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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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DES SUPERSTITIONS.

-, Cette Congrégation les déclare de nulle valeur”.Ainsi c’est à ceux qui les vantent Sc qui s’en pré-valent , à y renoncer & à ne les plus proposer aux fi-delles comme v raye s & légitimes.

La vingt-deuxiéme observation est sur les Sommai-res & les Indulgences. Ce feroit une affaire de longuediscussion s’il falloir exposer au public les Brefs & lesBulles des Ordres des Congrégations, des Compagnies& des Confréries, afin de faire connoítre toutes les In-dulgences qui leur ont été accordées. Pour s’épargnercette peine on fait ordinairement imprimer des Som-maires de ces Indulgences : Et comme ils ne font pastoujours íìdelles, la Congrégation des Indulgences &des Reliques les défend, à moins q u'elle ne les ait denouveau revus Sc approuvés. ,, Les Sommaires d’ïn-„ dulgences ( dit-elie ) pour les Congrégations de la„ Doctrine Chrétienne, & pour les Confréries de la,, Très-fainte Trinité & Rédemption des Captifs, du„ Nom-Dieu, du Rosaire, de Notre-Dame de la,, Merci & Rédemption des Captifs, de Notre-Da-,, me du Mont Carmel, de k Ceinture de saint Au-„ gustin Sc de sainte Monique, ne sont point permis„ s’ils ne sont revus & approuvés de nouveau par la-.„ dite Congrégation.

„ Elle pouvoir y ajouter beaucoup d’autres Som-„ maires d’Indulgences, comme ceux de saint Jaques„ de Compostelle, de Notre-Dame de Mont-Serrat,„ ceux de Notre-Dame du Pui, de saint Hubert, de,, saint Servais, de Jérusalem, du Mont-faint-Michel,,, du Tiers Ordre & du Cordon de saint François”,& une infinité d’autres, qui ne sont pas plus fidellesque les premiers, Sc qui par conséquent ne doiventpas être moins suspects, parce qu’ils contiennent desIndulgences ou indiscrètes, ou superflues, ou suran-nées, ou nulles, ou apocryphes, ou révoquées, ouquelquefois même fausses Sc supposées.

La ving-troisiéme observation regarde les Indulgen-ces des Stations de Rome. De la maniéré que sontordinairement exprimées les Indulgences des Stations,ou des Eglises Stationnaires de Rome, on s’imagine-roit peut-être qu’on les pouroit gagner tous les jours,ou du moins très-souvent, & plusieurs fois la semai-ne ; en faisant ce qui est ordonné pour cela. Eneffet Rodrigués (a) en marque plusieurs pour chaquemois de l’année, pour l’Avent, & les Fêtes & Di-manches qui le suivent, jusqu’au Carême, pour tousles jours de Carême, & pour le tems Pascal. „ Mais„ la Congrégation des Indulgences & des Reliques„ déclaré ici, que les Indulgences des Stations de Ro-„ me, qui par une grâce singulière ont été commu-„ niquées par les Papes, ou qui le pourront être à l’a-„ venir à de certains lieux, Ordres, ou personnes,„ ne peuvent servir que dans les jours expressément„ marqués dans le Missel Romain.

Ainsi aux jours qu’on ne voit point dans le MisselRomain, au commencement des Messes, Statio ad S.&c. Station d S. &c- il n’y a point d’Indulgences; Sccela fe doit entendre non feulement pour les EglisesStationnaires de Rome, mais auffi pour toutes les E-glifes des Ereres Prêcheurs, des Carmes, des Augus-tins , des Cordeliers Sc de plusieurs autres Ordres ScCongrégations Régulières, pour toutes les Chapel-les , pour tous les Autels, pour tous les lieux, & pourtoutes les personnes, aufquelles on a accordé k com-munication de ces Indulgences.

