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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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I

DES S U P E R S T I T I

des mains ejl essentielle à POrdre & luitient lieu de matière , ce que ne font pasles injlrumens. Cette diversité d* usage sn’est nullement superstitieuse. Les Grecs

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ou la cuvette, avec î’essuie-mains, pour donner à laverau Pontife , au Diacre , l’éventail pò'ur chasser lesmouches 8c la pouílìere de T Autel 8c des ablations, 1&'fur cet éventail il y a des images de Chérubins;au Prêtre , le Missel, selon la coutume reçue en quel-

GIîPS — 1,1 * 1 '

sèment m,eux cependant dé fi conformer quK àî» (quoique l’I^chologe n-en "d,í r,e„i

à la pratique de l Eglise Eatme. ±)iver~ & une partie de l’Hostie consacrée qui est sur l’AuteL

ses superstitions qui concernent ld matière En Russie l’Evêque donne aussi une partie de l’Hostié

de POrdre. Autrefois on ne donnoit point àu Prêtre qu’il ordonne , mais il la lui donne avant

le livre des Evangiles à toucher au Esta- c l u ’ el,e soit consacrée , comme on le voit dans les Ri-

cre. Faire toucher au Prêtre les infiru- tl j* e ! s Assens , & dà l’ancien Euchologe Patriar-

r,iens , & Poindre des SS. Huiles , ce ne p a ’ au . 13 PP°rt d Arcudius (g). Dans l’Eglise de

fnnt nue dp c rhnspe K/irr/impntplÌpc anì'ne ^ouitantinopie , lors que le Patriarche ordonné uriJont que aes cfoojes òacramentelles qm ne Prêtre , q lui donne ]e Missel , & en Je lui donnant,

confirent pomt la grâce. Ccftunfrmlej a lui dit, est digne do le re«v„i, ,

ge & une superstition tout ensemble , de ainsi que le témoigne le menu Arcudius (h). Enfin

se servir des SS. huiles pour faire des parmi les Grecs, les instrumens que l’Evêque donne

maléfices. aux Ordinans ne font point la matière des Ordres q u’st

l eur confère , parce qu’il les leur donne farts proférer

C E que l’Evêque donne & fait toucher àux Or- àuc “ nc f P aro,es - a près avoir achevé l’Ordination . &dinans, lorfqu'il les ordonne, est 1a matière du J u ’“ n ’ en est . P arlé en aucune itlâniere dans les prièresSacrement de l’Ordre , comme le Pape Eugène IV. ^el Ordination.

l’a décidé (d) dans le Décret qu il a fait pour l’union "jais quoique ces usages soient differens de ceux de

des Arméniens. Ainsi il confère la Prêtrise (conti- f Jéâtins , il ne saut pas croire pour cela ni

nue ce Pape) en donnant 8c en faisant toucher un c a- ss u 1S oient superstitieux a l’égard de l’Eglise Latine ,iice da n s lequel il y a du vin , & une patène, fur k- C< 3í x “ e satine le soient à l’égard dé

quelle il y a du pain; le Diaconat , en,donnant & en ■■a.gliie Grecque. L’une 8c l’aútre Eglise a Je Sa-

faisant toucher le livre des Évangiles ; le Soû-diáco- erement de 1 Ordre ; l’nne & l’aùtre Eglise conféré

mt, en donnant & en faisant toucher un calice vuìde va . men t ' chacune à sa maniéré & selon les céré-& une patène vuìde, dont il est couvert ; & il en est jnonies qu elle a accoutumé de pratiquer , quoiqu’el-de même des autres Ordres , qu’il confère en don- ne soient pas les mêmes dans l’une & dans l’autrenant & en faisant toucher les choses qui regardent ^8^*.

leurs ministères & leurs fonctions , & qui sont mar- . J eítimerois néanmoins que les Evêques Grecs d’au-qììées dáns le Pontifical Romain (b) de Clement VIII. sourd hui feroient mieux de conférer les Ordres && d : Urbain VIII» ou il est dit , Qu’il dó'nne & fait jjrineurs & Majeurs , selon k cóûturrte de i’Eglìsétoucher aux Portiers les clefs de l'Église ; aux Lee- ^-omaine , parce que lé Pape Innocent IV". dans fateuís le Lectionnaire , ou' le livre dans lequel ils , ’ Stcb Cdthoiicœ , qui regarde particulièrement

doivent lire les Leçorts ; aux Exorcistes, le Pontisi- . Eveques Grecs de l’Eglife de Chypre , (i) leurcàl ou le Missel ; & aux Acolythés » uri chandelier en l°J nt expressément de le faire ainsi à l’avenir , &m. -Voilà ce oui se ntàf-irmp rl-inc qu il trouve mauvais rm ílc

. , ... emomt expreliemènt de le faire ainsi à l’avenir , &

càl, ou le Missel; aux co yt es , u c prouve mauvais qu’ils ayent Iong-tems négligé

garni d’un cierge* f 3c 1 e j”* de conférer les Ordres de Portier , d’Exorciste, &

l’Eglise Latine. Datis g ie r cqq d’Acoìythè à ceux qui fe font présentés à eux pour

âsfe- les recevoir; bien qu’il soit dans k pensée qu’ori doit

tnlavûv p ,r ‘' ’ — —

chose.

