DES SUPERSTITION Si
tre sait (a) trois soupes , qu’il les trempe dans le ver-re du vin béni, qu’il en donne une à l’époux, l’autreà l’épouse , & la troisième à l'époux qui en donne lamoitié à l’épouse ; ensuite dequoi le même Prêtre ditun Evangile & quelques Oraisons.
A Mayence , à Wirsbourg & à Wormes, le Prê-tre ne bénit que du vin à la solemnité des noces , &après savoir béni , il en donne aux nouveaux mariésqui font à génoux fur le dernier degré de l’Autel,leur disant, Bibite amorem sancli Johannis , In nommePatris , & Filii , & Spiritus sancli ; ainsi qu’il se litdans le Rituel de ces trois Diocèses de l’an 1671. (b).
On ne bénit aulïì que du vin dans l’Eglise Grec-que , & ensuite de cette bénédiction, le Prêtre endonne par trois fois aux nouveaux mariés, à l’épouxpremierement , & en second lieu à l’épouíê, comme ilest porté dans l’Euchologe (c). Mr. Smith, Prêtrede l’Eglise Anglicane, témoigne â peu près la même(d) chose.
En Moscovie les nouveaux époux mangent du pain& boivent du vin ensemble, après la solemnité de leurmariage, mais ce pain & ce vin ne sont point bénispar le Prêtre. Alexandre Ross parle ainsi de cette cé-rémonie dans les Religions du monde (<?). „ Le pers„ de l’époux présente un pain blanc au Prêtre, qu’ildonne au pere de l’épouse, avec témoignage devantDieu & leurs tableaux, qu’il donnera le bien duMariage entierement au jour assigné, & qu’ils en-„ tretiendront l’amitié ensemble ; & pour lors ils rom-„ pent le pain & le mangent : ceci étant fait, les deux,, mariés se tenant par la main s’en vont au portail de,, l’Eglise* ou l’époux boit à l’épouse, & elle lui„ fait raison : alors il s’en va à la maison de son pere„ & elle à celle du sien.
Polydore Virgile, qui publia son livré des Inven-teurs des choses , en l’année 1499. rapporte (/) que deson tems en Angleterre* après la bénédiction nuptiale,les nouveaux mariés beuvoient ensemble dans l’Eglise,& que les affistans en faisoient de même. Mais cettecoutume y a été abolie avec la Catholicité* & il n’enest fait aucune mention dans la Liturgie Anglicane im-primée à Londres en 1574. parmi les cérémonies dumariage, qui sont décrites sous ce titre : Forma folem-niz,dndi Matrimonium. , _ . '
Ce seroit une espèce de témérité après cela de taxerde superstition un usage autorisé de tant de témoigna-enes, & fur tout de tant de Rituels. Je croi néan-moins qu’il me fera permis d’en dire tróis choses. Lapremiere est, qu’il ne s’obscrve plus maintenant dansla plûpart des Diocèses où il s’obfervoit autrefois ; cequi est clair par les nouveaux Rituels de ces Diocèses,dans lesquels il n’en est parlé en aucune maniéré. Laseconde, qu’il a été retranché dans le Diocèse deReims, quoi qu’autresois il y fût reçu, comme ilpa-roît par le Rituel de la Province! de Reims (g) delç g/ Le dernier Rituel de cette Province, de 1677.en parle de la sort t (k) : " Après la bénédiction dulit.
le Prêtre se retirera. Car nous avons retranche 1 usa-'' ge qui restoit en certaines Eglises, de bénir du pain„ & du vin, & de le distribuer aux nouveaux ma-
fa) Postes faciat tres offas 8c ponat in scypho vini benedicti,& Dostea det unam offam sponso, & unam sponsàe, qua come-stâ tradat tertiam sponso ut det partem sponfe, postea dtcat, Im-tntíïLngdii, & c ’ Oratio Proteéior, Lee.
(3 In Officie coronat.Nuptiar. p. *9*: Tune accepto ití ma-nibus communi poculo, Sacerdos d.stnbuit ipiis usque tertio.
£rmï?E U pist n de Ecdes. G*. hodier. Statu. Edit., su 1Ó78 p. 156 Commune poculum ab utnsque (sponso &spo 2 ) delibandum. tum in lxtiti* 8c concordis signum tumin mutai convictus earumdemque rerum posteflioms arrham,porrigit Sacerdos.
s f) l" sponsa apud Anglos, postquam benedixerit
Sacerdos', in templo incipit bibere, sponso & reliquis adstantibus
idem mox facientibus.
(g) Fol. 76. vers.
(h) P. 134.
Tome II,
„ riés, & Nous défendons aux Curés de le plus fai-„ re à l’avenir”. La troisième, que le premier Con-cile Provincial de Milan 0 ) en i;6;. l’a aboli danstoute la Province de Milan par le Reglement, que jerapporte dans une note. C’est ce que saint Charles Bor-romée qui présidait à ce Concile, a fait aiiffi en parti-culier dans son Diocèse , par les paroles du RituelAmbrosien (kj. D’où il est visible, qu’anciennementdans cette Province les nouveaux mariés beuvoient dansun même verre, & qssaprès qu’ils y avoient bu, ohle cassoit; qui est une cérémonie qui se pratiquoitauffi parmi les Grecs, & parmi les (/) Hébreux (m ),ainsi que le témoigne le Pere Goar.
