La Somme de Geber. 107vant d’une chaleur plus forte que celledont la Nature se sert. Et ainsi cette cha-leur excessive, au lieu d’épaiffir égalementle Mercure , qui est l’humidité métallique,elle le dissoudra & le dissipera en le faisantsortir de la composition. Car à st uneMaxime assurée, qu’il n’y a que la chaleurdouce & modérée, qui puisse épaissir l’hu-midité [Mcrcurielle] & lui faire prendreCorps, ni qui en fasse une parfaite mixtion;& que la chaleur trop violente la détruit.
9. Us font encore une autre objection.L’Estre &lâ perfection des choses, vient,disent-ils, des Astres , comme étant lespremières Causes qui, dans les Corps fub-lunaires, influent la Forme & la perfec-tion , & qui impriment dans la Matière lemouvement qui tend à la génération , & àla production, pour produire ou pour dé-truire [les Individus] des Espèces. Or ce-la se sait touta coup ôc dans un instant.lorsqu’un seul ou plusieurs Astres , par leurmouvement régulier , font arrivez dans leFirmament à un certain point fixe & déter-miné , duquel vient l’Estre ou la Forme ôcla perfection. Car toutes les choses d’icibas reçoivent dans un moment leur Forme& leur Estre d’une certaine position des As-tres. Et comme il y a plusieurs de ces po-sitions , & non pas une feule , & qui tou-tes font différentes les unes des autres ; de