346 Le Livre bu TrévisanJrement que toutes mes Oeuvres du tempspassé ne valoient rien, & je regardai leCode de toute Vérité, qui dit tant bien :Nature soi amende enjanature, & Natures’ejoiiit de fa nature , Ù 1 Nature surmontenature , & Nature contient nature. Et le-dit Livre m’inííruiíìt fort, & me délivra demes Sophistications ôc Ouvrages errans iétudiai avant que de besoigner, Sc ar-guois , Sc passois maintes nuits fans dormir.Car je penfois en moi - même, que parHomme je n’y pouvois parvenir; partantque s’ils le sçavoient, jamais ne le vou-droient dire ; & s’iìs ne Se sçavoient, de-quoime serviroit-il les fréquenter, Sc tanty dépendre, & mettre tant de temps & debiens, & moi désespérer ; Sc ainsi je regardailà où plus les Livres s’accordoient; alors jepenfois que c’étoit là la vérité.Car ils ne peu-vent dire vérité qu’en une chofe.Et par ainsije trouvai la vérité. Car où plus ils Rac-cordent , cela étoit la vérité; combien quel’un le nomme en une maniéré, & l’autreen un autre; toutefois c’est tout une Subs-tance en leurs paroles. Mais je connus quela fausieté étoit en diversités, Ôc non pointen accoràance; car si c’étoit vérité, ils n’ymettroient qu’une Matière, quelques noms& quelques figures qu’ils baillassent.
Parquoî, Fils, pour toi ai voulu pren-dre peine de faire ce Livre, lequel j’ai