H. r 8 La Lumierêque Corps, selon son Espèce , contienten soi sa propre Semence , laquelle ne setrouve point dans des choses diverses*Après donc avoir vainement travaillé tan-tôt fur une chose , & tantôt sur une autre ,ils recourent encore une fois aux Livres,où trouvant que les Auteurs condamnenttoutes sortes de Végétaux , d’Animaux,de Minéraux , 6c de Métaux mêmes, parun raffinement ridicule , ils sortent hors dela Nature, Sc portent leur recherche, ouplutôt leur folie , tantôt jusques dans leCiel, & tantôt jufqu’au Centre de la fer-re , essayant par de pénibles travaux, d’ex-traire un Sel vierge de la Terre, ou un Laitvolatil de F Air, de la Rosée , ou de 1»Pluie ; mais lorsqu’ils croient avoir fait unePierre très~fìxe, A le vrai Soufre des Phi-losophes , il fe trouve qu’ils n’ont autre'chose qu’une Pierre aérienne & le Soufredes Sots.
Les erreurs infinies de ceux qui travail-lent , ne viennent que de ce que les Phi-losophes trompent de dessein formé ceuxqui les lisent , s’imaginant que par cemoyen s ils les détourneront du travail j.mais ils fe trompent eux-mêmes ; car cha-cun aime tellement son erreur, qu’il fe re-met à travailler de nouveau avec plus dechaleur Si de confiance qu’il n’a fait. Lacause de tant de malheurs est donc la feule