Band 
Tome septième.
Seite
310
JPEG-Download
 

310

PUBLICATION INDUSTRIELLE.

tant comprime le fil de trame, et, quoi qu’on fasse, il laisse toujours céderla friction d’une certaine quantité x.

Il advient donc qu’au premier coup de battant, la quantité de chaînedéroulée est égale à l/25 e + x\ au second coup, à 1 /25 e + 2x\ au troi-sième coup, à 1/-25 6 -1- 3x, etc. Il résulte donc de là que la toile netarde pas à se détendre, et que la régularité est rompue.

Le procédé de M. Victor Laurent est le suivant : il supprime la frictionde l’ensouple de chaîne, et adapte, au premier métier venu, un petit appa-reil qui n’est autre chose qu’un mouvement différentiel permettant à l’en-souple de chaîne de dérouler une quantité constante, quel que soit sondécroissement de diamètre ou son excentricité.

Pour atteindre ce but, il applique un engrenage à l’extrémité de cetteensouple, et l’engrenage est commandé par une vis sans fin, laquelle estmise en mouvement par un rochet d’un nombre de dents indéfini. L’ampli-tude du mouvement, réglée une fois pour toutes au commencement de lachaîne, doit croître dans un rapport exact avec le décroissement du dia-mètre de l’ensouplc, et cela, quelles que soient la grosseur du fil de lachaîne, et l’énergie avec laquelle elle est enroulée. Pour résoudre ce pro-blème, il faut repasser un levier sur l’ensouple de chaîne au point mômeoù le déroulement s’opère.

Ce levier s’abaisse selon que le diamètre diminue, et il entraîne avec luiune courbe hyperbolique qui règle d’une manière parfaitement exactel’amplitude du mouvement du rochet. C’est l’emploi de cette courbe liéeà ce levier reposant sur l’ensouple, qui constitue le caractère distinctif deson invention. Peut-être, quoi qu’on fasse, on n’atteindra jamais à unrésultat complet, si on reste en dehors de ce principe, avec la conditionexpresse d’avoir un régulateur donnant régulièrement les toiles les plusfortes comme les plus légères , et en quelque sorte sans surveillance.

Voici pourquoi. Il est évident que pour dérouler une quantité déchaînéconstante, quoique le diamètre du cylindre décroisse ou augmente, on nepeut songer à employer que deux moyens: le mouvement uniforme, c’est-à-dire le laminoir, et le mouvement différentiel.

On a essayé également d’adapter le laminoir devant l’ensouple de chaîne.Chaque cylindre consiste en un arbre en fonte revêtu de bois et recouvertde drap. La chaîne est étreinte sur toute sa largeur par ces laminoirsénergiquement serrés. Les inconvénients sont : 1° prix de revient très-élevé ; 2° usure rapide du drap ; 3° glissement pour toiles fortes ; 4° grandedifficulté de rattacher les fils de chaîne rompus.

Il ne reste donc plus que le mouvement différentiel appliqué à l’cn-souple de chaîne. Quant à lui, il est évident qu’on ne peut pas dire àpriori: le noyau de l'ensouple ayant tel diamètre, l’épaisseur de la chaîneétant comme le rayon de cette ensouple décroîtra à chaque révolutiond’une quantité donnée. On ne peut pas le dire, parce que la chaîne estplus ou moins longue, plus ou moins grosse, plus ou moins serrée,