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MACHINE A IMPRIME» LES ÉTOFFES.
autant de compartiments que l’on veut imprimer de nuances ou de couleurs, et lesrouleaux par des rouleaux écliancrés sur toute leur longueur aux points correspon-dants aux cloisons. Ces rouleaux prennent les couleurs dans la caisse à comparti-ments, pour la transmettre aux fournisseurs, auxquels on a eu soin de donner un.léger mouvement de va-et-vient, afin de confondre les couleurs séparées et de fairedisparaître ainsi les solutions de continuité ; ces fournisseurs les portent aussitôt surle châssis, où elles sont immédiatement enlevées par les planches, les brosses étantsupprimées.
Au lieu de cylindres échancrés d’une seule pièce, M. J. Schlumberger jeune em-ploie avec succès des disques mobiles et forés, fixés par un écrou à un arbre en ferqui leur sert d’axe. L’ordre et les dimensions de ces disques sont déterminés par lenombre et la quantité des couleurs que l’on désire appliquer sur un point donné dela surface de l’étoffe. Cette modification a cela d’avantageux que, moyennant un assor-timent de disques, on peut composer un cylindre échancré de la forme que l’ondésire, et le défaire pour en construire un autre.
Bientôt après la maison Blech-Steinbach, MM. Dolfus-Mieg ont imprimé des fondusdans le sens delà largeur de l'étoffe. Pour obtenir ce résultat, ils ont eu à surmonterune difficulté beaucoup plus grande, puisque les brosses ne peuvent plus être em-ployées. Il leur a donc fallu, ou déposer les couleurs fondues sur les châssis par lesmoyens ordinaires, et les étendre à la main avec une brosse, mais dans un sens con-traire à celui dans lequel agissent les brosses, ou déposer et étendre ces couleursd’un seul coup, soit par un rouleau échancré, soit à l’aide de petits réservoirs à com-partiments et à becs, avec lesquels on peut toujours étendre à volonté et dans tousles sens les couleurs sur le châssis.
MACHINES A IMPRIMER EN RELIEF D’UNE MANIÈRE CONTINUE.
Ces machines, appelées plombines , paraissent avoir été inventées en France . Unnommé Ébinger, de Saint-Denis , près Paris , se fit délivrer un brevet d’invention,sous la date du 16 juillet 1800, pour imprimer d’une manière continue avec descylindres gravés en relief. Il se proposait sans doute d’imiter les fabricants anglais qui, depuis plusieurs années déjà, imprimaient mécaniquement d’une manière con-tinue, mais dont les procédés étaient inconnus chez nous. En 1805, James Burton ,ingénieur dans la maison Peel, à Church, appliqua également le rouleau en relief àl’impression des tissus, mais dans le but de le faire concourir à l’impression de plu-sieurs couleurs avec les rouleaux gravés en creux qu’on n’avait pas encore l’habituded’employer avec succès pour les impressions à plusieurs couleurs.
Cette machine, qui aurait pu, dans certains cas du moins, remplacer l’impressionà la main, fut bientôt généralement abandonnée dans tous les établissements deFrance où l’on en avait fait l’essai. Plus d’une cause amena ce résultat : ces rou-leaux en bois, cylindriques, quelque droits qu’ils fussent dans le principe, se défor-maient toujours tôt ou tard, plus ou moins, par l’action qu’exerçait sur eux la couleurhumide dont ils étaient recouverts; ensuite, les frais de gravure qu’ils exigeaientaugmentant avec la délicatesse des dessins que l’on voulait obtenir, on ne s’en ser-vait que pour des impressions grossières; enfin, comme on ne s’était pas rendu uncompte exact des conditions dans lesquelles le rouleau devait se charger de couleur,les impressions étaient souvent défectueuses.
Ces inconvénients ont été, en partie, surmontés en Angleterre, où cette machine