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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
les matières colorées qui existent toutes formées dans la canne et dans la bette-rave; il prévient la formation des matières colorées que l’air produit par son contactavec les pulpes ; il empêche également la production de celles qui naissent pendantl’évaporation, et surtout de celles qui exigent pour se former le concours de l’airet d’un alcali libre.
Le pouvoir décolorant du bisulfite de chaux, en ce qui concerne les couleurspropres à la canne ou à la betterave, n’est pas absolu. Il paraît tenir à une combi-naison incolore qui s’opère d’abord entre la couleur propre à ces végétaux et l’acidesulfureux. Cet effet est bien connu des chimistes.
Aussi, quand il y a de la matière verte en quantité appréciable dans les tiges ouracines traitées, voit-on les jus incolores, d’abord, par l’action du bisulfite, se teindrelégèrement par la concentration, pour se décolorer plus tard, quand on arrive àla cuite.
L’effet produit par le bisulfite de chaux, comme agent capable de s’opposer à lacoloration des pulpes, est, au contraire, tellement complet et tellement durablequ’on ne saurait trop méditer sa puissance. J’ai gardé pendant six mois dans desvases mal fermés des pulpes de betteraves qui sont demeurées constamment inco-lores, par l’effet du bisulfite de chaux, tandis qu’on sait qu’elles sont fortementbrunies en quelques minutes par l’effet de l’air, dans les conditions ordinaires.
Je ne crains pas d’affirmer qu’il y a beaucoup de cas où le bisulfite pourrait êtreemployé de la manière la plus efficace pour prévenir la formation des matièrescolorées qu’on a tant de peine plus tard à détruire ou à extraire ; telles sont cellesqui souillent, par exemple, les filaments du chanvre et du lin après le rouissage,l’indigo après sa précipitation, le jus des écorces employées au tannage, les extraitsde certains bois de teinture, etc. Mais tous ces points seront examinés plus tard.
Pour le moment, je me borne à constater que les matières colorées qui se pro-duisent spontanément à froid dans les pulpes exposées à l’air, n’apparaissent jamaisen présence du bisulfite de chaux.
J’ajoute que, par l’évaporation à froid , 1° d’un liquide sucré fait en dissolvantdans l’eau du sucre de canne; 2° du vesou de la canne à sucre; 3° du jus de labetterave, en présence du bisulfite de chaux, il n'y a jamais coloration.
J’ajoute encore que, par l’évaporation à chaud, dans les mêmes circonstances etpour les mêmes produits, la coloration est à peine sensible; bien plus, pour la bet-terave rouge il y a décoloration complète , et le sucre obtenu est blanc.
Je n’ai reconnu de coloration un peu notable que dans des cas tout à fait excep-tionnels, et encore est-il qu’en pareille occasion, il se produit seulement des tracesde matière colorante dont la présence serait de peu de conséquence dans le travaild’une sucrerie.
Ainsi le bisulfite de chaux peut être utilisé dans les opérations qui ont pour objetl’extraction du sucre de la canne ou de la betterave :
1° Comme un corps antiseptique par excellence, prévenant la production et l’ac-tion de tout ferment ;
2° Comme un corps avide d’oxygène, capable d’empêcher les altérations que saprésence fait naître dans les jus ;
3° Comme un corps défécant, qui, à 100 degrés, clarifie les jus et les débarrassede toutes les matières albumineuses ou coagulables (1) ;
(i j Toutefois il reste dans les sucs ainsi défôquès une matière particulière qui se colore sous l'in-fluence des alcalis et de l’air, d'abord en violet et ensuite en brun ; il serait possible qu’elle fût denature azotée.