PUBLICATION INDUSTRIELLE. 69
dès 1840 des procédés qui présentaient en principe une grande analogieavec ceux de MM. Derosne et Cail. Quoi qu’il en soit, le procédé paraîtrationnel et n’a plus besoin que la sanction d’une pratique éprouvée.
M. Leroux Duffié, qui déjà avait pris un brevet d’invention de dix ans en1833, pour ses Planchers lits de pa ins en usage dans les raffineries et sucreries ,a cru devoir se faire breveter à nouveau, en 1842, pour le même objet. Sonsystème n’estautre que ladisposition que nous avons mentionnée plus haut.Elle est appliquée dans la plupart de nos raffineries et de nos fabriques, etse compose, avons-nous dit, d’un plancher double dont la partie supérieureest percée de trous pour recevoir la pointe des formes ; des lames en zincdoublent le fond intérieur du double plancher, qui est incliné en gouttière ;les sirops sont ainsi dirigés dans des conduits dont certaines portions sontmobiles, afin qu’on puisse les nettoyer et changer la direction de l’écoule-ment vers les réservoirs particuliers à chacun d’eux. Les formes se rangentpar huit de front sur ces doubles planchers ou coffres, qui sont séparés parun chemin occupant la place d’un rang de formes ; celles-ci, rangées surchacun des coffres entre deux chemins, forment un lit dont la longueurvarie suivant les emplacements.
Le clairçage , qui est la dernière opération de la fabrication, a pour butde débarrasser le sucre de la mélasse interposée dans les cristaux, en la dé-plaçant par une solution saturée de sucre cristallisable afin qu’elle n’enpuisse plus dissoudre. Pour opérer le clairçage, on a soin de gratter lasuperficie des pains et de les bien égaliser; on verse alors à la fois 3 kilo-grammes de la clairce sur chaque forme égouttée, contenant en sucre cris-tallisé environ 35 kilogrammes. On renouvelle cette addition trois fois endouze heures d’intervalle, et on laisse égoutter pendant trois ou quatrejours. Au bout de ce temps, le sucre est plus sec, plus beau et moins alté-rable que le sucre brut ordinaire.
M. Trappe, dont le nom a acquis une juste renommée dans l’industriedes sucres, a pris, le 31 mai 1833, un brevet d’invention de dix ans pour lafabrication perfectionnée du sucre et reposant principalement sur le clairçage.Voici de quelle manière l’auteur énumère les avantages de son brevet.
« 1° Clairçage, ou blanchiment et purification des sucres en pain, engrain ou cristallisés, au moyen d’un sirop alcoolique quelconque.
« Ce sirop peut être coloré ou incolore, peut contenir de l’eau ou êtrepresque anhydre; ceci ne fait rien au principe qui est l’emploi simultanéd’un sirop et de l’alcool, autrement dit d’un sirop alcoolique plus ou moinsdéflegmé.
« Jusqu’à ce jour, différents essais de clairçage ont été tentés à diversesreprises ; tous n’ont pas donné des résultats satisfaisants : le clairçageà l’alcool a été abandonné ; le clairçage au sirop pur a été conservé parquelques raffineurs et fabricants de sucre de betterave, mais la combi-naison ou l’emploi simultané de ces deux substances n’a pas été mis en pra-tique.