DES SUPERSTITIONS.
,, triant & profanant 1 a parole de Dieu & l’invocation„ de Dieu tour-puissant ; y mélangeant des mots de„ magie 8 c sortilège , & puis y ajoutant blasphémay„ toirement, Verbum caro fatlum eft , 8 c y faisant íai-,, re des choses sales , vilaines & impures à l’endroit,, de Tanneau, &c.
10. Faire dire, avant la Messe des épousailles, T E-vangile de saint Jean, Inprincipio , &c. par le Pretrequi a donné la bénédiction nuptiale. J’ai connu unCuré assez simple qui en usoit ainsi de bonne soi, 8 csans y penser aucun mal. Cependant cet Evangile n’apas été fait pour cet usage, TEglise ne l’y a pas desti-né , 8 c c’est une véritable superstition (dit le Cardi-nal de C usa (a)) que d’employer ou appliquer leschoses sacrées , telle qu’est assurément la parole deDieu, à d’autres usages qu'à ceux auxquels elles sontdestinées.
xi. Demander aux nouveaux mariés par formed’entretien - S’ils ne font pas contens d?être joints ensem-ble par le lien conjugal , & s’ils e'toient d recommencer ,s’ils ne le voudroient pas faire encore ? S’ils répondentqu W, ils ratifieront ainsi leur mariage , & cela féraqu’ils seront délivrés d u maléfice qu’on leur avoit fait.Le même Curé dont je viens de parler , m’a assuréqu’il saisoit quelquefois cela , ne croyant point qu’ily eut aucune superstition. Mais certainement c’enest une du faux culte & de la vaine observance ; n’yayant aucune régie Ecclésiastique qui marque qu’onle puisse faire , ni aucun usage reçu & approuvé quil’autorise.
12. Percer un tonneau de vin blanc , dont on n’aencore rien tiré , & faire passer le premier vin qui ensort dans la bague , qui a été donnée à T épouse lejour du mariage.
13. Pisser dans le trou de la serrure de TEglise ouTon a épousé. Quelques-uns disent qu’afin que cemoyen ait tout le succès qu'on en peut espérer , ilfaut pisser par trois ou quatre matins dans ce trou.Mizauld (b) témoigne , qu’il faut pour cela que lenouvel époux pisse à travers Tanneau qu’il a donné àfa nouvelle épouse le jour des noces , & il cite pourgarents trois Médecins & un Chirurgien , qui appa-remment ne favoient pas mieux que lui notre Reli-gion.
14. Faire ce que saisoit un certain Promoteur deTOfficialité de Château-dun. Quand deux nouveauxmariés lui venoient dire , qu’ils étoient maléficiés, illes conduisoit dans son grenier, les attachoit à un po-teau face à face , le poteau néanmoins entre eux deux;les (c) fouettoit de verges ì diverses reprises ; aprèsquoi il les délioit, & les laissoit ensemble toute la nuir,leur donnant à chacun un pain de deux sous, & unechopine de bon vin, & les enfermant sous la clef. Lelendemain matin il alloit leur ouvrir la porte fur les sixheures , & il les trouvoit sains, gaillards 8 c bons a-mis. Un Curé de mes amis, homme de mérite & decapacité , m’a assuré plus d’une fois, que ce Promo-teur , qu’il connoissoit parfaitement bien, guérissoitainsi les personnes qui se plaignoient à lui d’avoir l’ai-guillette nouée.
15. Dire pendant sept matins à soleil levant, le dostourné du côté du soleil , certaines oraisons non ap-prouvées , ni destinées par TEglise pour obtenir l’effetqu’on en attend, qui est le dénouement de Taiguillette.C’est ce qui s’appelle une vaine observance 8 c une ob-servance des choses sacrées.
(*) To.î. Exercit. 1 . r. ex serin. Ibant. Magi, &c. Si rescon-secrat* ad aliud quam proprium usum applicentur , est super-stitio.
(b) Memorabil. util. Se jucundor. Centur. r. n. r. Si per nup-tialem annulum ( dít-ìl ) sponsus mingat, à fascino Sc veneris im-potentia solvitur , quL à maleficiis ligatus fuit. Autores íuntGuillelmus Vangnana, Nicolaus Se Arnaldus à Villanova , Medi-ci, nec non Petrus Argclates, Chirurgus. (Peut-être que ces Au-teurs ont voulu fé divertir. En tout cas l’Auteur du Conte dePanneau à'Hans Carvel aurolt beaucoup mieux rencontré qu’eux.)
(c) 11 est amplement traite de ce moyen efficace dans laDiíîèr-tation Latine intitulée de Usa flaglorum in Re ventre».
