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de l’Fglise, îa pénitence des infirmes: Pœnitentia in-strmorum.
La troisième, parce que l’Eucharistie étant le sceau,la consommation & la perfection de tous les autres 8a-cremens, il étoit convenable de ne la donner qu’aprèsl’Extrême-onction. On peut ajouter une quatrièmeraison, savoir que l’Extréme-onction est pour reve-nir en cette vie, d’où la maladie éloigne les infirmes,& que le saint Viatique est pour passer en l’autrevie.
Le même usage a été renouvellé dans le nouveauRituel de Paris, (a) où il est marqué avec beaucoupde sagesse, en quelles occasions on doit donner l’Ex-trême-onction avant le saint Viatique.
Beaucoup de Rituels anciens font mention d'un au-tre usage, qui est celui de faire coucher les maladesfur la cendre, & de les couvrir d’un cilice dans letems qu’on leur administre l’Extrême-onction; & voi-ci ce qu’en disent les Ordonnances Synodales du Dio-cèse de Grenoble: ,,{b) Les Curés & les Prédicateurs,, expliqueront aux peuples la doctrine d’Innocent I.,, qui a écrit, que le Sacrement de l’Extrême-onc-„ tion étoit une espèce de pénitence, c’est-à-dire, la„ pénitencè des mourans, & de ceux qui ne font plus„ en état d’en faire que de cœur par la contrition, &„ par l’acceptation des maux & des peines qu’ils en-„ durent dans leur lit ; & que c’est pour cette raison,, que la sainte Coutume de ce Diocèse, qui subsiste,, encore dans nos Rituels, a été pendant 1400. ans„ de bénir des cendres, & d’en faire un lit, où l’on„ mettoit le malade couvert d’un cilice béni pour re-„ cevoir l’Extrême-onction, & pour protester en cet,, état, qu’il se reconnoissoit pécheur, & que s’il re-„ venoit en santé, il séroit la pénitence que ses péchés,, méritent ; que s’il n’a point passé fa vie dans la„ cendre & dans le cilice, comme ses péchés le de-„ mandoient, au moins veut-il y finir ses jours, & y,, mourir, pour honorer par cette derniere action la„ pénitence dont il a tant de besoin, & qu’il n’est plus„ en état de pratiquer.
Mais cet usage, & celui de donner l’Extrême-onc-tion avant le saint Viatique, peuvent encore aujour-d’hui s’observer sans aucune superstition dans les lieuxoù ils font reçus, & on ne sauroit d’un autre côté regarder les usages contraires dans les lieux où ils se pra-tiquent; comme superstitieux, puisque l’Eglise ap-prouve & autorise les uns & les autres. Ainsi pourvuqu’en administrant l’Extrême-onction on suive la cou-tume de son Eglise, on ne doit point appréhender detomber dans la superstition. Mais on auroit sujet decroire qu’on y tomberoit, si au préjudice des céré-monies approuvées & autorisées de l’Eglise, on envouloir introduire d’autres , on vouloir retrancherquelques Oraisons, ou y en ajouter de nouvelles ,faire les onctions d'une autre façon qu’elles ne fontordonnées, en faire fur des parties où l’on n’en doit pasfaire, ou allumer certaine quantité de cierges ou dechandelles, qui est une superstition expressément con-damnée par divers Rituels, & particulièrement par
(a) Tir, de sacra. Extr. unctio. p. 102, Circa ordinem ( dit-il )inter Sacramenta infirmis administranda fervandum, hsec quatuorsunt in praxi notanda.
Primum curandum esse ut, quantum status segroti permiserit,Extremam-unctionem Sacramenti Pœnitentise administratio pro-cédât.
Secundum conveniens este, ut cùm diversis temporibus Ex-trema-unctio & Eucharisiia infirmo prxbendx sunt, Euchari-stiam sequatur Extrema-unctio, ne, si aliter fiat, tegrotus nimiovite st ua si desperate timoré perculsus, aut omnino animo con-cidat , aut à recipiendis réfugiât sacramentis. Si tamen devotioiníìrmi.aliud postulaverit, id ei concedatur.
Tertium observandum esse, ut quoties cum oleo infirmorumViaticum ad segrotum defertur, antequam seger Viaticum fumât,inungatur a Sacerdote.
Quartant, denique, cavendum esse, etiam quandò oleum in-firmorum cum Viatico delatum est, ut, si pèriculum a( jg t ne j n fj r _mus sine Viatico decedat, statìm Viaticum ante Unctionem ad-ministreiur.
