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troupe d’hommes répandus fur son rivage ; An-chise l’en instruisis , en ces termes : Dès le com-mencement un certain esprit igné sut infusé dansle Ciel, la Terre , la Mer, la Lune & les AstresTitaniens ou terrestres ; cet esprit leur donne lavie , & les entretient j une ame ensuite répan-due par tout le corps, donne le mouvement à
étoient fils de la Terre. Les astres terrestres font lesmétaux , auxquels la Chymie a donné les noms desPlanètes. Virgile ajoûte que ce feu est d’origine céleste,parce que, suivant Hermès (1), le Soleil est son pers,& la Lune sa. mere. Tous les Philosophes hermétiquesJe disent comme lui. On rempliroit un volume de cita-tions à ce sujet; j’en ai même rapporté un assez bonnombre dans le cours de cet Ouvrage. Quand le ma-gistere a donc acquis fa perfection, il est alors ce feuconcentré , cet esprit igné de la nature, qui a la propriétéde corriger les imperfections des corps , de les purifierde ce. qu’ils ont d’impur, de ranimer leur vigueur , &de produire tous les effets que les Philosophes lui attri-buent. C’ect enfin une médecine de l’elprit, puisqu ellerend son possesseur exempt de toutes les passions aava-rice, d ambition, d’envie, de jalousie , & autres , quityrannisent sans cesse le cœur humain. En effet, ayantla source des richesses & de la santé, que peut-on dési-rer davantage dans le monde ? On n’aspireroit gueresaux honneurs , íì la mifere y étoit attachée. On n'envispas le bien & la fortune d’autrui, quand on en a dequoíl'e satisfaire, & en rendre les autres participans; LesPhilosophes ont donc raison de dire que la science her-métique est le partage des hommes prudens , sages,pieux, & craignant Dieu ; que s’ils n’étoient pas telslorsque Dieu a permis qu’ils en eussent la possession, ilsle font devenus dans la fuite.
(!) Table d’ïmeraude.