82 Maniéré de gravermordre les ombres d’un ton avantageux : ou bienque l’Eau forte les ayant trop creusés , ne vousmette dans la nécessité de salir l’ouvrage pour lesaccompagner Lc les fondre , ou même de les effa-cer peut-être entierement. II vaut mieux être obli-gé de les fortifier au Burin, d’autant plus que quel-que soin que l’on prenne à frapper les choses justeà leur place , il se trouve néanmoins quand l’Eauforte a faite son effet, qu’elles ont besoin d’être rec-tifiées , & qu’elles n’ont presque jamais cette par-faite justesse qu’on croyoit leurs avoir donné : c’eílpourquoi il est à propos que les touches & les con-tours soient mordus de façon qu’on puisse les re-prendre aisément soit en dedans soit en dehors fansrien effacer.
Des différentes Pointes.
Q Uoique l’uíàge le plus ancien & le plus ordi-naire soit de graver à l’Eau forte avec despointes coupantes & qui-ouvrent un peu le cuivre,il y a néanmoins de trè's-habiles Graveurs qui seservent de pointes qui ne coupent pas : cet usageparoît même avoir-un avantage par rapport à l’ef-fet que fait l’Eau forte fur le vernis : car il arrivesouvent quand on trace quelque contour ou que jl’on arrête quelque touche avec une pointe cou-pante , que la justesse avec laquelle on tâche de le 1faire est cause que sans s’en appercevoir on appuyédavantage la pointe , & qu’elie entre plus profon-dément dans le cuivre en ces endroits que partoutailleurs, ce qui fait qu’ils mordent avant le reste,
&, comme on vient de le dire, causent des aigreurs.