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Tome huitième.
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116 PUBLICATION INDUSTRIELLE.

tension du ressort. Ainsi, chaque fois que lon établira et que lon inter-rompra le courant, la pièce de fer sera portée en avant, puis repousséeen arrière ; par la seule action de la pile on pourra exercer de Paris àRouen une action mécanique qui donnera naissance à un mouvement deva-et-vient.

« Laimantation temporaire du fer par linfluence dun courant électriquedonne donc le moyen dexercer à travers lespace un effet dattraction etde répulsion; la pile voltaïque permet, à travers toutes les distances, demettre un levier en mouvement. Tel est le principe fondamental de la télé-graphie électrique. En effet, ce mouvement de va-et-vient une fois pro-duit, la mécanique nous offre vingt moyens différents den tirer partipour lappliquer au jeu des télégraphes. »

Le professeur américain Morse , dont les travaux ont fait sensation etqui a réalisé pratiquement le premier lapplication de lélectricité à laconstruction dun télégraphe, fait remonter son invention à 1832, et enfournit quelques preuves dans louvrage de M. A. Vail (1). Néanmoinsson brevet en France ne date que du 30 octobre 1838, quelques moisaprès celui de M. Irving, qui, nayant été pris que pour dix ans, le30 mai, est depuis quelques années dans le domaine public.

Voici en quoi consiste lappareil de M. Morse :

« Le télégraphe américain nemploie quun seul circuit; à lextrémitédu circuit, les nouvelles doivent être reçues, est un appareil nomméregister ou rapporteur. Il consiste en un électro-aimant dont le fil enve-loppé forme le prolongement du fil de circuit.

« Larmature de cet aimant est attachée au bout dun petit levier qui,par lextrémité opposée, porte une plume. Sous cette plume est un rubande papier qui marche à volonté à laide dun certain nombre de rouages.A lautre extrémité du circuit, cest-à-dire à la station d les nouvellesdoivent partir, existe un appareil nommé portrule ou porte-composteur.Il consiste en une batterie ou générateur de galvanisme, aux deux pôlesde laquelle finit le circuit ; près de la batterie (lauteur a voulu dire la pile)une portion de ce circuit est brisée ; les deux extrémités disjointes sontintroduites dans deux coupes de mercure contiguës.

« A laide dun fil en fourche attaché à lextrémité dun petit levier, lesdeux coupes peuvent à volonté être mises en connexion entre elles oulaissées isolées. Ainsi le circuit est fermé ou rompu quand on le veut. Lejeu du mécanisme est le suivant :

« Quand le circuit est fermé, laimant est chargé, il attire larmature,et le mouvement de celle-ci fait que la plume touche le papier. Lorsque lecircuit est fermé et ouvert rapidement, il se produit sur le papier mobilede simples points; si, au contraire, il reste fermé pendant un certaintemps, la plume marque une ligne dautant plus longue que la fermeture

(I) Le Télégraphe électro-magnétique américain , page 189 et suivantes.