PREFACE. cxixconspection , que presque tous en ont par-lé différemment, & d’en parler avec tantde retenue, qu’ils n’en ont dit chacunqu’un mot ou deux , ou au moins quebien peu de.chose ; Sc que ce qu’ils énont dit est d’ailleurs si obscur, qu’ils a-voiient eux-mêmes qu’il est presque im-possible d’en rien découvrir parce qu’ils enont dit. Ainsi l’on peut assurer que toutce que les Philosophes ont écrit de leurMercure , ils l’ont écrit plutôt pour con-firmer dans leur opinion ceux qui Pont dè-ja découvert & qui le sçavent par avance,que pour en instruire ceux qui i’ignorent,& qui n’en sçavent pas assez pour enten-dre leur langage particulier, & pour pé-nétrer dans leur intention. De maniéréqu’ils donnent à ceux qui ont, selon les ter-mes de l’Ecriture ; & à ceux qui n’ont pas,ils leur ôtent cela même qu’ils n’ont pas.
Le Traité qui a paru depuis quelquesannées fous le nom de Philaléthe est unepreuve bien convaincante de cette vérité.Car encore que le Philosophe, qui en estl’Auteur, ait écrit avec plus d’ordre Sc demétode, & qu’il ait eu plus de sincérité Scd’ingénuité que nul de ceux de qui nousavons les Ecrits , & qu’il ait traité beau-coup plus amplement Sc plus clairementque pas un du premier Mercure , & qu’ilait découvert des choses de la Compo