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tension du ressort. Ainsi, chaque fois que l’on établira et que l’on inter-rompra le courant, la pièce de fer sera portée en avant, puis repousséeen arrière ; par la seule action de la pile on pourra exercer de Paris àRouen une action mécanique qui donnera naissance à un mouvement deva-et-vient.
« L’aimantation temporaire du fer par l’influence d’un courant électriquedonne donc le moyen d’exercer à travers l’espace un effet d’attraction etde répulsion; la pile voltaïque permet, à travers toutes les distances, demettre un levier en mouvement. Tel est le principe fondamental de la télé-graphie électrique. En effet, ce mouvement de va-et-vient une fois pro-duit, la mécanique nous offre vingt moyens différents d’en tirer partipour l’appliquer au jeu des télégraphes. »
Le professeur américain Morse , dont les travaux ont fait sensation etqui a réalisé pratiquement le premier l’application de l’électricité à laconstruction d’un télégraphe, fait remonter son invention à 1832, et enfournit quelques preuves dans l’ouvrage de M. A. Vail (1). Néanmoinsson brevet en France ne date que du 30 octobre 1838, quelques moisaprès celui de M. Irving, qui, n’ayant été pris que pour dix ans, le30 mai, est depuis quelques années dans le domaine public.
Voici en quoi consiste l’appareil de M. Morse :
« Le télégraphe américain n’emploie qu’un seul circuit; à l’extrémitédu circuit, où les nouvelles doivent être reçues, est un appareil nomméregister ou rapporteur. Il consiste en un électro-aimant dont le fil enve-loppé forme le prolongement du fil de circuit.
« L’armature de cet aimant est attachée au bout d’un petit levier qui,par l’extrémité opposée, porte une plume. Sous cette plume est un rubande papier qui marche à volonté à l’aide d’un certain nombre de rouages.A l’autre extrémité du circuit, c’est-à-dire à la station d’où les nouvellesdoivent partir, existe un appareil nommé portrule ou porte-composteur.Il consiste en une batterie ou générateur de galvanisme, aux deux pôlesde laquelle finit le circuit ; près de la batterie (l’auteur a voulu dire la pile)une portion de ce circuit est brisée ; les deux extrémités disjointes sontintroduites dans deux coupes de mercure contiguës.
« A l’aide d’un fil en fourche attaché à l’extrémité d’un petit levier, lesdeux coupes peuvent à volonté être mises en connexion entre elles oulaissées isolées. Ainsi le circuit est fermé ou rompu quand on le veut. Lejeu du mécanisme est le suivant :
« Quand le circuit est fermé, l’aimant est chargé, il attire l’armature,et le mouvement de celle-ci fait que la plume touche le papier. Lorsque lecircuit est fermé et ouvert rapidement, il se produit sur le papier mobilede simples points; si, au contraire, il reste fermé pendant un certaintemps, la plume marque une ligne d’autant plus longue que la fermeture
(I) Le Télégraphe électro-magnétique américain , page 189 et suivantes.