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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

„ jours , pour 5000. sus, en disant un Pater nofier,„ & un Ave Maria une fois le jour , ou en pronon-„ çant trois fois le nom de Jésus ; enfin elles font si,, amples par la saveur des Souverains Pontifes (dit„ le V. P. C. L. J. (a) ) que l’on en a autant que„ les Religieux , & la plupart de ce qu’on trouve,, dans les Livres de dévotion en matière d’Indul-„ gences & Privilèges spirituels, est accordé, s’iln’y,, a clausure dérogatoire.

Ces Indulgences si amples cependant font suppri-mées par la Congrégation des Indulgences & des Re-liques, parce qu’elles font excessives & difproportion-nées, & qu’elles concernent le faux culte & le culte„ superflu. Ce qu’on vient de rapporter de Soto 8 c,, de Maldonat en est une bonne preuve.

,, La treizième observation regarde les Indulgences„ données à ceux qui disent les Messes de saint Au-,, gustin & les cinq Messes en l’honneur des cinq Fê-„ tes de la B. Vierge, & à ceux qui récitent l’Offi-,, ce de sainte Françoise la Romaine , ou le Rosaire„ de sainte Anne (lequel la sacrée Congrégation n’ap-„ prouve point) ou l’Office de la Conception Imma-,, culée de la B. Vierge, qu’ils assurent avoir été ap-,, prouvé par Paul V.

L'intention de la Congrégation des Indulgences &des Reliques n’est pas de supprimer absolument lesMesses de saint Augustin , les cinq Messes en l'hon-neur des cinq Fêtes de la B. Vierge, l’OfHce de sain-te Françoise la Romaine , le Rosaire dé sainte Anne,ni l’Omce de la Conception ; mais seulement les In-dulgences qu’on prétend y être annexées, parce qu’el-les font ou supposées, ou indiscrettes, ou superflues.

1. Les Messes de saint Augustin & les cinq Messesen l’honneur des cinq Fêtes de la B. Vierge , ne fau-roient être mauvaises en elles-mêmes , si elles font ap-prouvées de l’Eglise; mais elles font très-certainementsuperstitieuses , si on s’imagine qu’il les faut dire en

‘DECRET.

Portant suppression cPun Office de la Conception Immaculée dela très sainte Vierge.

F Rere Raimond Capisuccï, de l’Ordre desFrères Prêcheurs, Maître du sacré Palais Apo-stolique, Juge Ordinaire, &c. De l’autorité de no-tre Charge , & par un ordre exprès sse N. S. P. In-nocent XI. Pape par la Providence Divine , aprèsque fa Sainteté a consulté les Eminentissimes & Ré-vérendiflìmes Cardinaux, Inquisiteurs Généraux, &ouï leurs sentimens, Nous défendons & déclarons dé-fendu un petit livre intitulé : Office de la ConceptionImmaculée de la tres-sainte Vierge Notre-Dame, approu-vé par le Souverain Pontife Paul V. lequel a accorde' aquiconque le réciteroit dévotement cent jours d’Indulgen-ces, comme il paroît par fin Bref du x. Juillet 1 <S r 5.imprimé d Milan par François Vignon. Cet Officecommence par ces mots : A Matines, Ave Maria ,f. Eia mea labia nunc annunciate , &c. & finit par

l’Oraison Deus qui per Immaculatam Virginis Conceptio-nem , dr c.

Que personne donc de quelque ordre , de quelquerang, & de quelque condition qu’elle soit , n’ait lahardiesse de retenir chez soi cet Office, de le lire, del’imprimer , ou de le faire imprimer : mais qu’auífi-tôt qu’on aura connoissance du présent Décret, ceuxqui auront ledit Office le portent aux Ordinaires,ou aux Inquisiteurs des lieux , fous les peines portéespar Y Index des Livres défendus. En foi de quoi nousavons fait le présent Décret , signé de notre main &scellé de norte seau , le 17. jour de Février M. DC.LXXVIII.

