DE V E D ITE U R. xxiij
peint à la vérité suivant les mêmes principes, maisavec cette différence que l’exactitude avec laquellele Peintre fuit le modèle qu’il a devant les yeux ,Poblige à rendre avec le plus grand foin tout ce qu’ildécouvre dans la nature jufqu’aux moindres choses,parce que c’est souvent de - là que dépend la fideleressemblance. Ayant fini la tête avec une si grandeprécision, il est obligé de terminer le reste à propor-tion , sans cela il ne paroîtroit qu’une ébauche encomparaison de la tête. C’est ce fini Sc cette exécu-tion précise qui est parfaitement bien rendue par lapropreté du Burin ; au lieu que le pinceau libre del’histoire est mieux rendu par la hardiesse 8c la faci-lité de la pointe à Peau forte. On peut en donnerpour exemple les morceaux d’histoire gravés parP. Brevet le fils , qui font admirables pour la finesseSc la beauté du travail, mais beaucoup trop finispour le caractère de l’histoire , ce qui fait dire auxgens de goût que c’est un fort beau travail maistrès-déplacé , Sc qui ne sert qu’à faire paroître lesfigures comme si elles étoient de bronze. On peutvoir auffi la famille de Darius gravée par Edelinckdont la gravure quoique parfaite pour le Burin, estbeaucoup moins convenable dans un pareil mor-ceau , que celle de Gérard Audran. On remarque-ra à cette occasion que plusieurs Graveurs au Bu-rin très-habiles,entr’autres Boljìvert ,ayant à graverdes sujets d’histoire,ont imité autant que le Burin lepeut faire , ce désordre pittoresque Sc ce mélange