DES SUPER
' récitent cette Oraison : Domine , Deus omnipotens , eli-ge fervttm tmm hune , &c. Ensuite de quoi ils leurdonnent le livre des Epîtres Canoniques & des Actesdes Apôtres,dans lequel ils lisent quelque chose, puisils leur donnent le baiser de paix sans leur rien dire.
Gabriel, Archevêque de Philadelphie (a) , dit quéla forme de T Ordre est la grâce divine-qui descendsur l’Ordinant par l’imposition des mains de l’Evê-que, 8c qui le rend un Prêtre parfait. Mais comme ilne rapporte aucunes paroles aufquelles cette grâce soitattachée ; que la forme des Sacremens consiste en desparoles; & que l’Eglise Grecque établit la forme del’Ordre dans ces mots: Divina gratta, qm semper ,OÍrc. un Evêque Grec tomberoit dans la superstitiondu culte indu & pernicieux, si en conférant les Or-dres sacrés, il ne se servoit point de la forme qui estgénéralement reçue dans l’Eglise d'O rient. Par la mê-me raison celui qui ordonneroit un Soû-diacre & unLecteur en proférant ces mêmes paroles, Divina gra-tta, qm semper, cire. qui font destinées pour l’Ordi-nation des Diacres, des Prêtres & des Evêques, s’en-gageroit dans une pareille superstition,parce qu'iliroitcontre la pratique de son Eglise.
Un Prêtre, un Diacre, un Soû-diacre de l’EgliseLatine, qui se féroit ordonner par un Evêque Grec,avec les mêmes cérémonies & les mêmes prières quise font dans l'Eglisc Grecque, ne scroit pas moinscoupable de la superstition du faux culte; non plusqu'un Prêtre, un Diacre, tin Soû-diacre, un Lecteurde l’Eglise Grecque, à qui l’Evêque n’auroit pointimposé les mains dans l'Ordination, parce que dansï’Eglise Grecque ì’imposition des mains est eslen-tielìe au Sacrement de l'Ordre, ainsi que le montreArcudius (6).
Un Diacre au contraire, ou un Prêtre Latin, nelaiíseroít pas d’être bien ordonné, quoiqu’on ne luieût point imposé les mains dans son Ordination, par-ce que l’imposition des mains n'est pas essentielle à ceSacrement dans l’Eglise Latine'y mais seulement unecérémonie qui peut être suppléée ensuite & qui n’obli-ge pas de réitérer l’Ordination, ainsi qu’il est dit dansle chapitre Presbyter, dont on lit les paroles Note (c). Dé-serté qu’un Evêque qui auroit ordonné un Diacre,OU un Prêtre, fans leur avoir imposé les mains , ne se*roit nullement coupable ni de péché, ni de supersti-tion, pourvu qu’il ne l’eût point fait de desseinprémédité, ni par mépris des cérémonies de l’E-glise.
Ce seroit un culte superflu & une vaine observanceà un Diacre & à un Prêtre de l’Eglise Latine, de nevouloir point être ordonnés , k si outre la formede leur Ordination qui est prescrite par le PontificalRomain, on ne prononçoit aussi en les ordonnant laforme de l’Eglise Grecque, Divinagratta qm semper ,&c. Te dis la même chose d’un Diacre & d’un Prêtrede l’Eglise Grecque qui ne voudraient point être or-donnés, à moins qu’on n’ajoutât à la forme dont on scsert dans leur Eglise celle qu'on prononce dans l’E-glise Latine, à l’ordinafion des Diacres & desPietres.
Et les Evêques, soit Grecs, soit Latins qui ordon-neraient les uns & les autres en proférant cette doubleforme, ne feraient pas exemts de cette double fuper-
5 T I T I O N S.
stition. Enfin ce ferait un scrupule superstitieux à unSoû-diacre, à un Diacre & à un Prêtre de l’EgliseLatine, s’ils s’imaginoient n’avoir pas reçu la grâce &le caractère dans leur Ordination, à moins que l’Evê-que en les ordonnant, n’eût prononcé entierenâent cesparoles, qui sont à la fin des formes de leur Or-dre, In nomme Domini , ou In nomine Patris <&■ Filii
6 Spiritus fanffi: Car elles ne font pas de l’essence de
la forme, selon Soto (d), mais de la décence seule-ment.
postolicus Lectori traditur, qui modicum quîd perlegens pacemà Ponnfice accipit. Et Anodins: Lectori prxbent librum Episto-larum Apostolicarum, & m exhibítione nulla ei verba dicunt,quasi formam Sacramenti, neque postea; sed ipse creatus jamLector munere suo fungitur, & ctatim récitât Lectionem ex A-ctibus Apostolicis.
