io 6 La Somme de Gebir.de la vérité , fondée sur les Principes mê-me de la Nature.
8. II disent de plus. II est certain que laNature employé mille ans à purifier les Mé-taux imparfaits, & à leur donner la perfec-tion de l’Or. Comment donc un Homme,qui pour l’ordinaire ne vit pas cent ans ,pourra-t-il vivre assez de tems pour trans-muer en Or les Métaux imparfaits ; puif-qu’il lui faudroit mille ans pour le faire ?Que fi on vouloir dire que les Philosophesachèvent en peu de tems par leur Art, ceque la Nature ne fait qu’en un grand nom-bre d’années , parce qu’en beaucoup dechoses l’Art supplée au manquement de laNature. Ils répondent que cela ne se peutpoint faire , sur tout dansles Métaux; par-ce que les Métaux n’étant faits que de va-peurs très-subtiles, & par ainsi n’ayant be-soin , pour leur cuisson , que d’une cha-leur tempérée, qui épaississe également eneux-mêmes leur humidité particulière, asm,qu’elle ne s’enfuye ni ne les quitte point,par quelque chaleur que ce soit, & qu’ilsne demeurent pas privez de cette humidité,qui n’est autre chose que le Mercure, quileur donne la malléabilité Sc f extension ,il est certain que si par artifice on veut abré-ger le tems que la Nature met à faire lacuisson des Minéraux, Sc des Corps métal-liques, cela ne se pourra faire qu’en se fer-