PUBLICATION INDUSTRIELLE.
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barrettes percées et recourbées à l’autre extrémité en forme de crochetflexible b ; une cavité c, appelée chasse, sert à recevoir dans de certains mo-ments la pointe de ce crochet. Les platines qui correspondent aux inter-valles des aiguilles y forment les plis ou ondulations par leur mouvement;ces plis s’introduisent en môme temps sous le bec des aiguilles à crochets(voir les fig. 3 à 8 qui représentent le travail successif du tricot et l’aspectgénéral des mailles) (1). Ce bec étant comprimé par la presse (2) et entrantdans la chasse de l’aiguille, les mailles qui ont précédé celles dont nousvenons de parler, et qui étaient en retraite ne trouvent plus d’obstacles pour-être dégagées des aiguilles qui, dans cet état, ne peuvent plus faire pourelles les fonctions d’aiguilles à crochets; elles passent donc par dessus lesdernières mailles qui sont restées sous les becs et se trouvent à leur tourpassées dans les premières pour former enfin des mailles. Celles-ci sontmises en retraite comme les précédentes, en attendant de nouvellesmailles et ainsi de suite.
Ceci entendu pour la formation des mailles, arrivons aux moyens mé-caniques successifs qui ont été imaginés pour établir les métiers circu-laires, et qui servent pour ainsi dire d’éléments à ces derniers.
Dès le 24 février 1796, M. Decroix proposait de fabriquer des bas coupésà la pièce, de la même manière que se confectionnent les habits. Il prenait,à cet effet, un brevet de cinq ans, prétendant que sa méthode était nou-velle et économique (3). C’est par ce procédé que se débitent mainteuantles pièces continues obtenues au métier circulaire.
On remarquait à l’Exposition des produits de l’industrie en 1803, unmétier à bas qui fonctionnait à l’aide d’une manivelle, et qui exécutait,dit un rapport de la Société d’encouragement publié à cette époque (4),toutes ses fonctions avec la plus grande exactitude. L’inventeur du métier,M. Aubert, de Lyon , reçut la médaille d’or.
Cette simplification d’une machine aussi compliquée que le métier à baspeut être regardée, à juste titre, comme le germe de l’idée qui, plus tard,fit créer les métiers circulaires. En 1809, M. Aubert perfectionnait encoreson métier et parvenait à y fabriquer, par jour, dix mètres d’étoffe tri-cotée continue.
A la même exposition, M. Jeandeau fut aussi très-honorablement citépour la simplicité de ses métiers et la facilité de leur manœuvre.
Dans ces derniers les platines étaient remplacées par des roulettes den-tées, se mouvant dans une ligne parallèle aux aiguilles; les dents de cesroulettes formaient les plis et les faisaient passer en même temps sous lesbecs des aiguilles.
(1) Ces figures appartiennent à la description du métier Berthelol, mais comme elles représen-tent un tissu qui n’a jamais changé, quels que soient les moyens mécaniques employés, nous lesindiquons pour établir clairement sur quelles données nous raisonnons.
( 2 ) Organe spécial aux métiers et dont le nom indique bien la fonction.
(3) Brevets expirés, t. ï, p. 358.
(4) Bulletin de la Société d’encouragement, ire année, p. 33 .