DES S U PERS T I T I Œ N S,
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Au lieu donc que les nouveaux mariés, qui ont l’ai-guìllette nouée , ayent recours à des rémedes super-,stitieux pour être délivrés de ce maléfice , ils doiventuniquement employer les moyens légitimes que l’E-glise leur propose pour cet effet , ;& qui sont l’usagedes Sacremens de Pénitence & d’Eucharistie, les priè-res, les jeunes., les aumônes, les Exorcismes, les pè-lerinages aux lieux saints , & les autres bonnes œu-vres , qui font prescrites par le Canon Si per Sonia-r m (a) , & par le Rituel de la Province de Reims,(b) de 1585, par ceux d’Evreux de 1606. (c) & de1621. ( d) par ceux de Paris de 1615. ( e ) de 16;o.(f) de 1646. (g) par celui de Sées (h) de 16^4.par celui de Beauvais 0 ') de 1637. par celui de Rouen(kj) & par celui de Chartres (l) de 1640. par celuide Meaux (m) de 164;. par celui d’Albi (n) de 1647.par celui de Boulogne (0) de la même année, par ce-lui de Châlons fur Marne (p) , de 1649. par celuide Clermont (q) de i6;6. par celui de Troyes (r)de 1660. par celui de Bourges (r) de 1 666. par ce-lui d’Alet (t) de 1667. & par celui de Reims (v)de 1677.
Les autres parlent dans le même sens, aussibien queplusieurs Statuts Synodaux. Ceux de saint. Malo (x)eu r6ao. disent: „ Les plus assurés , vrais & licites,, moyens pour. dissoudre le maléfice , sont les réme->, des surnaturels & Ecclésiastiques.r comme se con-,, vertir à Dieu d’un cœur contrit & humilié , re-„ doubler ses prières avec ferme foi , espérance &,, conscience pure, faire pénitence, bien confesser ses„ péchés, qui le plus souvent sont cause des maléfi-,, ces, recevoir dévotement le très-saint Sacrement dej, l’Eucharistie , jeûner , donner aumônes, prendre„ patience en affliction pour l’amour de Dieu,réque-„ rir les suffrages des personnes de pieuse & sainte„ vie, employer les Exorcismes qui se font selon l’in-„ stitution de l’Eglise , user d’eau-bénite , d’Agnus,, Del, & d u signe de la croix , voyager en bonne„ dévotion aux lieux où sont gardées les Reliques„ des Saints, & où leur mémoire est célébrée, invo-„ quer fur tout le nom de Jésus , implorer la faveur„ & intercession de la bien-heureuse Vierge Marie,„ & du bon Ange Gardien , ensemble des autres„ Saints.
dicta nefaria scelera suaserint, vel facienda mandavcrint, vejquo-modolibet auxilium operamque prxstiterint.
(«) 33- q- >-
(b) Fol. 77.
(c) Fol. 34.
(d) P. 2 ÎZ.
(e) Fol. 59. vers.
(/) Fol. 6z.
(g) P- 33*-
(h) P. 7 Z-
(i) P. -74-
(k) P. >z8.
( l) P 29a.
(m) P. ;o.
(n) P. 389.
(fl) Pag. 220.
(?) P r6z.
(q) P- 197 -
(r) P. 249.
(s) Part. 1. p. 712.
(t) P 4 Z 7 - , . , . ,
{v) P. 23 6. Si accidat (da celui de Beauvais) ut Deo ícelerumatquiílìmo judice, nonnumquam hominumvel infidelitatem, vellibídinem vindicante, conjuges maleficio aliquo & sortilegio im-pediti, opus Matrimonii perficere non possint , ne ipsi recurrantad Magos, ut novo maleficio prsesens maleficium destruant, Dte-monesque consolant: hoc enim fieri non potest abaque gravi mor-talique peccato, íèd remediis íolum Ecclesiasticis utantur, vide-licet vera Sc intégra Confestione peccatorum , sacrifieio Mifsx,sacra Communione Euchaiistiat, orationibus, jejuniisSc eleemo-syn’s, aliisque honestis virtutum actionibus , & misericordise o-peribus, atque etiam aliquando exorcismis Sc precibus ab Eccle-fïa approbatis.
