EN TAlUE-DoUCE. I45mesure qu’il les tire. Sçavoir quand il est en R , ilmet fur l’ais T l’estampe qu’il vient de tirer , & demême lorfqu’il est du côté S » il la pose sur la plan-che V. De plus il met fur le haut de la Presse nom-mé chaperon, le papier trempé fur lequel il doitimprimer , ainfi qu’on le voit fur cette plancheen X.
Quand l’Imprimeur a fini son ouvrage , il étendle soir même ou le lendemain matin fur des cordesnettes & bien tendues comme Y, les estampes Zqu’il vient de tirer , les laissant ainsi fur les cordesjusqu’à ce que le noir & le papier soit bien sec. Alors; il les retire des cordes en les remaniant douzaine àdouzaine , pour ôter le pli de la corde , & les ayantI laissés en presse un jour ou deux, il les empilera ,ou emfermera dans un coffre , ayant foin de les te-nir toûjours pressés : cela fait bien revenir & sécherle noir.
Avant de finir cet article j’expliquerai ce qu’onentend par épreuve & contr’épreuve. Epreuve ,s entend de la premiere, seconde, troisième estam-pe , qu’on vient de tirer d’une nouvelle planche, oud’une vieille qu’on remet en train. La contr’épreu-ve se fait de cette façon. On met l’épreuve fraîche-ment faite fur la planche par son envers , on posedessus cette épreuve une feuille de papier blanctrempée à l’ordinaire, ensuite une maculature par-dessus , humectée à l’éponge , puis on renverse leslanges fur le tout, & on tourne la croisée pour fairepasser la planche & l’épreuve entre les rouleaux.Ayant levé cette feuille on trouve que l’épreuve adécalqué dessus une empreinte qui est à rebours del’estampe , & c’est ce qu’on appelle concr’épreuve.On fait cela ordinairement pour mieux voir à cor-tiger Sc retoucher la planche, parce que cette con-