La Somme de Geber. 301
ôter, par quelque Médecine que ce soitdu premier ordre , c’est-à-dire par nulledes huit Médecines particulières, quelqueindustrie qu’on y apporte ; mais on peutavec peu d’artifice en séparer la dernière.
Et la raison pourquoi l’on ne sçauroitôter à ces deux Métaux les impuretés dontnous venons de parler, c’est qu’elles fontsi intimement unies avec les Principes na-turels de ces Corps , qu’elles font de leurEssence, & ne font qu’une même Essenceavec eux. Et comme il n’est pas possiblede détruire l’Essence d’une chose, & qu’el-le demeure toujours la même ; aussi est-ilimpossible d’ôter à ces Métaux ces impu-retés essentielles qui les corrompent. C’estpourquoi quelques Philosophes ont crûque de cette maniéré on ne pouvoit pointperfectionner ces Métaux par l’Art.
Pour moi, lorsque je cherchois laScience , j’avoiie que je fuis demeurécourt en cet endroit, aussi bien qu’eux ;& que par nul moyen ni par nulle prépa-ration que j’aye pû imaginer , je n’ai ja-mais pû donner aux Métaux imparfaits unéclat véritable & parfait : au contraire ,tout ce que je failois ne servoit qu’à lesgâter Sc à les noircir entièrement. Ce quim’étonna fort, & je désespérai pendantîong-tems de pouvoir y réussir ; mais en-sin étant rentré en moi-même , après m’ê-