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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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ne Théologie, que les Indulgences , quelles qu’ellessoient, ne peuvent pas remettre la coulpe , mais feu-lement la peine.

x. farce que l’Eglife n’a le pouvoir de remettre lespéchés mortels que par les Sacremens. Elle peut bienétablir des rites , ou cérémonies pour F administrationdes Sacremens; mais ces rites ou cérémonies n’ont pasles mêmes vertus que les Sacremens. 2. farce queles péchés mortels ne fe remettent que par l’infusionde la grâce sanctifiante., que l’Eglise ne peut commu-niquer que par le moyen des Sacremens. farceque l'Eglise n’a reçu du Fils de Dieu la puissance delier & de délier , qu’en jugeant , & que les Indul-gences ne se donnent pas en jugeant, comme le Sacre-ment de Pénitence. Tous les Théologiens , fans enexcepter un seul (dit Maldonat (a) ) sont de ce sen-timent. C’est pourquoi il déclare que (&)’ toutes cel-les qui remettent toute la peine & toute la coulpe ,sont abusives ; & que plusieurs bons Théologiens as-surent que jamais sape n’en a donné en çptte forme,mais que le mot de cotdpe est un terme ajouté par ceuxqui tirent de l’argent des Indulgences. Ensuite dequoi il témoigne (c ), qu’elles ne sont pas moins abu-sives quand elles promettent l’absolution de la peine &de la coulpe (qui est une formule que tout le mondecondamne) quoi qu’elles s’appellent plénieres, pins plé-nières , & tres-plénieres.

Aussi le sape Clement V. (d) & Etienne Pon-cher (<?) , Evêque de saris , mettent-ils au rang desabus des Quêteurs, qu’ils promettoient des Indulgen-ces capables d’absoudrè de la peine & de la coulpe.C’est dans la même vue que le Concile de Constan-ce (/) demanda que le sape ne donnât point à l’ave-nir une trop grande quantité d’Indulgences, de crain-te qu’elles ne devinssent méprisables, & qu'il révoqua& annulla celles qui avoient été données depuis lamort de Grégoire XI. c’est-à-dire, depuis Fan 1378.(fans y comprendre néanmoins celles qui sont à perpé-tuité) qu’il révoqua celles .qui sont pour certainslieux , qui portent absolution de la peine & de lacoulpe , & qu’on appelle plénieres , & enfin cellesqui ont été accordées à l'instar d’une autre Indulgen-ce. Gerson , qui assista à ce Concile, dit (g) fortprécisement , qu’il n’y a que Jesus-Christ qui est leSouverain Pape, le Père & le Saint Esprit, qui puissede son autorité absolue , donner des Indulgences detoute la peine & de toute la coulpe , qui en renfer-ment d’autres d'une multitude innombrable & infinie'de jours ; parce que ces fortes d’Indulgences remet-tent entierement la peine due au péché mortel , soit

(а) To. z. de Pœnit. 6. q. tit. de Indulg. i. q. p. i. q. i.Unoore omnes Theologi, nemine excepta, relpondent Indulgéntiamnon esse remiffionem culpa:, sed pœna:.

(б) Respondeo illum esse abusum , & multos esse Theologosbonos qui affirment nullum Pontificem dedisse unquam Indui-gentiam íub illa forma , sed verbum illud à culs a esse additumab illis ad quos pecunia pevtinet.

(c) 2. p. i. q. Negari non potest multa irrepsisse per abusumin formam dandi Indulgentias, quale cil illud, quod ab omnibusr-eprehenditur , quod dicatur dari indulgentia a pœna & culpa,eo quod dicatur plenaria , plenior & pleniffima.

(</) Clementi. Cùm secundum. c. Abulionìbus, §. ad haec.

(e) In Statut. Synod. tit.de Pœnit. Et aliqui ex ipsis eos à pœ-na & à culpa (ut eorum verbis utamur) absolvunt.

(f) Sess 4o. In Appendi. to. iz. Concilior. ulti. edit. n. 14. deInduseentiis fuit decretum. Cavebit Dominus noster Papa in fu-turum nimiam índulgentiarum eftuíìonem , ne vilescant : 8c inpraeteritumlconceisas ab obitu Gregorii XI. eitra perpétuas; itemqu» dicuntur de pœna 8c culpa , íive de plena remiffione, con-cessas lacis ; item omnes concessas ad instar alterius Indulgentia:,rcvocat & annullat.

(g) Tract, de Indulgent, considérât, f. Soins Papa supremusChristus, cum Pâtre 8c Spiritu sancto , potest dare plenaria au-ctoritate Indulgéntiam omnìmodam à pœna 8c culpa : quam dumconfert dat innumerabiles 8c infinitos Indulgentiarum dies. Ratio 1 ,quiz ve l absolvit & quitat totam pœnam débitant peccato morta-li, fl ve si t originale, sive actuale; 8c hsec quidem est infinita ex-tensivè arque durativè. Aut si mutât Christus pœnam illam de-bitam mortali alternant in rempotaient . patet adhuc quod ejus-inodi remissio íe extendit ad infinitos dies Indulgentiarum , si ta-ies dicere poíïumus dies infinitos, vel xternos, juxta illud : Dies«ternes in mente habui.