(■*) Art. at. p. 480. Sc 481.
Tome IL
C H A P I T R Ë IX.
Des Superstitions qui regardent le renouvel-lement du Mariage,
II rìefl point permis , pùur dénouer l'aiguil-lette , de renouveller le mariage qu'on adé j a contrarié. Ee e P. Théophile Raynaudcependant est dans la penfee que cela sepeut faire sans péché & fans fuperflition }mais cette pensée est condamnée par lesRituels & par les Statuts Synodaux desPhocéfes , comme une ignorance craíTè»une erreur grossière , un abus visible, unefolie , une impiété, un sacrilège, une in-vention du démon , & une injure atrocefaite au Sacrement. & Eglise ne condamnepas absolument pour cela les secondes no-ces. Erreur des Grecs , des Melchites Sdes Moscovites & des Maronites, qui n'ad*mettent pomt de quatrième Mariage.
L E renouvellement du mariage , qui. se sait eurenonçant au premier que l'on a contracté á-vec la même personne, est un des remedes supersti-tieux dont on se sert quelquefois contre le nouementd’aiguillette. Je n’aurois pas manqué d’en parler dansle Chapitre précédent , s’il ne coneernoit que lesnouveaux mariés : mais comme on l’emplpye aussipour les. personnes qui ont été mariées un tems con-sidérable fans avoir eu des en fans , j’ai cru qu’ilétoit plus à propos de lui réservés ce dernier Cha-pitre, afin d’en traiter avec plus de clarté.
Le P. Théophile Raynaud (y) , -si connu par lámultiplicité & par la singularité de ses livres , nousfournit deux exemples de cette pratique; l’un, d’unGentilhomme de qualité nommé de Monclus , quiaprès quinze ans de mariage fans avoir eu lignée , semaria une seconde sois avec fa femme,, en présence deson Curé & des témoins que l’Eglise demande en cet-te occasion , & eut trois ensans : l’autre de deuxnouveaux mariés de Bourg en Bresse , qui ne pou-vant consommer leur mariage , à cause d’un maléficequ’on leur avoir donné, s’avisérent de se remarier, &jouirent ensuite sort tranquillement de leurs amours.Fondé fur ces deux exemples & fur quelques petitesraisons, (&) il assure ensuite avec une hardiesse dignede lui, non seulement que ce renouvellement de Ma-riage est innocent , & qu’il n’a rien d’irrégulier,quand il a un fondement raisonnable , tel qu'est celuide n’avoir point eu d’ensans, ou celui d’avoir l’aiguil-Jette-nouée 3 mais même qu’il est un véritable Sacre-ment, & par conséquent qu’il produit la grâce ex opé-ré operato , pour user de ses propres termes.
Mais l’Eglise en juge bien d’une autre maniéré.„ Car elle appelle cette pratique une ignorance crasse,„ une erreur grossière , un abus visible d’une chose,, sacrée , une espèce de folie, une grande impiété,„ un sacrilège, une invention du démon qui veut par,, là exposer les choses saintes au mépris des hommes„ profanes, une injure atroce au Sacrement”. Voicicomme en parlent, le Rituel de la Province de Reims (a)
(y) In heteroclit. fprit. & anomalis pîetat. terrestrium , feâ. ùpuncto 14 . n. 34 .
(z) Conjúngii instaurationem (dit-ìl) censeo este innoxiam SCcollaudandam , si aliqua subsit instaurandi causa - • - Admitten-dum est instaurationem istam conjugii, prudentes & ex congrua.causa factam , esse verum Sacramentum Matrimonii à Cbrìstocum facultate iterationis institutum 5 atque adeò ferax gratise e*opéré operato.
(a) Fol. 78. vers.
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