PREFACE. cxxxiijtfes secours, qu’il reçoit des Arts mécha-niques , ne lui font pas moins nécessairespour la vie que la nourriture. Cependantcomme le nombre des Méchans & desFainéans fera toujours beaucoup plusgrand que celui des Gens de bien , & deceux qui voudroient vivre du travail Sc de1 industrie de leurs mains, les plus forts op-primeraient les plus foibles; de forte qu’enrendant les autres malheureux , ils fe fe-raient misérables eux-mêmes , & ainsitout seroit en confusion. Car la Pêche &la Chaise ne pourroient pas en notrç Eu-rope , comme elles font dans l’Amérique,fournir de quoi vivre à tant de millions dsPersonnes qui l’habitent. Ainsi il faudraitnécessairement de deux choses l’une , ourevenir à la permutation des choses , quiEe pourroit pas en faire subsister plusieurs,ni fort long-temps, toutes les choses n’é-tant pas d’une égale nécessité ; ou établirune maniéré de bociété & de Gouverne-ment semblable à celui dont Tiiluílre Chan-celier d 1 Angleterre Thomas Morus a laisséun projet dans son Utopie: ou à celui qu’uneRelation,qu’on a faite depuis peu des Ter-res Australes , nous veut faire croire , quiest établie parmi les Peuples qu 1 elle nom-me Sararambes.
Mais parce que ces innovations ne fepourroient faire fans bouleverser Tordre