PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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donc à bon droit que l’inventeur soit resté dans l’oubli et que les annalesindustrielles n’aicnt pas seulement enregistré son nom.
Nous laisserons à ce sujet parler M. Alcan, qui a publié en 1847 unouvrage intéressant sur les matières textiles. « Nous avons peine à nousfigurer que ce vêtement ( les bas) , si nécessaire aujourd’hui, fut longtempsignoré, et ne fut pendant les premiers siècles de son emploi, considéréque comme vêtement de luxe. Le prix en était tel, qu’il fallait appartenirà la classe privilégiée de la société pour s’en permettre l’usage. Malgré lesservices signalés rendus par le métier à tricoter, et quoique son originene remonte pas au delà du siècle de Louis XIV , le nom de son inventeurn’a pu parvenir jusqu’à nous : les uns attribuent le mérite de la décou-verte à un Anglais, les autres à un Français (1). »
Une lettre insérée dans le Journal économique de l’année 1767, s’ex-plique de la manière suivante :
« Comme vous m’avez demandé que je vous misse par écrit ce que je« sais touchant les bas au métier, voici ce dont je me ressouviens : M. Fran-ce çois, qui a gagné la maîtrise d’apothicaire à l’Hôtel-Dieu de Paris , au« commencement de ce siècle, m’a dit avoir connu l’inventeur du métier« à faire les bas. C’était un compagnon serrurier de la Basse Normandie ,« qui remit à M. Colbert une paire de bas de soie pour la présenter au roi.« Les marchands bonnetiers, alarmés de cette découverte, gagnèrent un« valet de chambre du roi, qui donna plusieurs coups de ciseaux dans les« mailles, de sorte que le roi chaussant ces bas, les mailles coupées firent« autant de trous, ce qui fit rejeter l’invention. Cet homme donna son mé-« tier aux Anglais , qui en ont fait usage et s’en disent les inventeurs. Ce« ne fut que par quantité de stratagèmes, et en exposant la vie de plu-« sieurs habiles gens, qu’on put, depuis, avoir les dimensions des pièces« qui composaient ce métier, pour profiter en France du gain qu’il rap-« portait aux Anglais .
1 « L’inventeur est mort à l’Hôtel-Dieu, dans un âge avancé. Ceci étant« arrivé au commencement de ce siècle, il est à croire que plusieurs per-« sonnes, et même des savants, l’auront su ; on pourrait donc avoir sur ce« fait de plus grands éclaircissements. »
Il est pénible de voir comme l’histoire de la plupart des grands inven-teurs de tous les temps se ressemble.
Le tricot, comme on sait, est un tissu composé d’une série de maillespassées les unes dans les autres de manière à se maintenir réciproquementdans cet état.
La formation de ces mailles et leur disposition s’opèrent, en principe, dela manière suivante : On étend un fil continu sur des aiguilles à crochetsanalogues à celles représentées en élévation et en plan, fig. 1 et 2, pl. 32,c’est-à-dire s’implantant par leur extrémité a dans du plomb ou entre des
(i) Quelques personnes affirment que l’invention première est due à un moine.