MACHINES A PEIGNER LE LIN. 471
successivement les poignées de lin brut, qui a été préalablement coupéen 2 ou en 3, et à l’étendre entre chaque pince dont il serre ensuite l’écrourapidement pour le porter aussitôt à l’entrée (Ju chemin de (pr, où elleest bientôt prise par la touche et poussée en avant. Ce premier enfant ale soin, dans cette opération, de disposer les poignées de telle sorte que lapartie la plus longue qui désaffleure la pince soit celle qui se trouve dqcôté du bout coupé et qui doit être peignée la première, afin de ne pasfaire de confusion dans le travail.
Le second enfant est chargé de. recevoir les pinces qui portent les poi-gnées de lin sortant de la machine, mais dont un bout seulement, celui ducôté coupé, a été peignée, et qui lui sont successivement apportées parun troisième. Il ouvre alors chaque pince, en retire la poignée (le lin,qu’il retourne, et étend sur une autre mâchoire toute prête, puis il laserre dans la partie peignée, alin de laisser saillir l’autre bqut, qui est leplus long, comme étant justement la portion correspondante au pied ou àla tête de la plante. Il porte ensuite cette pince à l’entrée de la machine,afin qu elle soit prise à son tour par la touche et poussée de même enavant.
Ce service se fait avec une très-grande célérité. II ne peut en être autre-ment, puisque, comme on vient de le voir, la machine fournit de 6 à10 mèches peignées par minute. Et cependant, malgré cette promptitude,cette activité avec laquelle les enfants sont obligés de travailler, il n’y a pasd’erreur, pas d’hésitation, pas de confusion dans la suite des opérations.Ils s’entendent toujours très-bien de manière que, lorsque l’un apporte àla peigneuse une pièce chargée de lin brut, l’autre lui apporte ensuite unepièce chargée de lin peigné d’un bout, et ainsi successivement, de sorteque sur les 8 pinces qui sont constamment sur l’appareil, il y en a tou-jours 4 qui portent des poignées non peignées, et 4 autres qui portent aucontraire des mèches peignées d’un bout. Le contre-maître de l’atelierpeut sans peine vérifier si cette disposition existe, en jetant un simple coupd’œil sur la machine, parce que les filaments des 4 dernières sont pluslongs que ceux des 4 premières.
Le troisième enfant est occupé, comme nous venons de le dire, c à allerd’une extrémité à l’autre de la machine, pour chercher des pinces qui ontles mèches peignées d'un bout et les apporter à celui qui est chargé de lesouvrir et de les changer afin de remettre ces mèches dans d’autres pinces.On aurait pu disposer une sorte de chariot qui aurait fait ce service enprenant ces pinces à la sortie de l’appareil, et en les ramenant à la tablesituée près de la tête. Mais ce serait d’une faible économie, et M. Brière,qui, en manufacturier éclairé et en bon père de famille, apporte tous sessoins à veiller à la santé de tout le personnel qu’il emploie dans ses ate-liers, préfère avoir un enfant de plus attaché au service de la peigneuse,afin qu’il puisse au besoin aider les autres, leur faciliter leur besogne ouremplacer celui qui serait indisposé.