(<*) Pag. 187.

certain nombre , en certain tems , en certains lieux,avec certaines cérémonies particulières , ou avec unecertaine quantité de cierges ou de chandelles. Cartoutes ces circonstances les rendent superstitieuses.

r. Je ne comtois point d’autre Office de sainteFrançoise la Romaine , que celui des Saintes ni Vier-ges, ni Martyres, qu’on peut dire , selon le BréviaireRomain , le jour de sa Fête, 9. de Mai, ainsi queporte la Bulle de sa Canonisation, Cœlefiis aquaflumen,qui est de Paul V. & du rp. de Mai 1608. Maiscomme ce Pape n’y a point attaché d’Indulgences,on ne doit pas croire qu’on en gagne aucunes en ledisant.

3. Si le Rosaire de sainte Anne est la même chose(comme il y a beaucoup d’apparence) que la Couron-ne de sainte Anne , la fiacree Congrégation , a grande rai-son de ne le pas approuver , puisqu’il concerne k su-perstition de 1a vaine observance , celle du culte su-perflu, & celle de l’observance des jours. Ce que lePère Théophile Raynaud rapporte {b) de cette Cou-ronne en est une grande preuve. ,, On voit par là„ (dit-il) ce qu’on doit croire de la dévotion à sain-„ te Anne, ayeule de notre Seigneur, qui est fort en„ vogue aux environs de Bourges. Car à peine trou-„ ve-t-on dans tout ce païs-là une femme de condi-„ tion un peu honnête , qui ne récite tous les jours,, pendant un an entier la Couronne de sainte Anne, é-„ tant persuadée qu’au bout de l’an elle obtiendra,, l’une des trois choses qu’elle aura demandée à Dieu.

4. Comme YOffice de la Conception Immaculée de laB. Vierge , a été condamné & supprimé par un Décretde l’Inquisition Romaine , rendu par le P. RaymondCapisuccï, Maître du sacré Palais , & depuis Cardi-nal , suivant l’ordre exprès du Pape Innocent XI. lesIndulgences de cent jours , qu’on dit que Paul V. adonnées à ceux qui le récitent, ne peuvent être d’au-cune considération. Voici ce Décret.

DECRETUM.

Quo interdicitur Officium Immacuktae Conceptionis fan-' ctiffimaî Virginis.

TfRater Raìmundus Capifuccus , Ordinìs Pradicatorumfiacri Palatiì Apofiolici Magifier , Judex Ordina-rius cire. Aucloritate officii quo fungimur, ac de Mandatafieciali fianHiffimi Domini noflri D. Innocenta divìna pro-videntia Papa XI. auditis prius k fanélitate sua Eminen-tìffimorum , ac keverendijsimorum DD. Cardinalium ,generalium lnquìfìtorum votis, Nobis ìmpofito , Prohibe-mus , prohibitumque decernimus libellum infiriptum :Officio dell’ Immacolata Concettione délia lanctissimaVergine, nostra Signora, approvato dal Sommo Pon-tefice Paok) V. il quale à chi devotamente lo recitaràconcédé Indulgenza di cento giorni , corne appariscenel suo Breve dato in Roma li. x. Luglio M. DC. XV.in Milano per Francesco Vigone. Quod quidem Offi-cium incipit per hac verba: Ad Matutinum, Ave Ma-ria. it. Eia mea labia nunc annunciate , &c. Et définitcum Oratione ; Deus qui per Immaculatam VirginisConceptionem.

Nemo igitur cujuscumque ordinis, gradus & conditio-nis exijîat , prafatum Officium apud fi retinere , legere ,imprimer e , vel imprimi curare audeat : fi d fiatim k pra-fientis Decreti notifia , quicumque illud habuerit , locorumOrdinariis, aut Inquifitoribus , tradere teneatur, fub pœ-nis in Indice librorum probibitorum consentis. In quorumfidem prafins Decretum k Nobis, propria manu fubfirip-tum & figillo nofiro munitum dedìmus .- die xvn. Fe-bruarii an. M. DC. LXXVIII.

Fr.

fi) Heteroclit. spirit. cœlest. & inféra, sect , punct.?- «■ 10 -Patet quid statuendum fit de ea pietate erga Christi aviam B. An-nam, cujus usus m tractu Bituricensi maxime fer vet.' Vix enimin ea ora reperitur paulò honestioris conditionis fetnina quse quo-tidie per annum integrum non decurrat B. Arma precatoriam Co-rollam , certò persuafa, quòd in fine anni, unum è tribus quseDeum rogaverit benesiciis, íît consecutura.

Nao »

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