p8 La Somme de Geber.ré, & qu’il ne soit pas sujet à s’emporter,de peur que venant à se dépiter , iî ne gâ-tât, dans fin emportement , l’Quvrage qu’il.auroit commencé.
li ne lui est pas moins nécessaire de con-server & fî’épargner son argent, qu’il nedoit pas dissiper en de folles dépenses , Scmal à propos , fur la vaine confiance dusuccès de son Ouvrage , de crainte ques’il ne reiissiíïbit pas, il ne tombât dans lanécessité Sc dans le désespoir ; ou que peut-être , lorsque par son industrie Sc par sonraisonnement, il approcheroit de la vérité,& qu’il l’auroit presque découverte, il n’aitpas dequoi la mettre en exécution , pours’être inconsidérément épuisé. II en est demême de ceux qui ne sçaçhant rien , lors-qu’ils commencent de Rappliquer à cet Art,font des dépenses excessives & se ruinenten mille choses inutiles. Car s’ìls viennentensuite à découvrir la vérité, Sc la vérita-ble voye qu’il saut tenir,ils n’ont pas dequoipouvoir travailler. Ce qui les afflige endeux manières ; ôc parce qu'ils ont inutile-ment dépensé leur argent, & qu’ils ontperdu le moyen d’acquérir facilement 3cbien-tôt une Science si admirable. CetteScience n’est donc pas pour les Pauvres nipour les Misérables ; au contraire elle estleur Ennemie , Sc leur est entièrement op-