REMARQUES et ADDITIONS.
la Trinité se trouve dans la création de l’homme , & dans une infi-nité de choses, dont Bungus nous a conservé la mémoire. Envoici une des plus ridicules. Adam est créé de 1 a terre, Eve l’estri’Adam, le genre humain de 1 a conjonction de l'un à l’autre. LaCroix se trouve dans le nombre de dix représenté par un X. Jésusest auflidans le nombre de X. parce que dix se marque en Grecpar un jota; sans parler des dix préceptes du Décalogue, desdix talensde l’Evangile, de ce même nombre de dix consacré enbeaucoup d’autres endroits de la Bible, fit enfin des Dixmes.
P. 309. 11 y a, selon, quelques Demonologues , plus de solfian-te sortes de Maléfices praticables fur les nouveaux mariés: mais,nous dit Torreblanca. L. r. Ch. 42. on peut les réduire à six, & lesvoici pour l’amour de ceux qui les craignent. I. Le Diable causedes obstructions dans les vaisseaux, r. II retient les esprits, en forte
que l e _n’obéit point, 8c que rien ne peut l’animer. 3. Lorsqu'il
est question d’agir, le Diable envoye une paralysie qui saisit toutà coup \’Agent. 4. 11 retire, il cache, quelquefois même i! enle-vé le. . . y. 11 empêche les approches des mariés, fit quelquefoisil a la malice d’envoyer un Incube , ou un Succube qui usurpe laplace de l’Epouxoude l’Epouse. 6. II excité tout a coup une vio-lente antipatie par laquelle les approches font' absolument empê-chées, & pour causer cette antipathie, il blesse quelquefois l’i-magination 8c dérange la volonté. Souvent aussi il lë plaît à fasci-ner les yeux en faisant paraître l’homme ou la femme, ou mon-strueux , ou difformes par plus d’un endroit. En voilà bien as-sez sur les maléfices de cette efpéce. Un des plus puissans moyenspour les détourner,c’est, au dire des Superstitieux, la Mandrago-gore, dont j’ai parle dans les Remarques fur le premier Traité desSuperstitions de M. T hiers. Seulement il faut ajouter ici, qu’ou-tre les propriétés que l’on en a rapportées, la Superstition lui at-tribue celles de loulager les femmes enceintes 8c de les faire ac-coucher , de rendre les juges favorables, de rétablir la paix dansles ménages, de concilier les différons. Voici encore trois de cesMandragores, telles qu’on les volt dans quelques Cabinets deLeipíìg ; à cause de quoi elles font surnommées Mandragores deLeipjig. Sur le nom à’Alrunne, que les Allemans leur donnent, jedois ajouter, que c’est celui que portoient autrefois certaines devi-neresses fort accréditées chez les Allemans 8c les Celtes, 8tc. dansles tems de leur Idolâtrie; 8c qu ’Alrunne est un mot composé dedeux autres, assavoir de bal abrégé de hait , boly en Anglois, hei-lig en Alleman 8c de runa devin, mistere 8c conseil, d’où l’on fitle verbe runnan qui veut dire deviner, 8c peut être aussi enchan-ter : en quoi il pourrait avoir du rapport au mot Hebreu rrnan.Et comme runnan signifie aussi murmurer, marmotter, fufurra-re, ce qui est ordinaire aux enchanteurs 8c aux Sorciers, je croisdevoir remarquer que le mot Languedocien renna, qui se dit desenfans, est un de ses descendans. Si ces filiations ne font pas d’u-ne grande utilité, elles amusent au moins. Pour dire encore deuxmots de ces Alrunes des anciens Germains, il y a apparence queles Fées, les femmes blanches, les Matrones,Maires, 8tc.étoientà peu près du même ordre. Les Celtes avoient aussi des fillesdevineresses qu’ils appelloient M«ierr, d’où vient peut-être le mot deMaid, maaghd, meid, 8cc. 11 s reveroient trois Déesses qu’ils appel-loient les trois filles, ou les trois Vierges par excellence. Ces troisfilles répondoient chez les peuples du Septentrion & chez les Ger-mains aux trois Parques des Grecs 8c des Romains. Voy. tou-chant ces Parques Septentrionales le curieux Ouvrage de Keijlerintitulé Antiquitates Septentrionales & Celtica. Le mot de Materou Mayr a du rapport à poìfxt, qui est le nom Grec des Par-ques.
