PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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En 1847, il a employé jusqu’à deux cents ouvriers, et il faisait, en moyenne,pour près de 300 mille francs de travaux par année en chaudronnerie de touteespèce. Il a fait encore en tôlerie plusieurs grues de grande puissance, des plaquestournantes de grand diamètre, des poutrelles pour ponts suspendus et divers tra-vaux de cette nature.
Depuis plusieurs années, M. Lemaître s’était appliqué à substituer, dans certaineslimites, la tôle au fer forgé et à la fonte. Dans ce but, il a fait plusieurs expé-riences sur la résistance de torsion et celle de flexion des pièces cylindriques entôle, et qui l’ont mis à même de travailler plus hardiment qu’il n’aurait pu le faireautrefois ; il a construit, il y a cinq ans, un arbre en tôle de 13 m. 50 c. de longueur,et 0 m. 55 c de diamètre, pour un appareil à vapeur de 250 cheveaux. Il était per-suadé qu’on peut exécuter par la chaudronnerie une foule de travaux à un prixinfiniment moins élevé qu’avec d’autres matières, et d’une solidité qui ne laisserien à désirer, notamment les pièces d’une grande portée, telles que ponts, arbres,poutres, grues, colonnes, machines à mater, écluses, etc.
Les résultats qu’il a obtenus , les expériences auxquelles il s’est livré nelaissent aucun doute sur la possibilité d’arriver en suivant cette voie, à des applica-tions utiles et inespérées. Ses innovations ont été accueillies très-favorablementparla Société d’Encouragement, qui lui a décerné une médaille d’or.
On a remarqué à son exposition de 1849: 1° un pont en tôle , qu’il a éprouvéà 45,000 kil., charge plus que double d’une locomotive, si l’on compare la longueurde ces machines à celle sur laquelle étaient répartis les poids qui ont servi à l’é-preuve : ce genre de pont, nouveau en France , est d’un prix de plus de 30 p. 100moins élevé que ceux en fonte, tout en présentant plus de sécurité ; 2° une grue entôle capable de soulever 22,000 kil., et cotée seulement 400 fr. la tonne, du poidsqu’elle soulève, soit 20 p. 100 moins élevé que le prix des grues en fonte; 3° l’ap-pareil dit Carillon d’alarme , que nous venons de décrire ; 4" des viroles pourtubes de chaudières, viroles différentes de toutes celles fabriquées jusqu’à présent,en ce qu’elles ne sont ni forgées ni tournées, mais toutes exécutées mécaniquementpar des procédés très-simples, que nous ferons connaître prochainement avecdétails ; 5° un sifflet d’alarme à sons variables, dont le principe est basé sur celuide la flûte, et qui, en laissant passer à l’intérieur du cylindre une certaine quantitéde vapeur, réglée par un clapet placé au-dessus et que l’on ouvre plus ou moinspour varier les sons.
M. Lemaitre, par ses divers travaux, s’est justement acquis une belle réputationnon-seulement en France , mais à l’étranger. Il est douloureux de voir de telshommes mourir si tôt, au moment de recueillir la récompense de leur génie et deleur persévérance.