(a) Opusc. de Sacrament. Forma est divina gratia, qu* perimpositionem manus Pontificis in eum quiíàcris initiatur, descen-dit, 8c perfectum ipsum creat Sacerdotem,
( 4 ) L. Ó.C. C. Z. & seqq.
^ (<0 Tit. dç Sacramentis non iterandis. Presbyter & Diaconuscùm ordinantur, manus impositionem tactu corporali (ritu abApostolis introducto) recipiunt; quod si omissum fuerit, nonest aliquatenus ìteranduffl, sed statuto rempote, ad hujusmodi Or-dines conferendos, cautè supplendum quod per errorém extititpr*termissum.
Tome II,
CHAPITRE IV.
Du tems des Ordinations.
11 y a des tems destinés pour les Ordinationsparmi les Latins. Les Evêques Grecs lespeuvent faire tous les jours quand ils cé-lèbrent les divins Mystères. En Occidenton rìordonne les Evêques que le 10iman-che. On conférois autrefois les Ordres cejour'là y & le Tape seul y peut faire desSoû-diacres, quoiqu’il n’y en stase pas .On ne stait point d’Ordination le Samedide la ‘Pentecôte, ni le jour de la Tdédica-ce des Eglifés & des Autels. On n’en faitqu’aux Samedis des Quatre-tems , de laTajston ò 1 de TâqueSyà moins qu’on n’aitme dispense du Tape. On choisijstott au-trefois plutôt certains Samedis que lesautres pour les Ordinations. ■ 11 rìy anulle superstition à les faire aux jours
qu’on les j ait , parce que l’Eglise lé veutains.
„ T* ‘Ordination (dit le Catéchisme Romain (é) de„ I j Pie V.) ne se sait qu’en de certains tems,„ auíquels, selon la coutume ancienne de l’Église Ca-„ tholique, on a prescrit des jeunes solemnéls, afin„ que les fidelles puissent obtenir de Dieu, par deíain-,, tes 8c ferventes prières, des Ministres capables d’u-,, fer pour l’utihté de l’Eglise, de la puissance qui est„ attachée à ce saint ministère.
Ces tems ne sont point réglés parmi les Grecs, &leurs Prélats, suivant l’âncien usage de leur Eglise,peuvent conférer les Ordres de Lecteur, & de Soûdia-cre, de Diacre 8c de Prêtre, tous les jours qu’ils cé-lèbrent les saints mystères ; avec cette différence néan-moins que le Soû-diaconat & la Prêtrise ne se confè-rent que dans le tems de la Liturgie, & quê le Lec-torat se confère hors du tems de la Liturgie. C’est cequ’on peut remarquer dans les Rubriques de l’Eu-chologe, & le Père Goar (f) en rend un témoignageexprès. La Glose des Chapitres Cum Secundttm (g) 8cOtto d tranflationem , n’y sont pas moins expresses : &c’est fur l’autorité de ces deux Chapitres que HenriCardinal & Evêque d’Ostie dit dans fa Somme (h),que les Grecs recevoient les Ordres en tout tems : Grœ -chs quolibet rempore Or dines rècipit.
Dans l’Eglise Latine on n’ordonne les Evêques quele Dimanche. Le Canon Ordimtiones Epifioporum (fj
&
( 4 ) In 4. dist. 44. q. i. art. I. H*c verba: In nomine fatris&p. non sunt de essentia forma?, íëd de deceatia. *
(e) P. 2. tit. de Sacram. Ordin. n. 5*4.
(/) Par ces paroles: Not. in Ordinat. Subdiacon P. H 6 - Exhis constat Subdiaconafum > & íuperiores proinde Ordines, absqueLiturgia Gr*cos non conferre : Lectorem autem etiam absque il-lius celebritate instituere : diem verò habendis Ordinationibus pr*«sixain nullum penitus habere.
Cg) Tit. de Temporib. Ordination, &e.
(h) Tit. eod.
(i) I. dist. 7;.
D ddd
I
0