P. 312. Entre les présagés tirés des rencontres, il faut remar-quer sur-tout ceux que fournissent les gens marqués de quel-que défaut corporel. Cette Superstition, qui déshonore l’huma-nité, a pourtant un fondement assez spécieux, c’est lë prétendumauvais état de l’ame dans un corps mal fait. C’est peut-être enconséquence de ce faux raisonnement qu’autrefois les personnes
mutilées, ou défigurées, ou contrefaites étoient toujours de mari-vais augure: 8c je m’imagine que comme l’on étoit prévenu a-lors, ainsi qu’on l’est encore aujourd’hui, que les personnes decet ordre avoient généralement.l’ame aussi malfaite que le corps,on se persuada bientôt que les vices de leur. arne pouvant influerfur autruy par l’exemple 8c par le conseil, ceux de leur corpspouvoient de même répandre une mauvaise influence sur lcgenre humain. On lit dans l’Anthologie une Epigrame con-tre un boiteux dont le sens est , que son ame n’est pasmoins boiteuse que son corps, 8c que Je défaut de celui-ci estune vive image des défauts de l’autre.
XtoAe» Tttv »em áç ré» sroS'a 5 ? ydy aAìiêâí
Ei’xW tS» Ìvtoç sth <p«nç ÍKT05 ï%ei.
P. 316, L. 2s. Ce que M. Thiers japporte-là ne convient pasmieux au sujet, que la Sod... déclarée,fur laquelle ils’est tû; 8cil a bien fait. S’il avoit eu connoissance de celle qui se mani-festa ii hautement dans les Pr. .. V. ... en l’annc'e 1729. 8c1730. 8c qui fut punie publiquement pour l’honneur de la Re-ligion 8c du genre humain, il nous auroit apris qu’elle étoit ré-glée 8c s’il faut ainsi dire disciplinée, à la façon des assembléesde Religion. Les Non-Conformiste s. s’allèmbloicnt comme pourcélébrer des Actes de dévotion. Dans quelques-unes de ces so-ciétés de débauche on avoit des supérieurs 8c des directeurs. Cessociétés s’entrecommuniquoient leurs débauches , fie correípon-doient souvent d’un Ville à l’autre. Enfin il s’est vû de cesmaisons de débauche, où l’insolence avoit été pouílee juíqu’àcélébrer une efpéce de mariage.
P. 316. L. 1. Col. 2. Ajoutés à ces beaux mariages celui de laSainte Vierge avec S. Dominique fie encore celui de la SainteVierge, ou plutôt, oserai le dire? son concubinage avec un Sol-dat qui la saluoit ordinairement cent fois le jour par dévotion :surquoi l’on renvoyé à Celàire d’Heisterbach que M. Thiers necraint pas de citer dans plusieurs endroits de son ouvrage. Quipourrait excuser l’impicté qui se trouve répandue dans ces fa-bles? Mais d’autre côté qui voudra être assez injuste pour re-procher à toute la Communion Catholique les extravagances de'quelques fols? Des controversistes emportés 8c quelques projelytesdéfroqués,ou affamés, ou diffamés, compilateurs de mauvais re-cueils qu’ils lâchent contre l’Eglise Romaine, dans laquelle ils nepouvoient plus vivre, pour faire leur cour à la Protestante où ilsne vivront qu’aussi long-tems qu’ils y trouveront dequoi subsis-ter.
P. 321. L. 43. Malgré tant de belles citations, je le dis en-core, on est revenu de cette croyance, que le Démon 8c fes su-pots puiflènt empêcher la consommation du mariage. . . Si l’E-glife ne peut errer dans les matières qui sont de la foi, elle peutse tromper dans les matières physiques, qui ne sont point du res-sort de la Religion, 8c sur lesquelles les Prophètes eux mêmesont parlé en hommes faillibles. Outre l’imagination qui agitdans l’impuistânce, la précipation, l’impatience, k vivacité tropgrande, qui dissipe les esprits, le désir de trop bien faire, la peurde manquer, l’âge, une obstruction soudaine ; voilà des causesqui servent à nouer l’aiguillette. La veille des noces trop d’exer-cice, une action violente, des alimens peu convenables, 8cc.voilà les Démons qui empêchent les approches des nouveauxmariés. Outre cela quel rapport, quelle convenance y a-t-il en-tre les moyens qu’on employé pour denouer, 8c la faculté deconsommer le mariage? Mais il y a une convenance réelle entrecette faculté 8c les remedes que fournit la medecine, ou un bonregime, pourvu qu’aucune passion ne s’y oppose,ou que l’aiguil-lette n’ait pas été nouée par le moyen de quelque dégoût imprévu8c de certaines découvertes que les nouveaux mariés font quel-quefois.
approbation.
J ’Ai lû par ordre de Monseigneur le Chancelier un ouvrage qui a pour titre, Traitédes Superstitions qui regardent les Sacremens, Tar M. Jean-Batifte Thiers , T>oc-teur en Théologie & Curé de Vibraye ; dans lequel je n’ai rien trouvé de coutraireà la doctrine de l’Eglise, & dont la lecture sera très utile pour faire connoître & corri-ger les abus & les pratiques vaines, superstitieuses, payennes & diaboliques, que l’espritde mensonge a inventées, pour corrompre la pureté du Christianisme. A Paris, le ving-tième Novembre 1701.
A N Q. U E T I L , 1
TABLÉ