Band 
Tome huitième.
JPEG-Download
 

FORGES, SOUFFLERIES. 255

des prévisions que pourraient faire naître les imperfections inhérentes à la machineemployée, et le défaut dentretien.

La règle que nous venons dexposer fut déduite de la théorie des hauts-fourneaux,qui assigne à loxyde de carbone un rôle essentiel et capital dans les réactions pro-duites. Cette ingénieuse théorie est restée jusquà ce moment ce que son savant auteur,M. Leplav, lavait faite dès sa mise au jour : les travaux analytiques publiés depuisquelques années ne lui ont encore apporté ni modification, ni complément sur laquestion de la carburation.

Cette théorie, on se le rappelle, admet que lair introduit par la tuyère produitdabord de lacide carbonique qui est entièrement converti en oxyde de carboneaprès un très-court trajet au travers de la masse en ignition. Nous remarquerons enpassant quelle conduit à admettre aussi que ce que lon appelle le point de fusiondoit se trouver très-rapproché de la tuyère.

Comme on retrouve dans les gaz du gueulard lazote de lair insufflé à la tuyère,lanalyse de ces gaz devrait résoudre complètement la question dont nous venonsdexaminer les éléments. Les analyses industrielles, celles que lon fait dans un butdapplication, ne présentent pas assez de précision pour donner lieu à des conclusionsrigoureuses. Les autres analyses, malgré tout lappareil scientifique dont on les aentourées, sont loin doffrir le degré de certitude que lon trouve dans la science ; lesdifficultés inhérentes au sujet sont grandes en effet.

Quoique les analyses ne soient pas daccord entre elles, leurs résultats, cependant,ne sont point en opposition avec la proposition énoncée plus haut, touchant le volumedair maximum nécessaire à lalimentation des hauts-fourneaux.

La règle que nous essayons de poser pour les hauts-fourneaux sapplique égalementaux feux dafünerie. Dans un remarquable travail sur les feux de forges, que lesAnnales des Mines ont publié en 184-0, M. Thirria a émis celte opinion, que l'airprojeté par les buses quittait le foyer de combustion de laffinerie à létat doxyde decarbone et non à létat dacide carbonique.

La plupart des auteurs qui ont écrit sur la métallurgie laissent penser que la com-bustion, presque complète, du carbone est effectuée dans les hauts-fourneaux par lairinsufflé à la tuyère, tandis quen réalité il ne peut y avoir au maximum, par cettecause, que conversion du carbone en oxyde de carbone ; le résultat final de lactionde lair est donc, seulement, la demi-combustion du carbone.

En 1849, M. Richard, ingénieur métallurgiste, alors résidant à Seraing (Belgique ),fit à la Société une communication importante, dans laquelle on remarque le passagesuivant, qui est relatif à la quantité dair introduite par la tuyère des hauts-four-neaux :

«Une question intéressante pour la théorie de la production de la fonte, dit cetingénieur, est sans doute celle de la quantité dair lancée dans le haut-fourneau. Cettequantité est portée par quelques auteurs jusquà 8 mètres cubes par kilogramme decombustible consommé. Ces données reposent sans doute sur des expériences faitesà des hauts-fourneaux il se perdait une très-grande quantité de vent par lespacecompris entre la tuyère et la buse. Ici, cet espace est fermé par un cône creux etmobile, on ne trouve que 4 à 5 mètres cubes dair par kilogramme de coke et par lesmêmes formules. Cette évaluation me semble encore trop élevée, à en juger daprèsdes analyses de gaz.

« Lanalyse suivante, que MM. Montefiore et Schmidt viennent de faire aux hauts-fourneaux dOugrée, dans nos environs, nindique quenviron 3.7 mètres cubes dair