5 T I T I O N S.

originel , soit Actuel , ce qui est d’une étendue &d’une durée infinie : ou elles changent la peine été»nelle en peine temporelle, ce qui s’étend encore à uoeinfinité de jours , s’il est permis de parler de la forte.

Voilà quelle est la considération qu’on doit avoirpour les Indulgences qui promettent l’abfolution ( h)à pœm & a culpa , de la peine & de la coulpe. ,, En-„ fin Meurier (i) s’exprime fur le même íujet de la-, maniéré qui fuit : Ceci est fans doute , qu’il n’y a,, ne frêtre, ne Evêque au monde , & fut-il sape,

,, qui ait la puissance de remettre les péchés mortels,, quant à la coulpe, fans le Sacrement de Pénitence.

„ C’est un privilège que Jesus-Christ souverain Prê-„ tre s’est réservé que de remettre les péchés fans 8a-„ cremens. . . Dont il s’ensuit infailliblement qu'oc-„ troyer des Pardons & Indulgences , n’est point re-„ mettre les péchés quant à la coulpe, ains seulement„ quant à la peine : & que ceux-là se trompent gran-„ dement lesquels pensent gagner les Pardons , sensêtre premierement absous de leurs péchés quant à„ la coulpe , par une vraye contrition & déplaisence„ d’iceux, & même par une. actuelle Confession faite,, au Prêtre qui les en peut absoudre.

C’est sur ce principe incontestable, comme sur plu-sieurs autres choses, que la Tulle, appellée Sabbatbi -ne, m’est extrêmement suspecte , parce qu’on y faitdire au Pape Jean XXII. par la sainte Vierge , quis’apparut à lui en habit de Carmélite , Firgo Carméli-te ( k ) que les Religieux de F Ordre des Carmes se-ront absous de la peine & de la coulpe. C’est encorefur le même principe qu’on doit compter pour rien lesentiment de la Glose du Droit Canon fur FExtrava-gante -Antiqwrum , qui dit que l’Indulgence du Ju-bilé que Bonisace VIII. donna de 100. ans en 100.ans à ceux qui seroient vraiment pénitens & confessés,(/) effacoit la coulpe & la peine tout ensemble.

IV. Les Indulgences que les Papes accorderaientfans cause juste A raisonnable, sentiraient le faux cul-te , le culte fuperflu & la vaine observance. La rai-son est qu’à proprement parler les Indulgences ne fontque des dispenses des peines imposées dans le Sacre-ment, ou décernées par les Canons; & que les Papesne peuvent donner des dispenses sens cause légitime.Lâ maxime de saint Bernard {m) en est une preuvefondamentale. Quand il y a nécessité (dit ce saintDocteur) les dispenses sont excusables ; quand il y autilité , elles sont louables. J’entens utilité publique

6 noir particulière : car quand il n’y a rien de cela,ce ne font assurément pas des dispenses fidelles , maisdes dissipations cruelles.

Le Pape Clement Ví. reconnoît la même chose dansl’Extravagante Unigenitm {n), lorsque parlant du tré-sor

{b) Quodlib. z. art, 1 6. ad z. Solus Deus (ditsaint Thomas) cul-pa.ni rçmittit... Indulgentia non fe extendit ad rertjiffionem culpa:,Indulgentia plenariaseií Silvijire ) in Sum. V.Indulg.n-14. Vulgari-tés dicitur de culpa & pœna, quod propriè non est veru.rn, quiasolus Deus culpain remitut. Indulgentia: (dit laSomme ArrniliajjV,eod. 6. su n t respectu pqenae & non eulpae, lieet aliquando.in aliquaIndulgentia contineatur remissio à pœna 8c à culpa, tain en talite-nore nunquam à Sede Apostolica emanat, ut diçit Jelinus m trac-tatu de Indulgentia. Le Cardinal Bellarmin dit aussi i- 1 - de Indulg.c. 7, per Indulgentias non absolvimur, nec solvimur a reatu culpa:ullius, id est, nec letalis, nec vcnialis. Grégoire de Valence to. 4,diíput. 7. q. zo. p. 3. Not.andum est per nuiiam, quantumvis pleoií-simam, Induìgcntíam remitti etiam culpam , ne venialem quidem,Vivaldus: In candelab. aur. tit. 9. de Indulg. n. 30. Quaeritur, quomo-do intelligatur illud, quod communiter dicitur, scilicet absolutioà culpa 8c pœna ? Respondeo quod talis ténor Bulte nuœquam e-manat à Papa , sed est falsus, cauíâ ignorantiae scriptorum ; quiaà culpa solus Deus libérât & abíòlvit.

(i) Traité! des Indulg. &C. Sermon, 1.

(k) Fratres.dicti Ordinis à supplicia absoseentur gc culpa(/) Per istam Indulgéntiam , qux verè pœnitentibus 8c confes-ses cpnceditur, duplex Indulgentia, culpx videliçet 8c puent:, ha-betur.

(m) L. 5. Extrav. Com. tit. de pœnit. & remissi L. 3. de con-sidérât. c. 4. Ubi nécessitas urget, excusabilis dispensatio est, ubiutilisas provocat , dispensatio laudabilis est. Utiiitas dico com-munis , non propria. Nain cum nihil horum est , non planéfidelis dispensatio, sed crudelis diffipatio est.

(n) Extravag. Com. de Pœnit. 8c remissi Quem thesaurum per

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