PREFACE. xcvme elle supplée toujours le manquement"des Causes secondes. Mais la Matière desPhilosophes, est la même que celle dont sesert la Nature. Elle a les mêmes dispositions( puisqu’ils veulent des dispositions ) parune même chaleur. Pourquoi donc laCause première n’agira-t-elle pas ici, s’il n’ya point d’autre Cause pour le faire , puis-qu’ils veulent qu’elle agisse immanquable-ment & nécessairement quand routes cho-ses font prêtes Sc préparées, Sc qu’il n’y apoint d’autre Cause pour agir ? Nous* voi-là encore une fois à couvert. Ainsi dequelque sens que l’on tourne la chose; soitque l’on veuille que ce soit la chaleur quifasse l’Oeuvre des Philosophes; soit quece soit l’Or qui en doive faire la produc-tion;soit qu’il faille avoir recours à laCause*première,cet Oeuvre ne sçauroit manquer.
Mais fans se mettre tant en peine à endeviner la Cause, les Philosophes disentque c’est la Nature qui agit dans leur Ou-vrage, Sc que l’Art ne fait que l’aider, enôtant tous les empêchemens extérieurs, &en excitant par la chaleur* du dehors leSoufre incombustible qui est dans la Ma-tière, Sc qui est le principal Agent. Etquand on voudroit soutenir que c’ëst lachaleur extérieure qui cause toute seule ceteffet ; tous les Scolastiques /croient obli-gezd’en demeurer, d’accord,puisqu’ils font.