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PUBLICATION INDUSTRIELLE.
NOTICES INDUSTRIELLES.
MACHINE A VAPEUR HORIZONTALE , PAR MM, THOMAS ET LAURENS.
On sait que depuis longtemps ces habiles ingénieurs se sont attachés à faire desmachines simples et économiques pour les établissements industriels. On a pu voirde leurs moteurs à vapeur actionnant directement les cylindres de laminoirs, afin desupprimer les transmissions de mouvement. Ils ont également fait des applicationsanalogues pour faire mouvoir les cylindres des piles à papier, qui, comme on sait,exigent presque toujours des engrenages de grande dimension, d’un poids très-lourd,et susceptibles de se rompre.
Ils viennent encore d’établir, pour l’huilerie de M. Darblay, à Corbeil, une machinohorizontale à condensation et à détente variable, avec laquelle on a obtenu, sous lerapport de l’économie de combustible, des résultats très-remarquables.
Cette machine a été construite sous leur direction, dans les ateliers de M. Farcot, àSaint-Ouen ; elle est à un seul cylindre de 0 m 56de diamètre placé horizontalement,ainsi que la pompe à air qui est à double effet, le tout reposant sur un bâtis de fontequi lui donne une grande solidité.
La première expérience, faite le 2 mai dernier, avec du charbon tout venant deCharleroy , a donné au frein une force de 3b chevaux, à la pression de 4 3/4 à 5atmosphères; la vapeur introduite dans le cylindre pendant le 1/17' de la course dupiston seulement, la consommation n’a pas dépassé 1 kil. 43 de houille par heure etpar cheval.
Au second essai, effectué avec le frein chargé à SO chevaux, la consommation n’aété que de 1 kil. 36 par cheval; la pression de la vapeur était la même, mais l’intro-duction avait lieu pendant le 1/13' de la course, au lieu de 4/ 17 e .
Pendant ces expériences, les portes de la chambre du moteur et de la chaudièreétaient ouvertes pour le service du frein, il faisait froid ; de plus, le générateur devantaussi produire de la vapeur pour d’autres usages, sa grille est nécessairement plusgrande qu’elle ne l’eût été si elle n’eût dû servir qu’à l’alimentation de la machine.Ces deux circonstances font penser que la consommation eût été encore moindre.
Dans une troisième expérience faite avec M. Darblay fils, la détente et la pressionde la vapeur étant réglées et maintenues au point où elles se trouvent journellementpar le travail de l’huilerie, le frein accusant 60 chevaux, la dépense ne fut pas deplus de 1 kil. 25 par force de cheval et par heure.
Ainsi, on voit que les résultats obtenus avec une telle machine à un seul cylindre àgrande détente, ont été aussi favorables qu’avec les meilleures machines à deuxcylindres, telles que celles de M. Farcot et de MM. Legavrian et Farinaux, qui ontconsommé, comme on se rappelle (voir le vn e vol. de ce Recueil), en moyenne 1 kil. 32et 1 kil. 26 par heure et par cheval.