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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITION

>» Diocèse, repréfenteroient à M. Jean Roland, Tré-,, sorier 8 c Chanoine de Notre Eglise Métropolitai-,, ne, & l’un de nos Vicaires Généraux, dans le pre-„ mier joùr de Septembre suivant, les Brefs par-.eux„ obtenus en Cour de Rome pour l’érection dgsdits,, Autels privilégiés. Par l’examen que nous avons„ depuis fait. defdits' Brefs, qui .nous ont été répré-y,*fëfttés en exécution de Nopre dite. Ordonnance,„ Nous avons reconnu que le tems de sept ans, pourj',' lequel les Indulgences avoient été accordées par lest,, dits Brefsf étoit presque par tout passé; & que,, qubiqu’elles ne fussent plus d’aucune valeur, ledit„ rems expiré,-les Supérieurs de plusieurs Maisons„ Regulieres n’avoient pas cessé d’exposer dans leurs„ Eglises, des titres d’Autels privilégiés. Nous avons„ même su que, dans- quelques-unes dessines Eglises,,, on a exposé de ces titres d’Autels privilégiés, fans„ avoir jamais obtenu aucun de ces Brefs, ces Régu-,, liers trompant par cette conduite; les Fidelles, qui,, croyoient trouver dans P Indulgence qui ne fubsistoit„ plus, ou quin’avoit jamais été accordée, un secoursafîuré pour les âmes des Fidelles, que la justice de„ Dieu retient dans le Purgatoire, pour les purifier„ des fouilleures de leurs péchés. Nous voulons bien„ épargner les noms des Monastères dans lesquels on„ est tombé dans de tels excès, & en nous contentant,, de prendre des. précautions sûres pour abolir un ,si„ pernicieux abus, Nous, &c”.

On peut auílx conter pour fausses toutes les Indul-gences qui ont été accordées fur des faits & fur desexposés faux. En effet, quand une source est bour-beuse' , les eaux qui en partent ne íauroient être clai-res; & la régie de -Droit (<r) dit, que ce qui est vi-cieux dès son commencement, ne peut avoir de la for,ce ni le soutenir dans la fuite du rems.

Que penser donc de tant d’indujgences qu’on ditavoir été données fur la vision de Simon Stoch, & furla Bulle Sabbatine , qu’on croit fausse & supposée ?Que dire des Indulgences de la Portioncule, si la-vi-sion que l’on attribue à S. François, n’est pas confor-me à la vérité ?

S, 2 . 0 $

„ Ville. 11 célébrois la sainte Messe, & après la con-„ fécration, if tomba dans le calice une Araignée d’u-„ ne grandeur & d’une forme étonnante. Ce bon Re-„ ligieux, qui n’étoit pas informé de ce qu’il faut,, faire en des occasions si .extraordinaires, parce que,, l'Eglise ne l’avoit pas encore fait publier, animé,, d’une foi vive, & so confiant en la parole de notre,, Seigneur. Jefus-Christ , qui a promis à ceux qui,, croyent en lui, que quand même ils boiroient des„ choses vénéneuses qui font. mourir, ils n’en rece-„ vroíent aucun dommage, il avala dans,.'un même„ calice &c k vie, & la mort, qui fe firent d’étranges„ combats dans son sein. Mais. enfin la vie triompha„ de la mort, & ce bon Religieux, qui selon toutes,, les. apparences devoir en mourir, en fût pourtant„ miraculeusement délivré, au grand étonnement dej, plusieurs séculiers de la Ville, qui l’affistoient avecles,Religieux par un motif de charité: à la vûe de,, tous lesquels cette monstrueuse Araignée sortit tou-„ te vi ve par la mijfe du Religieux comme il se volt,, dans l’histoire de l'Ordre. Et cette merveille i-„ nouïe obligea les habitans du M. à demander l’é-„ rection de cette Confrairie,qui fut accordée à leur„ piété, qui a été depuis confirmée par plusieurs Pa-,, pes, & particulièrement par Paul V". Qu’une A-raignée soit tombée dans le calice d’un C. qui dit kMesse, & qu’il l’ait avalée j il n’y a rien en cela demiraculeux. Mais c’est assurément un grand miracle,& un miracle des plus étomans , qu’après l’avoir avalée. elle lui soit sortie par la cuise.. Ce miracle me paroîtd’autant plus suspect, que Paul V. n en dit pas unmot dans son Bref, & on ne nous cite point f endroitde Y Histoire de V Ordre où il est rapporté. Si donc il

est faux & supposé, que deviendront les Indulgencesaufquelles il a donné lieu._ ' .

CHAP I T R E II.Suite du même sujet.

Les C. de la ville du M. ont dans leur Eglise uneConsrairie du saint Sacrement, ou il y a des Indul-gences appellées communément Les Indulgences de l'H-raìgnée. ,, Cette Consrairie a été confirmée par un„ Bref de Paul V. du 13. jour de Mars issio, elle„ est redevable de son établissement à un prétendu,, miracle qui est rapporté au pîé de la traduction„ françoife de ce Bref, imprimée au M. & dont j'ai3, un exemplaire entre les mains. En voici les propres3, termes : Cette Consrairie est une des plus illustres3, marques de l’ancienne piété des habitans du M.3, Car dès le tems que par Tordre d’Urbain IV. on3, commença de célébrer l’Office du très-faint Sacre-„ ment de T Autel, auffi folemnellement qu’on fait às, présent dans T Eglise, ils en sollicitèrent l établisse-33 ment dans le Convent de saint François, au sujetsi d’un miracle des plus étonnans, qui arriva pour,, lors en la personne (b) d’un de ses Religieux de cette

Célèbre c Decret de la Congrégation des In-dulgences & des Reliques , contre uneinfinité d'Indulgence s ou supposées , ou en-tier ement fausses y ou apocryphes y ou ré-voquées, ou surannées y & par conséquentnulles. 11 a été donné afin de pourvoirà l 1 utilité , & à la dignité des Indul-gences , & approuvé par le Tape Inno-cent XI.

M Ais rien ne fait mieux voir qu’il y a bien desIndulgences fausses & supposées, & par con-séquent Superstitieuses, que le célébré Decret de laCongrégation des Indulgences & des Reliques, donné àRome le septième jour de Mars 1678. & approuvépar N. S. Pere le Pape Innocent XI. Le voici en La-tin & en François dans toute son étendue.

(<*) ff. de divers. Reg. jur. 1 . 10. Quod initio vitiolûm est nonpotest tractu temporis convaleícere.

(b) Le miracle arrivé au Religieux, dont il est ici question, estUne copie de celui de S. François. Dans EEdition faite à Cologneen if 90. du Liber Conformitutum , on retrancha ce miracle désa-lignée. Sur quoi les Catholiques St les Luthériens diíputerent

long-tems fur la vérité du miracle. Mais enfin les Luthériens letrouvèrent dans l’Edition faite de ce livre à Milan au commen-cement du feifiéme siécle. II y est dit que S. François célébrantla Meflè avala par mégarde une araignée qui lui sortit par la jam-,be &c.

Tome II,

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