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sor de V Eglise , sur lequel les Indulgences sont uni-quement fondées, il dit, que le fils de Dieu l’a con-fié à saint Pierre & à ses succefleurs , afin de le dis-penser saintement aux 6déliés pour des causes propres& raisonnables. Le Pape Martin V. dans fa Bulle quiest à la fin du Concile de Constance , après les Arti-cles de Jean Wiclef & de Jean Hus , veut que l’oninterroge ceux qui seront suspects des erreurs de cesdeux hérésiarques, 0)s’ils croient que le Pape puisse,pour une cause pieuse & juste , donner des Indulgen-ces pour la rémission des péchés , à tous les fidellesvraiment contrits & confessés qui visiteront les lieuxSaints , Le à ceux qui leur prêteront secours. C’estpour cela que Gerson (b) dit que la concession rai-sonnable des Indulgences requiert une cause juste;(c) que la puissance que les Prélats de l’Eglisc ontde donner des Indulgences, n’est qu’une puissance dedispensation , qui doit être raisonnable & édifier lesfidelles ; & que quand ils en donnent fans cause rai-sonnable , comme , par exemple, à la recommenda-tion, ou à la considération de quelques personnes par-ticulières , ces Indulgences ne valent pas tant qu’ellessonnent & qu’elles paraissent valoir. Dans les Versqui sont à la fin de son Traité des Indulgences , ilassure (d) que c’est renoncer à la foi que de faire unemauvaise dispensation du trésor de l'Eglise; que celuiqui en use ainsi n’est pas un sage dispensateur ; que ce-lui qui le dispense, comme celui qui en profite, doiventtrembler ; & qu’il le saut distribuer avec libéralité,mais qu’on ne peut fans crime le donner avec profusion.
C'est aussi pour cela que dans les Bulles & dans lesBrefs d’Indulgences les Papes expriment toujours lacause pour laquelle ils les donnent : ce qui ne faitpas néanmoins que cette cause soit toujours légitime,ni que les Indulgences soient toujours valables, quandmême les Papes déclareraient expressément qu’ellessont telles, parce que (comme le remarque Suarés(e))une déclaration de cette nature n’est pas une déclara-tion de doctrine qui appartienne à la foi , mais feule-ment d’un fait particulier où il s’agit de prudence, enquoi le Souverain Pontife n’a pas une infaillible assi-stance du saint Esprit. Voilà pourquoi (dit-il en-suite) il saut toujours fous entendre dans la chose mê-me une condition tacite , touchant la justice & l’im-portance de la cause , ainsi qu’il parait dans un pointtout semblable à l'égard des dispenses des vœux (/).Car quoi qu’en les accordant le Pape dispense absolu-ment , elles sont nulles cependant s’il n’y intervientune cause juste 8 c raisonnable. . . II en est de mêmedes Indulgences.
Les Papes, & encore moins les Evêques, ne peu-vent donc pas donner des Indulgences par la feule rai-
beatum Petrum ejusque succeíîòres, íùos in terris Vicarios, com-miíìt fidelibus salubrités dispensandum , 8c propriis Lt rationabili-bus causis misericorditer applicandum.
(a) Utrum credat quod Papa omnibus Christianis verè contri-tis & confeffis , ex cauíà pu & justa possit concedere Indulgen-tias in remiffionem peccatorum , maxime pia loca visitantibus 8ciplis manus suas porrigentibus adjutrices ?
(b) Tract, de Indulg. consid. 9. Indulgentiarum conceíïïo ra-tionabilis pr*supponit causam conccíïionis , feu distributionis hu-jusmodi Indulgentiarum legitimam , clave scilicet Ecclesi* nonerrante.
(c) Opusc. de absolut. Confession, sacrament. tz. Quassisti insu-per. Potestas Praelatorum in dando Indulgentias non est nisi qux-dam potestas dispensationis , qu* debet este rationalis 8c ad aedi-ficationem ; 8c ideo iî dent sine causa rationali bas, vel illas In-dulgentias , utpote pro solo intuitu favoris humani, vel alio talìmodo, non oportet quod Indulgent!* tantum valeant, quantumíonant.
{d) Deserit ergo fidem maie dìfpensans , neque prudentClavibus ufus me fi s dans capiensque tremant.c bains in Ecclejia thésaurus çy utilis ajjìt,
Qnem dut larga manus, prodiga crimen habet.
(e) To. 4. disp 56. sect. art. 2. p. 739. edit. Mogunti. Quiatalis declaratio Pontificis non est de doctrina ad fidem pertinente,sed de quodam racto particulari quod ad prudentiam spectat, inquo PontifeX non nabet infallibilem assistentiam Spiritus sancti.
(/) Licet Papa abio ute disp en set , lì tamen non interceditcausa stssiciens, dispen a 10 non est valida. . . Idem ergo est inIndulgentiarum difpematione.