XXII. Faire du bruit avec des tambours, des ar-mes à feu, des cloches, des plats, des affietes, desbassins, des poêles, des poêlons & des chaudrons,faire des huées, des sistemens, des bourdonnemens, &des cris par les rues, en un mot faire ce qu’on appel-le le Charivari lors que l’un ou l’autre des nouveauxépoux a déja été marié, le faire, dis-je, soit lorsqu’ils sortent de l’Eglise après la célébration de leurmariage, soit le soir, ou la nuit de leurs noces; c’estdéshonorer les secondes noces que l’Eglise a de touttems approuvées, c’est profaner la sainteté du maria-ge , c’est une observance superstitieuse & un reste del’âncienne Idolâtrie, que l’Eglise a défendu en uneinfinité de rencontres, & qu’elle a même souvent sra-pé de l'excommunication. Nous en avons des preu-ves fort précises dans les Statuts Synodaux du Dio-cèse de Langres (n) en 1404 & dans les Statuts dumême Diocèse (0) en 142,1. Ce reglément a été re-nouvellé par Gui de Bernard, Evêque de Langresdans ses Statuts Synodaux (/) de 1479 dans le Con-„ cils
(l) Conflit, p. 2. n. 64. Usum illum in Eccleíìa bibeíidi, 8fcfrangendi cyathi, 8c alia id generis, qusc indecorè fiunt, cum a-liqui Matrimonio junguntur, ampliùs rie adhiberi patiantur.
( k ) Tit. de Sacram. Matri. Aget Parochus omni cohortationecri m sporisis, ut rem otnnem depravato usu introductam , profa-riamve, in sancta Matrimonii fui celebritate, caveant: ut olimfuit bibendi, cyathive frangendi corruptela.
(/) Et parmi les Juifs d’aujourd’hui, comme on peut le voirdans les Cérémonies Religieuses . Lee.
(m) Qui en rend raison en ces mots : Not. iri offic. Coronat.huptiar. n. 7. p. 398. Sed & ícyphus vitreus post ternam deliba-tionem fractus, tum corporum, tum aftimorum nubentium, a-liis quibuscumque consortium interdictum: hocque eodem rituHebraei hausto vino in nuptiis cyathum confestim terrse illidunt8c comminuunt, ut nubentium, vel ipectantium animos, adfragilitatem 8c brevitatem humani cujusque gaudii, ad instar yi-tri effracti, citò citiùs pmerituri , contemplandam invitent.Graecos tamen aliqua religione ductos vitrum illud comminuerecenièo. Cùm enim se floribus, ramis, oleo benedicto, Lee. exattactu sacrarum Imagirium sanctifîcatis perunxerint, reliquias,rie profané tractentur, in ignem projiciunt: ira 8c scyphum,quamvis communem, ex eo quod nuptiarum benedictiohi inser-viit, confrigendum potiùs, quàm in profanoS usus revocanduméxistimant.
(n) Tit. de Ludis prohib. fol. 47. Summopere caveant Sacer-dotes 8c Clerici potissimè in sacris Ordinibus constituti, ne iri-tersint, neque Iudant in ludo quod dicitur Charivary , in quo u-tuntur larvis in figura Daemonum , 8c liorrenda ibidem commit-tuntur: quem ludum nori solùm Clericis, sed generaliter omni-bus subditis pròhibemus sub excommunicatioriis pœna 8c décemlibrarum Turonerisium nobis applicandarum.
( 0 ) Fol. 97. Vers. Quia interdum istis qui trariseunt ad secundaSnuptias, quam plures fiunt injuria; 8c derisiones multse, 8c aliaquaedam ludibria, fient ludi cum larvariis 8c horrendis clamori-bus, qui vulgariter nuncupantur Charivary , jam ab olim per sta-tuta Provincialia damnata 8c reprobata, nec nori per statuta Sy-riodalia. Quoniam nonnulli tam viri, quàm mulietes per talia àcontrahettdo secundas nuptias retrahuntur, licet utroque jure di-Vino 8c Canonico hoc pois,rit, pluraque inconvenientia ex hoccognoscimus exorta, 8c exoriri poste. Ideo taies ludos, derisuj8c hujusmodi prsemistà sub excommunicationis pœna fieri de cse-tero pròhibemus, ipsaque damnamus 8c reprobamus, ipsamqueexcommunicationis pœnam in contrarium facientes volumus ln-currere ipso facto.
( p ) En ces mots: Fol- izi. Quoad derisiones vulgariter riun-cupatas Charivary, in hac nostra civitate fpecialiter fieri solitas,contra íêcundò, vel ulteriùs nubentes, innovamus ConstitutionemDomini Caroli de Pictavia nostri prsedecessoris in suis statutiscon-tentam, volentes 8c ordinantes, ut sic saltem metu pœriarumhomitíes arceantur à dictis insolentiis, omnes illos Le illas qui de-risiones fecerint, Vel ipsis interfuerint, aut auxilium, favorem ,vel consilium dederint, sententiam excommunicationis per di-ctum prssdecessorem nostrum in contra facientes promulgatam ,Kkkk tn-.