29
diminue beaucoup sa ténacité ; chauffé à sec de 4b à 120°, il perd de sa consistance;ses morceaux deviennent de plus en plus susceptibles de s’agglutiner entre eux ;vers 448 à 155°. il est visqueux, adhérent aux corps durs et secs : une grande partiede sa consistance et de son élasticité reviennent par degrés après son refroidisse-ment. Vers 200°, il fond et paraît éprouver une modification isomérique : sa com-position élémentaire restant la môme, il est devenu gluant ; chauffé davantage,de 220 à 230°, il est huileux, très-brun et propre à préserver le fer et l’acier del’oxydation.
Le caoutchouc au contact d’un corps en ignition s’allume et répand une flammelumineuse, fumante.
Lorsqu’on soumet le caoutchouc à la distillation, il donne différents carburesd’hydrogène, dont deux sont isomériques avec le gaz défiant (caoutchène, hevcène);plusieurs autres ont la composition de l’essence de térébenthine; leurs points d’ébul-lition variés ( 14°, 33°, 171°, 315°.) ont facilité leur séparation; la plupart dissol-
vent bien le caoutchouc sec et divisé. » j
Extraction du caoutchouc. — La méthode généralement employéejusqu’ici pour extraire le caoutchouc consiste à pratiquer aux arbres desincisions par lesquelles s’écoule le suc laiteux; celui-ci est reçu sur desmoules en terre séchée, qui ont soit la forme de bouteilles, soit la formede chaussures; le liquide s’épaississant à l’air, se concrète et forme descouches successives qui se fondent en se superposant.
Quand, à l’épaisseur habituelle de h à 5 millimètres, on juge la solidifica-tion suffisante, on brise le moule, on enlève la terre et on obtient le caout-chouc solidifié, ou la gomme élastique brute.
Un nouveau procédé, qui n’est pas encore connu en France , quoiqueFauteur, M. Armstrong, des Etats-Unis , s’y soit fait breveter dès 1853, sousle nom de M. IL Lee Noms, consiste à recueillir le lait, tel qu’il sort del’arbre et à le transporter liquide dans des vases d’étain ou de verre. Maisalors il importe de lui faire subir une préparation, sans quoi il ne tarderaitpas à fermenter et à se décomposer complètement, à cause des acides qu’ilrenferme.
Voici comment opère M. Armstrong :
Il perce les arbres à gomme et en reçoit le suc laiteux dans des vasesd’argile, en ayant le soin de ne l’y laisser séjourner que pendant très-peude temps, car la fermentation commence au bout de 2 à 3 heures. Il lefiltre alors à travers un tissu propre, dans un vase en verre ou en étain;puis il y ajoute de l’ammoniaque liquide concentré, dans la proportion de1 à 16,
soit 6 parties d’ammoniaque pour 100 de lait.
On agite le mélange afin que toutes les parties soient parfaitement com-binées, et on obtient un liquide laiteux qui reste aussi blanc que le suc lui-même à sa sortie de l’arbre.
On peut ainsi le transporter partout, sans crainte de décomposition, enayant le soin de boucher hermétiquement les bidons ou les bouteilles qui