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son qu’il leur plaît d’en donner , & s’ils en donnóientainsi à leur gré & selon leur volonté (dit le CardinalCajetàn (g)) elles ne seraient pas valides. Estius (b)est dans la même pensée. Ils sont les dispensateursdes mystères de Dieu (selon le saint Apôtre (i) ) ilsn’en sont pas les dissipateurs ; & ils en seraient lesdissipateurs , s’ils les donnoient fans cause légitime,c’est-à-dire , fans cause qui regarde l’honneur deDieu, la nécessité ou futilité de l'Eglise , pour userdes termes de saint Thomas Ci .)• Car il y a cettedifference entre un dispensateur & un dissipateur,qu’un dispensateur donne avec raison , quand il lefaut, & où il le saut, au lieu qu’un dissipateur don-ne sans raison & sans mesure. Voilà le sentiment com-mun de tous les Théologiens (dit Soto (l) ). LeCardinal Bellarmin (m) dit la même chose.
V. Ce n’est pas assez que la cause pour laquelle ondonne des Indulgences , soit juste & raisonnable, ilsaut en outre qu’elle soit publique, c’est-à-dire, pourle bien publjc de l'Eglise ou de l’Erat, Car (commedit sort bien Soto) le trésor de l’Eglise étant un bienpublic , on ne saurait le dispenser que pour un autrebien public. De là vient que toutes les Indulgencessolemnelles ne se donnent jamais que pour les nécessi-tés publiques de l’Eglise : 8 c (s’il est permis de ledire avec tout le respect qui est du à l’Eglise) ce (--)n’est ni une ancienne pratique , ni une véritable cau-se , telle que doit être celle qu’on demande dans lesIndulgences , que de donner des Indulgences poufune cause particulière , par exemple , à la considéra-tion ou à la prière de quelque personne illustre, oupour la dévotion singulière que cette personne auroicà quelque Chapelle , ou à quelque Autel, ou pourfaire paraître l’autorité de celui qui les donne. Sil’on en donnoit de la sorte , elles n’auraient aucunecertitude solide de leur valeur , parce qu’elles ne se-raient pas tant données pour l’utilité de l’Eglise, qu’àla pure supplication de ceux qui les auraient deman-dées.
II faut encore que cette cause soit proportionnéeaux œuvres qu’on doit faire pour gagner les Indul-gences : car fans cela je ne croirais pas que les In-dulgences fussent d’une grande vertu , ni qu’ellessussent exemtes de la superílition du culte superflu,
6 de celle de la vaine observance. C’est ce qui faitdire a Gerson (0), que ceux qui donnent des Indul-gences doivent être fort modérés dans leur intention,dans ce qu’ils en disent, & dans ce qu’ils en écrivent,de crainte qu’en les donnant , ils ne fassent déroger lamiséricorde de Dieu à fa justice , ils ne scandalisent lesfoibles , & qu’en se rendant trop faciles à en donnerde grandes pour des causes légeres & peu considéra-bles,
(g) Tract. 9. de cauíà Indulg. q. 1. Papa non potest dare In-dulgentias, bac sola ratione , quia vult: Et si pro solo libito da-retur Indusgcntia > non effet valida.
(h) In 4. dist. 10. §. 9. Si nulla ( dit-il ) rationabili cauíà mo-vente Pontifex, vel Epiícopus, Indulgentiam concederet, nequecenscndum effet eam ab ipsa Sede profectam effe , neque existi-mandum eam alicujus efficacix, íêu valoris fore.
(/) 1. Cor. t. i.
(k) Quodlib. 2. art. 16. Causa pertinens ad honorem Dei, velad nécessitaient aut militaient Eccleiì*.
(/) ln 4- dist. aï, q. a. art. z. Conclusio est omnium Doct°*rum contmunis.
(m) L. 1. de Indulg. c. 12. Corivenit inter omnes sine just*causa Indulgentiam non esse ratant , quod attinet ad expiandumreatum cotant Deo , vel in bac vita, vel in alia.
(n) Loc. cit. Dare Indulgentias nulla imminente causa com-mun! (ut cunt ontni obedientia, qu* Ecclesi* debetur, loquar)nec res antiqua est, nec finceritatem cauí* , qu* in Indulgentiisobservanda est , pr* se ferre videtur. Quare neque solidam ha-bent valoris certitudinem quia tant in militaient Ecclesi* con-feruntur, quant ex mera íupplieatione petentium.
(e) Tract, de Indulg. consid. 12. Concedentes Indulgentias ta-bler & in intentione, 8c in verbis , vel in scriptis suas concessio-nes moderentur , ut nec divin* justiti* cura miíèricordia dero-getur, nec scandaient, maxime puhllorum,pr*beatur; vel ne fa-cilis concessio majoris Indulgent!* pro minimis vel exiguis causispariai in arduis 8c legitimis pro Ecclesia , vel republica negotn®detrimentum.