PUBLICATION INDUSTRIELLE.
316
M. Morin, en calculant cette table, a cherché à se rapprocher le pluspossible des données pratiques adoptées pour les machines de Watt, enfixant la course et la vitesse du grand piston comme celles des cylindresà basse pression ; c’est-à-dire plus faibles et inférieures à 1 mètre pour lespetites forces, mais plus grandes pour les fortes puissances. Nous feronsvoir plus loin, que dans certains cas, les constructeurs s’éloignent assezsensiblement de ces données par motif d’économie ou par toute autrecause.
C’est surtout dans les machines à deux cylindres qu’il est convenable demarcher avec une grande expansion, parce que l’irrégularité du mouve-ment est toujours beaucoup moins considérable que dans celles à un seulcylindre. Ainsi, pour arriver à une économie notable de combustible,M. Farcot, M. E. Bourdon, et plusieurs autres constructeurs, ont exécutédes appareils dans lesquels le volume de la détente est 10 à 12 fois celui dela pression pleine. Observons toutefois que ce n’est pas ordinairement àdes détentes aussi élevées, que l’on règle les dimensions des machines pourla puissance nominale à laquelle elles sont vendues, parce qu’on seraitamené à des proportions qui les rendraient d’un prix trop élevé.
Nous avons donné, au commencement du II e volume, une table très-in-téressante faisant voir là quantité de travail produite par la vapeur à dif-férentes pressions et à différentes détentes; comme cette table est extrême-ment commode pour le calcul de toutes les machines à expansion en gé-néral, nous croyons devoir la reproduire, mais sur une plus grandeétendue et en poussant le degré de détente jusqu’à 50 et même 100 foisle volume primitif, afin de permettre de calculer avec la même facilité lesdimensions des machines à grande comme à petite détente.
A l’aide de cette table (voir page suivante) il devient facile, nous le ré-pétons, de calculer la force d’une machine à deux cylindres. La règle àsuivre à ce sujet est exactement celle que nous avons exposée dans le II 0volume, au sujet des machines à détente.
Cette règle consiste à multiplier la surface du petit piston, par la partiede sa course , pendant laquelle il marche à pleine pression, ce qui donne levolume de vapeur dépensée à chaque course ; à multiplier ensuite ce volumepar la quantité de travail correspondant, dans le tableau, au degré de pres-sion de la vapeur et au degré de détente donné, puis à déduire de ce produitle travail résultant de la pression opposée au mouvement du piston,pendant lacourse entière, on a alors la quantité de travail théorique produit pendanttoute la course.
Pour les personnes qui ne sont pas abonnéesàce Recueil depuis l’origine,et qui ne seraient pas bien au courant sur le mode d’effectuer le calcul,nous faisons suivre la table de nouveaux exemples qui, nous l’espérons,seront bien compris.