C h a p.V. De l' Acier propre à faire,8tc. zi
morarer , referebat' mihi dominus ille Guïl- n i luy donner le feu Sc la trempe, A dirëlelmus monetario. Romano cufor & signa- le vray , il n est pas meilleur que ce-for , de quo supra , se potissimum e foleis luy q u’o a nous apporté de Dauphinefeu ferramentis equinis jam fere attritis & d’Allestìagne j ce nestquela rnaniere
opera delicatiora efformare. Peculiaris esi de fapréter èc de le tremper * qui luy
insuper Damascenis ferri ér c^aabis indu- - imprimé cette force qui fe fait tancrandt modus , ut ab iisdem didici mer- estimer. Et voicy ce que j’ay apris par
caloribus 5 illos scilicet acinaces suos nullis quelques marchands de Marseille qui
liquoribus immergentes , sed aeri frigidis-, avoient long - tems negotié dú côtésimosolummodo exponentes , indurare. Jgiti de Damas. Ils nle raportoient quen ce
ideo iuxta ustrinas suas profundis mos dif- pais-là , Sc dáns plusieuís autres villes
ponunt aditus reUd ad boream hiantes * du Levant, iis nemployeiit 1 ’acier poui
& sic infundibuli modó dedutfòs ut in ri - én faire des sabres 8c des couteaux*
mam desinant acinacum longitudini óm- qu’aprés eii avoir ferré lés chevaux,
nino conformem ; ad quam eos hiemali po - disant que 'f ongle des animaux á lá
tifjimnm tempore indurant. T'anf etenim vertu de bien rafîner le fer après qu’iís
tunc temporis intensa esi aura ad has font porté long tems; Et même j’apris
rimas frigdnas , ut ad illas ne momen- à st orne par ce signor Guìllelmo dont j’ay
tum quidem manus retineri queat, r tum deja parlé, qu’iì ne fe fervûit qiie des
cand ntes acinaces quamcitiùs tllis admo- vieux fers de chevaux quand ii vtìu-
Ventes , eos inibt donec tandem penitusrefrigescant detinent ■ Hanc autem ferrisic indurandi methodum omnibus aliis an-teponendam ratio ipsa evidenter demon -
loit faire quelque ouvrage fin Sc déli-cat. Póitr lá trempe dé Damas* voicyce que ces mêmes marchands m’étí ontrapporté. Ils m'asturoient que les Turcs
strat 5 chm physicis fatis patcát * ferrum ne trempent point léurs sabres Sc coû-candens non aliter indurari , nisi ejus teaux da iis aucune liqueur 5 mais feù-
partium calore summo raresaftarum , deìn 1 ement à l'aif , SC de cette fflanierep
propter intensum figus liquoris ejus m quo H basti stent j oignáiit leurs forges de ìòfl*
immergitur * ad fe invicem contractione. gués lucarnes directement opposées áií
guatumvis veto frigidus fit ille hquor Mort* ayantl’embouclíttre fort large* SC
cui ferrum immergitur , certissimum esi fe retreffiíïants peu á peti comme uii
candente ferro tandem incalescere ,fìcque entonnoir jusques à tant qu’elles Vien-
intentionem ejus mìnui , ér ad comprinien-. nent à finir par une fente etroitcé *
das ferri partes intrinsecas debiliorem fieri. mais aises longue St large pour y pla-
TJnde fit ut plurima instrumenta quo prius cer un sabre dedans de. toute fa Ion-
bene indurata erant , tandem mollefiant , gueur en travers 5 SC lorsqu’ils Veulent
ér iterum sint induranda , cum sola eorum le tremper , ils attendent particuljiere-
fuperficies extima prima frigoris intensione ment dans le tenls de l’hyvér , Sc qué
induruerit^ Quod instrumentis ad aerisfrigiditatem induratis minimi accidit*Ferrum enim licet candent/jsimum nus-quam aeris frigiditatem poterit superare ,cum novum continuo succedat frigus , quosingula ferri particula » etiam intimiores& usque ad centrum^ comprimantur
le vent de Nort,souste;Car pour lorslevent s’en gouflFrant dans cés longueslucarnes il y devient fi froid au paílagede ces longues fentes , qu’il est impossi-ble d’y tenir la main le moindre espacede tems. Pour lors les ouvriers faisantrougir un sabre à leur forge , Sc à cer-taine couleur de feu, ils le prefenteiicvirement à cette longue fente, & l’y tiennent jusques à ce qu’il soit encieré-ment refroidi, La raison physique monstre astes clairement que cette ma-niéré de tremper l'acier doit être meilleure que celle qui fe fait dans qtlelqucliqueur. Tout le monde fçait que la dureté de l’acier par la trempe né pro-vient que de ce que les particules raréfiées par la chaleur du feu viennent áfe retressir Sc s’unir tout d’un coup par la grande froideur de l’eaiï ou dela liqueur dans laquelle on le trempe, Or pour froide que soit cette eau oucette liqueur , l’acier brûlant f échauffera toujours , 8c par conséquentelle ne pourra plus agir si fortement dans la fuite qUe dans le premier mo-ment de fimmersion de l’acier, Sc c’est la raison , à ce que je pense * que iâplus part des outils font fort bien trempés au commencement , mais ils deiden»
C ij nénfc