1 6. Frotter de graisse de loup le haut & íés poteauxde la porte de la maison oh les nouveaux mariés vontcoucher ensemble.
17. Faire ce que le Père Créspet (d) rapporte eríces termes : „ On dit qste les charmeurs qui se mê-„ lent de nouer Taiguillette neuve, pour faire telle li-,, gature selon la paction tacite & expresse qu’ils ont„ avec le Diable, observent Theúre qu’on conjoint les,, deux mariés ensemble, & qu’on prononce les mots„ de la conjonction sacramentale, Déus conjmgat vos ,,, & Ouos Deus conjunxit , homo non sepafet ; 8 c tandis„ que Taiguillette demeure nouée , les deux mariés„ ne se peuvent joindre ; à quoi aide beaucoup Tin-„ fidélité de ceux qui commettent tels actes, lesquels„ sont jugés homicides par les Sanctions Ecclésiastí-„ ques, Extra , de homìcid. Si aliquis.
Ecrire fur du parchemin neuf , avant le soleil levé& en renouvelant pendant .... jours, ces caractè-res Avigaziirtor ....
19. Prendre un fer de cheval qu’on aura fortuite-ment trouvé dans son chemin , 8 c en faire faire unefourche un Dimanche, en disant certaines paroles.
r.o. Dire trois fois Temon en certain tems , lorsquele soleil se leve , & qu’il promet un beau jour en selevant.
Voilà une partie des observances superstitieuses doncon se sert ordinairement contre le maléfice du noue-ment d’aiguillette. Mais TEglise les condamne tou-tes en quatre maniérés.
I. Lors qu*este condamne généralement tous les ma-léfices , tous les malsaicteurs & toutes les malfaictri-ces. Nous en avons rapporté ci-devant (e) diversespreuves tirées de T Ecriture sainte, des SS. Pérès, desConciles Provinciaux , des Synodes Diocésains, desRituels, des Bustes des Papes, & des loix civiles.
II. Lors qu’este enseigne , qu’on ne peut sans pé-ché ôter un maléfice par un autre maléfice. Nous enavons aussi ci-devant (f) expliqué les raisons, & nousavons réfuté celle des Théologiens , des Canonistes8 c des Jurisconsultes , qui sont d’un sentiment con-traire.
III. Lors qu’elle veut qu’on traite avec beaucoupde rigueur , & qu’elle excommunie même ceux quirompent le maléfice du nouement d’aiguillette parquelque autre pratique superstitieuse. C’est ce qu’el-le marque clairement par les paroles du cinquième Con-cile Provincial de Milan (g) en 1579. que je cite ci-dessous ; par les Ordonnances Ecclésiastiques & Sta->-tuts Synodaux' de Bourges (b) en 1608. „ Nous„ excommunions tous ceux Le celles qui pour troubler„ & empêcher l’effet des mariages, useront de malé-„ fices , comme aussi ceux qui par autres maléfices,, voudroient dissoudre & lever tel maléfice”; parleSynode de Ferrare (i) en iSiz. 8 c par le Synode duMont-Cassin (k) en 1626.
Au
(d) L. 1. de 1 a haine de Sathan , Scc. discours 18. fol. 274.’vers.
(e) i. part. 1. 2. c. f.
(/) Ibid.
(?) Conflit, part. 3. n. 17. Quam ipíàm (E xcommunicationislat£ /<ententis .) pœnam etiam illos subire decernimus , fi qui inveneficiis fascinationibusque solvendis verba improbata , supersti-tiofà, atque adeò alia , quam qu* ab Episcopo primum probatasunt, adhibuerint ; cùm id non sine divini cultus offenlìone ma-xime faciant. Quo etiam genere pœn* afficiantur quicumquevel suaferint, vel mandarins, vel conseníèrint.
(ê) Art.
(») Tit. de superstit. 8tc. n. 5. Qua etiam excommunication»pœna afficiantur qui ad veneficia Christianarum nuptiaruffl tol-lenda, ex aliis ruríum veneficiis superstitionibusque remédia con-quirent Lt comparant. Hoc enim est scelus per íb grave , gra-viori scelere cumulare ; neque sine maxima divini cultus offen-sione fieri potest.
(k) C. 4. Decret, 11. Illud insuper sub graviffimis pccnis pro-hìbentes , ut si quando tam nefarium impietatis crimen (venefi-cia & falcinationes adhibendo effectum Matnmonii impedire)fuerit commissum, non audeat ullus superstitionis iterum & im-probatis verbis, vel factis, veneficia illa & faícinationes diílolve- 1re j quibus iisdem poenis respectivè afficiantur , quicumque pi'*'
dicta