Parmi les Grecs il n’y a point maintenant d’autresOrdres Mineurs , que celui de Lecteur , qui est leseul dont les prières & les, cérémonies soient marquéesdans l’Euchologe où il n’y en a aucunes pour l’Ordi-nation des Acolythés z des Portiers , & des Exor-cistes. Le Lecteur (si nous en croyons Siméon déThessalòftique (c)) fait les fonctions de l’Acolythe,8e le Soû-diacre celles du Portier & même celles de.l’Acolythe, félon quelques autres Auteurs. En unmot , les Acolythés (disent Arcudius ( d ) & le PèreGoar (Q) les Portiers 8c les Exorcistes , n’ont pointété de véritables Ordres ni par conséquent reçu Un vé-ritable Sacrement; mais feulement des ministères, desOffices, des titres & des dignités

, ___ „ J.J, viaim iu j^çimCC oïl ClOiC

tolérer ceux qui ont été ordonnés de la forte, à causequ’ils sont en trop grand nombre.

Quoiqu’il en soit, ce ferbit un faux culte » Un cul-te superflu , & Une vaine observance aux Latins de fefaire ordonner par des Evêques Grecs selon le rite del’Eglise Grecque , & de croire qu’ils feroient bienordonnés en recevant feulement l’impoiition des mains*

fans toucher les instrumens qui sont k matière de leursOrdres.

, Ce feroit auffi une faiite ou une erreur de rie vouloirrecevoir de quatre Ordres Mineurs', que celui 1 dé Lec-teur , parce que les Grecs ne reçoivent aujourd’hui que

celui-là ; & de ne fe pas croire bien ordonné Lecteur*c — -

---, — «.,* nv ic pas noire Dien ordonné Lectei

S te G«cs“ Te vêqufimposè te m a |n S au fi “ ->« «1^ Epîtres C

i armi ìes 1 1 n nomciues 8c Hps Actpc hm AisA.-.. --- ’’

Lecteur, au Soû-diacre , au Diacre, & au Prêtre,en les ordonnant , & cette imposition des mains estune chose essentielle au Sacrement de l’Ordre, & quilui tient lieu de matière , dans k pensée d’Arcu-dius (/).

Parmi les Grecs, l’Evêque ayant achevé les Orai

ironiques & des Actes des Apôtres , que l’on fais tou-cher aux Lecteurs Grecs dans leur Ordination.

Ce feroit un culte superflu & une vaine observanceà un Soû-diacre de vouloir , en recevant le Soû-dia-conat, qu’on lui présentât ries vaisseaux, un orceau,un chaudron , ou une cuvette , & tin essuye-riiains >

_ n— ^:r. -

farmi les orées, i j^veque ayant acneve ìes oral- , on uuc cuvcite , oc un enuye irlain

sons de l’Ordination , donne au Lecteur le livre des P our donner à laver au Pontife, comme il se t>> *• s *Epîtres Canoniques & des Actes des Apôtres ; au dans l’Eglisc Grecque* * arj flué

Soû-diacre, les vaisseaux , l’orceau, & le chaudron -- -•

(a) Ordinis rriàteriá est illud per cùjus traditionenl conferturOrdo.

(b) Tit. de Minorib. ordinib. de ordinat. ostiarii, &c.

(c) L. de Sacram.

W) L. 6 . de Concord. c. 9.

(e) Not. ad ordinat. Lector. Ostiariòs itaque (ce font les tes mes- ,,, volufflns & eXnrpffií - • . ...

Ju Vére Goar) Exorcistas’ & Acolythos , si quosdam Griecos ad- quòd Episcopi Grxci^ícnt-cm ,. C f. lmus r Wí ce souverain Tontife)misiflè productis superiùs autóritatibus , vel argumentis aliis con- Roman* de csetero cons ” Urdlnes secundo M morem Ecclesisevincatufquispiam : ut Ministeria, Officia , Titulos, vel Dignita- circa Ordinandos vel nJf 1 “îi î . Cum , huc M »<«ribuá

tes, eos tenuilïe arbitrétur; ut veros Ordines nequaquam, tameti aui ìam dm.. r 8 ex , e - vel prœtermiiisse dicantur. 11!»

1 (f) L. 6 , c. 1. J tamen qui jam ium taliter ordinat» p» vol, propternlmiamitìfo»

V ■ 3 ïaIa m “ítuudinem, in sic susceptis Ordinibus tolerentur.

C c c c x

Un Diacre fe rendroit coupable des mêmes super-stitions , fl dans son Ordination il vouloir avoir uriéventail* outre les autres instrumens qui fiant prescrits

paf

[g) íbid.

{h) Ibid.

(i) Volumus & expresse prxcipimus (J 11

nìSr\ ViUC——* c r *