PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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ordinaire. L’auteur a eu à ce sujet une idée fort ingénieuse qui méritebien d’étre citée; elle consiste à introduire par le goulot une poche enétoffe que l’on remplit de fine grenaille de fer, en quantité suffisante pourlaisser au vase la contenance voulue. On ferme alors l’entrée hermétique-ment au moyen d’un bouchon à vis, puis on enlève sur les bords extérieurstout le cuir qui dépasse la surface, et enfin on passe la gourde ou le bidonainsi garni et découpé, entre des matrices, de la forme fixée, afin de lessoumettre à l’action d’une presse hydraulique, d’un balancier ou de toutautre appareil. Mais avant cette dernière opération, il est bon , afin derendre l’objet ferme et imperméable, de le plonger dans un bain de cireblanche ou de toute autre substance grasse, et de chauffer les matriceset les grenailles à une température convenable, puis de presser immédia-tement, comme nous venons de le dire.
On comprend, sans doute, qu’avec de l’habitude et par la division dutravail, on arrive aisément, en fabrication , à produire rapidement, avecrégularité et économie.
Fabrication des tuyaux. — Des machines spéciales, établies sur leprincipe de celle que nous venons de décrire, mais alors sans variation dansla course du couteau, pendant le travail, sont destinées à faire des tuyauxen cuir, d’une seule pièce, sans couture, forés de la même manière, surdes longueurs de 1 mètre à l m 30. Ces tuyaux sont raccordés par des virolesou douilles en métal semblables à celle représentée fig. 5, et au moyen du-quel la jointure se fait aisément : les deux extrémités des tuyaux à assem-bler viennent se rejoindre bout à bout dans le milieu du manchon, où onles relie d’abord par une forte couture, que l’on recouvre d’une lanière depeau, afin de renforcer le bourrelet et de le rendre assez élevé pour pro-téger le fil avec lequel on entoure ensuite fortement des deux côtés l’ex-trémité des deux tuyaux, depuis l’entaille de la douille jusqu’à la couture.Suivant les fabricants, ce mode de jointure a l’avantage d’occuper peud’étendue et d’être à la fois très-solide et imperméable.
Pour calibrer ces tuyaux de cuir forés, on se sert d’un mandrin cylin-drique en trois parties longitudinales, dont celle du milieu forme coin etpermet, en la frappant, de grossir à volonté le tuyau dans de certaineslimites sans déchirer le cuir. On arrondit les côtés du tuyau au moyend’un rabot à fer concave, qu’on passe sur elles, lorsqu’il est monté sur sonmandrin.
Quand le tuyau est destiné à éprouver des pressions assez élevées, onresserre les pores du cuir en y faisant pénétrer un mélange de suif et depoix fondue, chauffé préalablement; on peut aussi employer de la cire, etdans certains cas, un enduit de caoutchouc.
Cylindres de filature. — L’application de ces cuirs forés sans coulureaux cylindres de filature (fig. 4) ou aux rouleaux employés dans les pressestypographiques et lithographiques, étant susceptible de prendre de l’ex-tension, MM. Ruchet et comp. ont dû naturellement s’en occuper sérieu-