(é) Tit. 6. art. 7. n. 4-
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ceux de Paris en 16$ o. ( c) & en 1646. (d) par celuide Boulogne (e) en 1647. par celui de Châlons furMarne (f) en 1649. & par celui de Troyes (g), eni66o. Cette superstition néanmoins se trouve dansquelques anciens Rituels, comme dans (h) ceux d’Au-tun de 150?. & de 1545. Elle se trouve auffi dans leRituel de Perigueux de 1556. où il est marqué ex-pies ément (i), que les parens du malade, ou ceuxqui l’aísistent, doivent préparer treize chandelles pourbrûler pendant toutl’Office. Ces treize chandelles fontvoir jusqu’où alloit la simplicité de la plupart des an-ciens Rituels, qu’on faisoit & publioit avec si peu deprécaution ; puisqu’on y semoit & autorisait des su-perstitions toutes visibles, que les nouveaux Rituelsont défendues avec beaucoup de justice.
On inférait auísi dans les anciens Missels, & furtout dans les Calendriers qui font au commencementdes anciens Missels, beaucoup de choses impertinentes
6 qui n’eussent jamais dû y être mises. Par exemple,dans le Missel Romain, imprimé à Venise en 1513.on lit au mois de Janvier: Pocula Uta pius amat cr con -vìvìa Janus; Au mois de Février : Fac fepes , statuascliveta , rofaria stparge; au mois de Mars: B oves tunecompara, equas maribussubdas; au mois d’Avril: Ten-trem stolvas, mìnuasque cruorem, . . A Tafeuntur vituli ,fere melones, apiumque; au mois de Mai: f^ituli ca-ftrantur , ovesque tondentur , caste us premìtur , lateresfacìendi; au mois de Juillet: Serantur cepullœ, vaccasjuvat gr stubmittere tauris ; au mois d’Août : Ac venusabstt, & gula; au mois de Decembre: Tune piper drpernas stne cura Bacchus amìcat. Dans Iq. Missel deChartres de 1552. & dans celui du Mans de 155p.on voit au mois d’Avril: Ergo stolvatur venter, cruorimminuatur; au mois d’Août: Raro dormitet, aftumcoïtum quoque vitet ; & au mois de Novembre: Balneacum venere tune nulli prostt habere , ou bien, Balneacum luxu tune non conducit habere. Et dans celui deTordre de Font-Evrauld, de 1606. on trouve, au moisde Janvier : Vult lautas , calidasque epulas & poculaja-nus; au mois d’Avril : Alvumstolvas, mìnuasque cruo~rem; au mois de Novembre: Fœcundat stercore vitem;& au mois de Decembre: Atque stues ma lias , qusrispiper , & mer a vìna. Que font tous ces conseils, & ( 4 )toutes ces observations aux Missels & aux prières querenferment les Missels?
Enfin on inférait dans les Calendriers de ces mêmeslivres, les jours périlleux de chaque mois. De làvient qu’on trouve dans les Missels de TOrdrede Clu-ni de 1523. & de 1550. & dans celui de Chartres de1511. au mois de Janvier : stanì prima dies & steptimafine timetur , ou minâtur; au mois de Mars: Martisprima necat , est us de custpide quarta est ; au mois d’A-vril : Aprilis décima est , undenus a fine minatur ; aumois de Mai : Tertius in Aíaio lupus est, est steptimusanguis; au mois de Juin: stunìus in decimo quindenoà fine minatur; au mois d’Août: Prima necat fortem,perditque stecunda cohortem; au mois de Septembre '.Ter-tius Septembris & denus sert mala membris; au moisd’Octobre : Tertius dr denus virtutibus est alienus; Scau mois de Novembre: Quint a Novembris acus, vix
ter-
(c) P. 103.
(d) P. 134.
(e) P. 234.
(/) p - Q 1 '
(g) P. 15-7. Moneat Parochus, ubi opus este viderit, ab illasuperstitione vana abstinendum, qua I.aici plerumque utuntur,accesldendo certum numerum candelarum, v. g.tredecim tantùm.
(b) Fol. 16. Si infirmus (dit le premier Rituel ) habet sinumintellectum 8c vult recipere Sacramentum Extremae-unctionis , ac-censis prius tredecim candelis, ac contra parietem eircum circalectum infirmi applicatis & appositis, sive junctis, dicat Sacer-dos 7. Plàlmos Pœnìtentiales. (Et le second Fol. Cependantque ces choses se feront 8c diront, les Ministre 5 feront allumertreize chandelles, que l’on fichera en quelques lieux divers par lachambre à l’entour du malade.)
(i) Fol. 34. vers. Alii, scilicet parentes, seu custodes, candelastredecim praeparent, qu* ardeant per totum officium.
(f) Je demanderois volontiers a 1 Auteur pourquoi il rapporte eudétail ces bagatelles: il suflìsoit d’en rapporter une feule.