104 L’Azoth ces Philosophes,que tous les Artistes promettent à ceux quîleur ouvrent leur bourse. De grâce, dites-moi ce que vous pensez là-dessus.
Le Vieillard.
Je pense que vous raisonnez en jeuneHomme, ou comme les Fo.ux, qui nedésirent des Richesses que pour satisfaireleur volupté. L’intention des Philosophesest bien différente , & ceux qui courentaprès ces choses corruptibles & périssa-bles , font indignes de ce nom , qui n’ap*partient qu’aux Sages, qui s’adonnent à laconnaissance des Mistéres divins, qui con-sacrent leurs travaux au service de Dieu ,& qui étouffent en eux tout sentiment devaine gloire & d’ambition. Je ne condam-ne pas le désir des Richesses , quand il seborne à ce que Dieu nous en envoye pourles besoins de cette vie ; mais je blâmecette cupidité déréglée, qui porte l’Hom-me à n’en souhaiter que pour satisfaire sonorgueil. Et c’est par cette raison que lesPhilosophes ne parlent que raistérieufe-ment de leur Art, de peur d’encourir ladisgrâce de la Famille de Nembrot ; carsi cet Art n’étoit caché aux Faiseurs detours de passe-passe , il s’ensuivroit de laconnoistance qu’ils en auroient , une con-fusion étrange dans les Ordres de ce basMonde , dont Dieu lui-même a établi les