PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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La surface de chauffe de ces machines est telle, qu’il est démontré par l’expé-rience qu’on n’a jamais besoin d’employer l’échappement. On obtient, sans sonconcours, le maximum de vapeur nécessaire. On comprend l’avantage de cettecondition qui rend la contre-pression sur les pistons aussi faible que possible.
Voici, du reste, les résultats recueillis sur les machines en marche sur le chemindu Nord, rapprochés de ceux des autres machines du même chemin.
La machine Crampton traînant 8 à 10 voitures, à la vitesse de 80 à 90 kilomètresà l’heure, brûle 7 kilogrammes de coke par kilomètre parcouru.
Les autres machines, en moyenne, pour une même charge, mais avec une vitessede 55 à 60 kilomètres, brûlent 8 kilogrammes de coke.
Nous n'ajouterons pas à ces avantages celui qui résulte, dans ces machines, del’emploi de roues entièrement en fer forgé, roues qui sont à la fois plus solides etplus légères, ces roues pouvant être appliquées indistinctement à tout système demachines. Cependant, nous croyons qu’il n’est pas hors de propos de parler desavantages qu’elles présentent sur les autres.
Les roues Stephenson sont aujourd’hui en partie abandonnées à cause de deuxinconvénients qu’elles présentent. Par suite de la déformation des rayons com-posés de fers à T, le bandage se lâche vers la moitié de son usure; en outre, lesbras s’ébranlent dans le moyeu en fonte, au bout d’un certain temps de service , etdans cet état, ces roues ne sont plus bonnes qu’à être brisées.
Les roues à jantes et bras forgés, avec moyeu en fonte, ont le second des incon-vénients signalés, mais sont exemptes du premier.
Les roues entièrement en fer forgé n’ont aucune de ces imperfections ; elles sontinaltérables et possèdent, en outre, l’avantage d’être plus légères. On peut, en lesemployant, arriver sans inconvénient à des diamètres dépassant 2 mètres.
Une de ces roues, qui figurait brute de forge à la dernière Exposition, a donnélieu à tant de discussions sur le mode de soudage employé pour sa fabrication,que nous croyons intéresser nos lecteurs en entrant à ce sujet dans quelquesdétails.
On forge d’abord séparément chacun des rayons avec la portion de moyeu et dejante qui lui correspond, en préparant les amorces de la jante. Les rayons ainsiapprêtés sont assemblés dans un cercle résistant et placés dans une forge circulairespécialement disposée pour cet usage. On chauffe le moyeu à la température néces-saire pour souder, puis on étend le feu jusqu’aux rayons, et la dilatation de cesrayons ne pouvant se faire à l’extérieur, puisqu’ils sont retenus par le cercle quiles assemble, les force à se souder au centre en s’allongeant vers cette partie.
Aussitôt que cette soudure est opérée, on retire la roue du feu, et l’on soude àplat une rondelle, de chaque côté du moyeu. Le centre terminé, on soude la janteavec des coins, à la manière ordinaire.
Lorsqu’il s’agit de roues motrices à moyeu-manivelle, on forge la manivelle avecles rayons et les portions déjantés qui lui correspondent, et on l’assemble dans lecercle comme si c’était un seul rayon. — Tout le reste du travail se fait comme nousl’avons décrit plus haut.
Il est nécessaire, lorsque la roue est finie, de la recuire en la chauffant d’unemanière égale et en la faisant refroidir lentement, afin de détruire toutes les tensionsrésultant des chauffages partiels successifs. »