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FABRICATION DU CAOUTCHOUC VULCANISÉ.
dans les magasins et chambres habités que des quantités restreintes enfermées dansdes bouteilles, tenues elles-mêmes dans d’autres vases ou doubles enveloppes enzinc ou en fer blanc : car non-seulement le sulfure de carbone répandu vicierait l’airet le rendrait irrespirable, mais encore il pourrait s’enflammer par le contact d’uncorps en ignition, la présence d’une bougie allumée, et occasionner un incendie endéveloppant des gaz acides sulfureux et carbonique, mélange dangereux à respirer. »
On sait que MM. Rattier et Guibal père qui, en origine, ne formaientqu’une seule et même maison, avaient obtenu, tout en étant brevetéseux-mêmes pour des moyens particuliers de traitement du caoutchoucordinaire, une concession de M. Ch. Goodyear, pour fabriquer, selon sesprocédés, divers produits en caoutchouc vulcanisé. Et en 1847, ils ont prisun brevet d’invention de 15 ans pour l’application à ces objets, soit par lesprocédés de l’inventeur américain, soit par les procédés de Parkes.
Depuis la mort regrettée de ces deux honorables manufacturiers, lesfils ont formé, chacun de leur côté, une usine spéciale, où ils ont donné àce genre de fabrication une extension considérable.
C’est ainsi que nous avons visité, avec le plus vif intérêt, la belle fabriquemontée à Ivry , près Paris , par M. Ch. Guibal, qui a su apporter danscette industrie des améliorations très-importantes, que l’on a, du reste,fort appréciées à l’Exposition universelle , où il a été honoré de la médailled’honneur.
Nous ne pouvons mieux faire évidemment, dans l’intérêt de nos lec-teurs , que de donner la description générale de cette usine, qui peut êtreconsidérée comme un bon modèle à suivre. On pourra alors mieux jugerdes perfectionnements apportés par son auteur. Mais auparavant, il nousparaît utile de parler des procédés.
Caoutchouc vulcanisé durci. — Tout le monde sait aujourd’hui qu’ilexiste une très-grande différence entre les deux espèces de caoutchoucvulcanisé; ainsi le caoutchouc mou est très-élastique et s’emploie exclusi-vement à la confection d’articles susceptibles de se déprimer, de changerde forme et de dimension, comme les tissus, les rondelles pour res-sorts, etc.: tandis que le caoutchouc durci s’applique plus particulièrementà la fabrication d’objets durs et solides, qui ne doivent pas se déformer,et remplacer pas suite des articles en bois, en métal, en corne, en baleineou en d’autres matières.
Il est à remarquer que les procédés de mélange et de vulcanisation,pour produire ces deux espèces si différentes de caoutchouc, sont exac-tement les mêmes : ce sont, en effet, les mêmes matières que l’on emploie;ce sont les mêmes opérations que l’on effectue dans le traitement. Seule-ment, on modifie, d’une part, les proportions de soufre, par rapport à laquantité de gomme pure, comme on change aussi le degré de températuredans la vulcanisation.
Ainsi, lorsque pour le caoutchouc mou, on mélange 1 à 2 kilogr. de