ii4 Maniéré de graversein,la beauté du Burinjmais non pas de l’abandon-ner entierement pour celle-ci, & faire son capitalde ces derniers allechemens , qui rendent souventles ouvrages noirs, fades, & fans vie.
Je ne prétens pas pour cela que l’on tombe à fai-re ses ouvrages gris : je souhaite au contraire qu’ilsayent de la force : car la fqrce d’une Estampe neconsiste pas dans la noirceur , mais dans la dimi-nution ou dégradation des clairs aux bruns , quel’on doit faire plus ou moins vifs , selon qu’ils se-ront proches ou éloignés de la vue , & même fil’on examine les ouvrages des grands Maîtres l’ontrouvera qu’ils ne sont pas noirs, à moins qu’ils nele soient devenus par le rems. Ils ont particulière-ment imité la nature qui ne l’est point, principa-lement dans les chairs , à moins qu’ils n’ayent vou-lu représenter quelque sujet de nuit, éclairé d’uflflambeau ou d’une lampe.
Les petits ouvrages demandent d’être gravésplutôt déliés que gros , & ayeç des Burins un peulozanges , mais que la taille n’en soit point aride &maigre, quoique les Figures soient petites. Si l’ou-vrage requeroit d’être extrêmement fini, il ne fautpas pour cela qu’il paroisse fatigué & tué de travail,mais au contraire qu’il soit touché avec art, de for-te qu’on le croye fait promptement & fans peise,quoique travaillé en effet avec beaucoup de foin.