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Tome septième.
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PUBLICATION INDUSTRIELLE.

les matières colorées qui existent toutes formées dans la canne et dans la bette-rave; il prévient la formation des matières colorées que lair produit par son contactavec les pulpes ; il empêche également la production de celles qui naissent pendantlévaporation, et surtout de celles qui exigent pour se former le concours de lairet dun alcali libre.

Le pouvoir décolorant du bisulfite de chaux, en ce qui concerne les couleurspropres à la canne ou à la betterave, nest pas absolu. Il paraît tenir à une combi-naison incolore qui sopère dabord entre la couleur propre à ces végétaux et lacidesulfureux. Cet effet est bien connu des chimistes.

Aussi, quand il y a de la matière verte en quantité appréciable dans les tiges ouracines traitées, voit-on les jus incolores, dabord, par laction du bisulfite, se teindrelégèrement par la concentration, pour se décolorer plus tard, quand on arrive àla cuite.

Leffet produit par le bisulfite de chaux, comme agent capable de sopposer à lacoloration des pulpes, est, au contraire, tellement complet et tellement durablequon ne saurait trop méditer sa puissance. Jai gardé pendant six mois dans desvases mal fermés des pulpes de betteraves qui sont demeurées constamment inco-lores, par leffet du bisulfite de chaux, tandis quon sait quelles sont fortementbrunies en quelques minutes par leffet de lair, dans les conditions ordinaires.

Je ne crains pas daffirmer quil y a beaucoup de cas le bisulfite pourrait êtreemployé de la manière la plus efficace pour prévenir la formation des matièrescolorées quon a tant de peine plus tard à détruire ou à extraire ; telles sont cellesqui souillent, par exemple, les filaments du chanvre et du lin après le rouissage,lindigo après sa précipitation, le jus des écorces employées au tannage, les extraitsde certains bois de teinture, etc. Mais tous ces points seront examinés plus tard.

Pour le moment, je me borne à constater que les matières colorées qui se pro-duisent spontanément à froid dans les pulpes exposées à lair, napparaissent jamaisen présence du bisulfite de chaux.

Jajoute que, par lévaporation à froid , 1° dun liquide sucré fait en dissolvantdans leau du sucre de canne; 2° du vesou de la canne à sucre; 3° du jus de labetterave, en présence du bisulfite de chaux, il n'y a jamais coloration.

Jajoute encore que, par lévaporation à chaud, dans les mêmes circonstances etpour les mêmes produits, la coloration est à peine sensible; bien plus, pour la bet-terave rouge il y a décoloration complète , et le sucre obtenu est blanc.

Je nai reconnu de coloration un peu notable que dans des cas tout à fait excep-tionnels, et encore est-il quen pareille occasion, il se produit seulement des tracesde matière colorante dont la présence serait de peu de conséquence dans le travaildune sucrerie.

Ainsi le bisulfite de chaux peut être utilisé dans les opérations qui ont pour objetlextraction du sucre de la canne ou de la betterave :

1° Comme un corps antiseptique par excellence, prévenant la production et lac-tion de tout ferment ;

2° Comme un corps avide doxygène, capable dempêcher les altérations que saprésence fait naître dans les jus ;

3° Comme un corps défécant, qui, à 100 degrés, clarifie les jus et les débarrassede toutes les matières albumineuses ou coagulables (1) ;

(i j Toutefois il reste dans les sucs ainsi défôquès une matière particulière qui se colore sous l'in-fluence des alcalis et de lair, d'abord en violet et ensuite en brun ; il serait possible quelle fût denature azotée.