni , ut eorurn verbis utar , prattextuquarumdam Indulgentiarum , qu* ibidem esse praetenduntur •per nos 8c íêdem Apostolicam minime approbatarum : prohibe-mus omnibus populis Nobis subditis , ne ad dicta loca diebuîprœdictis accédant , occasione prwdictarum Indulgentiarum lu-crari 8c confiteri , 8c íuum dimittere proprium Curatum , nisialiter per Nos fuerit permissum ; contrarium verù facientes pu-niantur.
(e) Tit. de Epiícop. offic. n. 3y. Abuíûm (dit-il) praesertim i°nostris Ecclefiis Cathedralibus diffifflulare non poilu m u s, in qui'bus a multis annis concessx Indulgèntise , sed postea revocat* -nihilominùs proponuntur , tanquam vigorem Iuum retincáttt-Prascipimus illarum confirmationem à sede Apostolica peti : suntenim neeeíîàrix ad veterem Christianorum usum conlèrvandum8t instaurandum visitandi Cathedralem 8c matricem Ecclesiam i aPaschate 8c Pentecoste , 8c tùm confluendi ad suscipiendani be-nedictionem Episcopalem.
(d) En ces mots: Pag. 14p. Tom . i. Mussei Ital. Alterum no-tatu dignum est , quod Urbanus VIII. ab Hispanis quibusdafl*interpellâtes de concedendis Indulgentiis ob cultum cujusdar»Sancti, cui Viar nomen indictum erat, negaverit Pontifex id £facturum, nisi priùs resciret, qui si 8c qualis effet ille Sanctus , &quò tandem arguroento ejus íanctitas prdbaretur. Allatus est * a 'pis, in quo hx litterse reliqute erant > S. Viar. At periti judi ca 'runt kragmentum este veteris inícriptionts ; in qua quidam T ftftclus Viarum laudabatur.