DRAGUE A VAPEUR
A DEUX CHAINES, MARCHANT PAR COURROIES
ÉTABLIE POUR LE CREUSEMENT DU PORT DU HAVRE,
Par M. M M<l S ,
CONSTRUCTEUR A GRANVILLE, BASSIN VAUBAN.
(PLANCHES 12, 13 ET 14.)
Depuis près de trois siècles on effectue le dragage (t) par des machinesou appareils mis en mouvement de différentes manières, et depuis seule-ment ce dernier siècle on lui a appliqué l’auxiliaire puissant de la vapeur etla ressource de l’eau ou du vent. Mais aussi, à partir de cette application,l’importance de la machine à draguer est devenue telle, que les constructeursles plus renommés de la France, de l’Angleterre, de l’Amérique , etc., yont consacré leurs études et leurs travaux pour en faire définitivement unappareil complet susceptible de se prêter à une foule de travaux différents.
Si l’on remonte à l’origine de la première machine par l’examen desdiverses opinions dues aux ingénieurs français ou étrangers, on rencontreune controverse réellement digne de remarque. En raison de l’obscuritéqui couvre les perfectionnements successifs des appareils qui nous occu-pent, nous essaierons l’analyse générale , en citant les travaux de chacunafin de marquer la trace des différents progrès.
Les procédés pour élever le sable ou la vase par une pelle ou un râteau,ou par un rouleau garni de pointes, ou enfin son déplacement parle moyendes cuillers ou pots, ont naturellement fait imaginer une série de seaux,de râteaux ou de godets, et la difficulté de les mettre en mouvement avecle secours des hommes a suggéré l’emploi du pouvoir animal, et finalementcelui de la machine à vapeur.
La mention la plus éloignée des appareils à draguer se trouve dans un
O) L’opération du dragage ou curage s’entend des travaux effectués dans les ports, les rivières,les bassins, etc., soit pour extraire le sable, soit pour creuser le fond de ces endroits. Le mot dra-gage nous vient de l’anglais drag qui signifie traîner.