La derniere observation concerne les Indulgencesplenieres. Il y en a tant de cette nature en certainesEglises, Sc en certains lieux, qu’il semble qu’on enpourroit gagner plusieurs en un même jour. Par exem-ple, les Religieux Mendians, & les autres qui ontcommunication des Indulgences plénieres des EglisesStationnaires de Rome, que l’on gagne à certains joursde l’année, peuvent aussi avoir des mêmes Indulgen-ces aux mêmes jours, à causé de leurs Estes, de leurs

0) To. L. qq. Régulé & Can, q. §1. 8c §r. per tot.

Confréries, Sc de leurs cérémonies particulières. Ilspeuvènt encore, & les personnes séculières le peuventauffi-bien qu’eux, avoir de ces Indulgences annexéesà certaines Oraisons, Croix, chapelets , couronnes,grains > images, médailles, habits, Scc. Sc gagner depareilles Indulgences, les jours mêmes qu’ils réciterontces oraisons, ces chapelets, ces couronnes, ou qu’ilsporteront ces croix , ces grains, ces Images, ces mé-dailles, ces habits, Sec. Cependant la Congrégationdes Indulgences Sc des Reliques déclare en termesprécis, „ qu’une Indulgence plénierè, accordée à« ceux qui à de certains jours visitent une Eglise - Ou„ font une autre œuvre pie, ne sauroient être gagnée„ chaque jour qu’une fois feulement Mais c’efi as-sez parlé des Indulgences fausses & supposées. Par-lons maintenant de celles «qui passent le pouvoir deceux qui les accordent.

CHÁPjTRE XIII.

Sur plusieurs Indulgences superstitieuses.

Indulgences superstitieuses qui passent le pôu*•voir de ceux qui les donnent } celles des «Curés , des Abbés & des autres strélatsinférieurs j Celles des st rimât s, des Ar-chevêques & des Evêques , pour plus dequarante jours ; celtes des Cardinauxpour plus de cent jours ; & celles des sta-pes pour plufieurs milliers de jours , pourcent ans , pour deux cens ans , pour milleans y pour deux mille ans ou plus. Les Cu-rés & les Confesseurs peuvent donner desIndulgences au for intérieur. Sentimensde Gerfon , de Sot o y de Maldonat , deMeurìer , d’Estius & du Synode d Or-léans,fur les Indulgences de plusieurs mil-liers de jours ? & de plusieurs centainesd années. stOïjsicultè d'accorder ces stentì-mens avec les Indulgences des Stations deRome ér de celles des Confréries. Indul-gences ridicules & fausses y que ìon pré-tend avoir été données par Alexandre III.aux habìtans de la ville d'Ancone.

L Es Indulgences indiscrètes sont superstitieuses,non seulement quand elles sont fausses ou sup-posées ; mais elles le font auffi quand elles passent lepouvoir de ceux qui les donnent : car étant nulles &invalides (£) par le défaut de puissance, qui est le plusgrand de tous les défauts, elles regardent & le cultesuperflu, parce qu’elles ne contribuent en aucune ma-niéré à la gloire de Dieu, & la vaine observance, par-ce qu’elles sont inutiles pour produire les effets qu’onen peut efperer. Telles feroient fans doute. x. Cellesque les Curés, les Abbés & les autres Prélats infé-rieurs, séculiers ou réguliers, donneroient, parce queleur jurifdiction ne s’étend pas jufques-là, à moinsqu’ils n’ayent un privilège particulier, ou quelqueautre raison légitime, pour en donner, ainsi que Ras-surent les Canonistes (c). Cela néanmoins ne fe doitentendre que du for intérieur, 8c des Indulgences gé-nérales & folemnelles qui fe donnent publiquement &en bonne forme : car dans le for intérieur 8c le tribu-nal de la pénitence, non feulement les Curés, mais lessimples Prêtres même qui ont le pouvoir d’entendre les

Con-

(b) Non est major defectus qu am potestatïs.

(í) Angeluj , Sylyest, Fumus, Tabia, £çc, iaSuai. V. Indu.!-gentia.

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