PRÉFACE. cxxîx
Cependant, quoi qu e tous ceux quiRappliquent à la recherche de cette Scien-ce , doivent être fortement persuadezque c’est Punique moyen d'y réussir, Scqu’ils n’y réuílîront jamais autrement. Per-sonne néanmoins ne veut prendre cettepeine, Sc Personne ne veut étudier les Phi-losophes. Et fans étude A fans applicationtout le monde veut fçavoir une chose fi ca-chée,si embaraíTéejsi difficile à concevoir,§5qui ne peut Rapprendre que par une étudeopiniâtre , «Sc que par une longue Sc labo-rieuse méditation de la Nature.
On prend même des routes toutes op-posées à celles des Philosophes. On tra-vaille fur des Matières étrangères , c’est-à-dire qui n’ont aucune affinité avec ce qu’onveut faire , Sc dont la Nature eíle-mêmene fçauroit faire le moindre Métail ; Scainsi l’on prétend trouver dans une chosece qui n’y est pas, & ce qu’elîe ne peutpas donner. On donne une explication &un sens tout contraire aux paroles des Phi-losophes , & à ce qu’ils nous enseignent ;Sc au lieu d’imiter ìa Nature en ses Opé-rations & suivre fa Voye toute pure Sctoute simple , ori s’embarasse en miiie sub-tilités extravagantes , A,l'on quitte volon-tairement le chemin qu’elle montre , oul’on s’en égare aveuglément. Ainsi l’obs-curité que nous imputons aux Philosophes